Appli StopCovid : comment va-t-elle fonctionner  ?

Conformément au souhait du secrétaire d’Etat chargé du Numérique, Cédric O, l'application StopCovid pourra être installée dès ce le mardi 2 juin sur votre smartphone. La Cnil et le Parlement ont donné leur accord. Comment cela fonctionne ? Dossier Familial fait le tour de la question. 

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Dans une rame du métro parisien, le 11 mai. © Gouvernement.fr

Les personnes volontaires vont pouvoir télécharger dans les prochains jours sur leur smartphone l’application StopCovid, conçue par le gouvernement d’Edouard Philippe pour limiter la propagation.

L'application a passé son premier test, politique, en étant validée par les députés et les sénateurs ce mercredi 27 mai. Elle sera disponible en téléchargement dès le mardi 2 juin. 

StopCovid : un principe simple

Si l’application est mise en œuvre, ses utilisateurs positifs au Covid-19 seront incités à déclarer leur contamination sur cet outil, en transmettant un QR code fourni par un médecin ou un laboratoire.

Les autres personnes disposant de l’application et avec qui elles auront été en contact dans les deux semaines précédentes, recevront une notification. Cédric O espère voir les « actifs urbains », fréquentant en général les transports en commun où ils peuvent être particulièrement exposés, se servir de l’application.

Des contacts repérés grâce au Bluetooth

Face aux critiques émanant des oppositions mais également des rangs de la majorité, l’exécutif peut s’appuyer sur l’avis rendu lundi 25 mai par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).

Cette autorité administrative indépendante a validé le projet de décret, tout en faisant des recommandations au gouvernement. Elle note ainsi que différentes « garanties substantielles étaient prévues dès le projet initial », comme le recours à la technologie Bluetooth « pour évaluer la proximité » entre deux smartphones plutôt qu’à la géolocalisation.

Une installation sur la base du volontariat

D’autres mesures, réclamées par la Cnil dans son avis du 24 avril, figurent dans le projet de texte, concourant « à réduire les risques que fait peser le traitement de données sur les droits et libertés fondamentaux des personnes concernées », se félicite l’autorité dans sa nouvelle délibération.

Ainsi, pour préserver le caractère strictement volontaire de l'utilisation de l'appli StopCovid, les utilisateurs de l’application ne bénéficieront d’« aucun droit spécifique » par rapport aux autres personnes. Par exemple, Cédric O rejette la proposition émise par un député La République en marche (LREM) de permettre aux utilisateurs de se déplacer sans restriction dans un rayon de 150 kilomètres plutôt que de 100 par rapport au domicile, rapporte LaTribune.fr.

Une application temporaire

La Commission nationale de l’informatique et des libertés « prend acte du caractère temporaire de l’application », dont la mise en œuvre doit prendre fin 6 mois après la fin de l’état d’urgence sanitaire, selon les indications du projet de décret. L’état d’urgence devant prendre fin le 10 juillet inclus sauf prorogation, l’application pourra être maintenue jusqu’en janvier 2021.

C’est « une durée maximale », estime la Cnil, souhaitant une étude régulière de « l’impact du dispositif sur la stratégie sanitaire globale » durant « toute la période d’utilisation ».

Des approximations

L’autorité émet des critiques plus fortes. « Une application mobile de suivi des contacts ne permet pas de tenir compte du contexte dans lequel les personnes se trouvaient au moment où une personne infectée a été enregistrée », rappelle la Commission.

La Cnil évoque les cas des professionnels de santé ou des agents d’accueil, susceptibles de recevoir une notification « alors même qu’ils étaient protégés », par exemple par un masque ou par une paroi séparatrice lors de l’enregistrement du contact.

L’autorité « s’interroge sur l’opportunité de prévoir à terme dans l’application la possibilité pour l’utilisateur de définir des plages de temps pendant lesquelles des contacts ne devraient pas être considérés comme potentiellement à risque ». Elle évoque l’hypothèse d’ouvrir la faculté de désactiver temporairement l’application.

Information supplémentaire pour les mineurs

Autre demande de la Cnil : une information supplémentaire pour les mineurs, qui pourront télécharger l’application sur leur smartphone.

« Une attention particulière doit être apportée à l’information fournie, afin que l’application soit utilisée à bon escient et que le message d’alerte susceptible de leur être adressé soit adapté et bien interprété », préconise l’autorité.

 

df
Timour Aggiouri
Publié le

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