L'appli Tous Anti-Covid devient plus drastique

Les critères de distance et de durée d'exposition auprès d'un cas testé positif au Covid-19 ont été modifiés dans l'application Tous Anti-Covid. Désormais, vous serez considéré comme cas contact si vous vous êtes trouvé 5 minutes à moins d'1 mètre d'un malade recensé. Explications.

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Covid-19
© visualspace

Conçue comme une mise à jour de StopCovid, un échec, l’appli Tous Anti-Covid contient « des informations générales et localisées. Elle sera un outil pour mieux alerter et tracer ses contacts, de manière anonyme, avec un mode d’emploi pour savoir que faire pour se protéger. » Vous pouvez télécharger Tous Anti Covid sur Google Play et App Store

Comment fonctionne Tous Anti-Covid ?

Le principe d’une détection par Bluetooth, sur lequel est déjà fondé l’appli StopCovid, est repris dans Tous Anti-Covid. Vous devez donc avoir activé le Bluetooth pour que l'appli fonctionne. 

Après avoir téléchargé l’application sur votre téléphone, vous recevez une notification lorsque vous avez eu un contact rapproché. C'est ici que les critères sont devenus plus drastiques. Vous serez alerté comme cas contact si vous avez été détecté : 

  • soit à moins d'1 mètre d'une personne diagnostiquée positive pendant 5 minutes ;
  • soit à 1 à 2 mètres d'une personne positive pendant 15 minutes.

Jusqu'ici, le critère retenu était 1 mètre de distance pendant 15 minutes. La personne testée positive doit avoir activé l’appli et transmis le code à usage unique qu’elle a obtenu avec son résultat, pour déclencher l'alerte.

Des indicateurs mais pas d'inter-opérabilité

L’utilisateur de Tous Anti-Covid peut y transmettre son lieu de résidence ou le nom de la commune où il compte se rendre. Ce qui lui permet d’accéder à des indicateurs de l’épidémie actualisés quotidiennement. Vous pouvez lire chaque jour le nombre de nouveaux cas sur les dernières 24h, le taux d'incidence et le taux d'occupation des lits en réanimation dans les hôpitaux. 

L’application Tous Anti-Covid n'est pas connectée avec les applis similaires utilisées en Europe. En déplacement au-delà des frontières, il vous faudra télécharger les dispositifs similaires dans les pays voisins pour savoir si vous avez eu des contacts avec des personnes positives au Covid-19.

StopCovid n’a pas trouvé son public

Après des débats et des hésitations au sein de l’exécutif et de la majorité, le gouvernement avait finalement choisi de développer StopCovid. L’application de suivi des contacts a pu être téléchargée à partir du 2 juin, trois semaines après la fin du confinement. 

Mais le dispositif n’avait jamais rencontré le public qui lui aurait permis d’agir comme un frein comme l’épidémie : la Direction générale de la santé (DGS) recensait le 19 août auprès de l’Agence France-Presse (AFP) un peu moins de 2,3 millions téléchargements, l’utilisation de 1 169 codes et l’envoi de notifications à 72 contacts à risque. 

Les aveux de Jean Castex et d’Emmanuel Macron sur StopCovid

Interrogé par France 2 le 24 septembre, Jean Castex, avait lui-même avoué n’avoir pas téléchargé l’application, expliquant ne plus « prend[re] le métro », alors même que ce moyen de transport n’est pas le seul endroit où le Covid-19 peut se propager. Le Canard enchaîné avait ironisé sur ces propos. L’hebdomadaire satirique avait publié un dessin représentant le Premier ministre qui cherchait à « charger » l’appli en se servant d’un ancien téléphone filaire à cadran (14 octobre).

Dans son interview télévisée, remplie d’annonces et destinée à pour sonner la remobilisation des Français face à l’épidémie, le chef de l’Etat avait admis que l’application StopCovid « n’a pas marché ». « On n’a pas réussi à faire de l’application un outil pour les gens », avait reconnu le chef de l’Etat. « Donc depuis plusieurs semaines, j’ai demandé aux équipes de complètement reconfigurer les choses, avait encore dit Emmanuel Macron. Il faut qu’on ait une nouvelle application. »

Mais le président de la République avait relativisé l’échec de StopCovid, en affirmant que « personne n’a réussi à faire de l’application un vrai outil d’alerte » en Europe. 

Comme le montre France Inter, le nombre de téléchargements des applis de prévention similaires est plus important au Royaume-Uni, en Italie et en Belgique, proportionnellement à la population de ces pays. Le rôle sanitaire que ces dispositifs y joue est cependant faible ou difficile à évaluer.

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