C’est quoi, le plan Vigipirate ?

L’exécutif vient de relever le plan Vigipirate au niveau « urgence attentat », le plus élevé du dispositif de lutte contre le terrorisme. Voici ce que cela signifie.

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© Eric Haillard-Reuters

Quelques heures après l’attaque terroriste dans la basilique Notre-Dame de Nice jeudi 29 octobre qui a fait trois morts et plusieurs blessés, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé à l’Assemblée nationale que le plan Vigipirate était porté au niveau « urgence attentat » sur l’ensemble du territoire national. Il s’agit du plus haut niveau d’alerte du dispositif de lutte contre le terrorisme.

Qu’est-ce que le plan Vigipirate ?

Relevant du Premier ministre, le plan Vigipirate associe tous les acteurs nationaux – l’Etat, les collectivités territoriales, les entreprises et les citoyens – à une démarche de vigilance, de prévention et de protection face à la menace terroriste.

Ebauché en 1978, il est déclenché pour la première fois dans le cadre de la guerre du Golfe, entre janvier et avril 1991, avant d’être instauré de manière formelle après les attentats de 1995 à Paris. Par la suite, il a été modifié à plusieurs reprises jusqu’à être adapté, suite aux attaques terroristes de 2015 et 2016, à une menace particulièrement élevée.

Quels sont les trois niveaux d’alerte ?

Depuis le 1er décembre 2016, la nouvelle version comprend trois niveaux matérialisés par des logos visibles dans l’espace public :

Le premier niveau, baptisé « vigilance », correspond à la posture permanente de sécurité valable en tout lieu et en tout temps et à une série de 100 mesures permanentes de sécurité comme la surveillance des transports et des lieux publics ou le contrôle des accès aux sites publics.

Le deuxième niveau, dit « Sécurité renforcée – risque d’attentat », qui était en vigueur jusqu’à jeudi matin, est déclenché en cas de menace terroriste élevée sur l’ensemble du territoire ou une zone géographique et/ou un secteur d’activité particulier. Il permet la mise en place de 216 mesures additionnelles dont des patrouilles supplémentaires, des filtrages et des fouilles. Il n’a pas de limite dans le temps.

Enfin, le dernier niveau, « Urgence attentat », qui vient d’être activé, peut être adopté à la suite immédiate d’un attentat ou en cas de menace imminente d’un acte terroriste. Il concerne l’ensemble du territoire ou une zone géographique précise. Mis en place le temps de la gestion de la crise, il permet notamment d’assurer la mobilisation exceptionnelle de moyenscomme le déploiement d’effectifs de l’opération « Sentinelle ». Emmanuel Macron a ainsi annoncé que le nombre de militaires mobilisés sur le territoire, dans le cadre de ce dispositif, passerait de 3 000 à 7 000. Ce niveau permet « aussi de diffuser des informations susceptibles de protéger les citoyens dans une situation de crise », indique le site du ministère de l’Intérieur.

Des mesures d’exception comme la fermeture de certaines routes, de transports publics ou encore l’arrêt du ramassage scolaire peuvent être prises. Ce niveau « urgence attentat » avait été déclenché pour la dernière fois en décembre 2018 après l’attaque terroriste sur le marché de Noël de Strasbourg.

Au total, le plan Vigipirate compte plus de 300 mesures concernant 13 grands domaines d’action (alerte et mobilisation, cybersécurité, transports, santé, chaîne alimentaire, protection des bâtiments, etc.).

df
Sarah Corbeel
Publié le

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