Covid-19 : serons-nous toujours confinés à Noël ?

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© Eric Gaillard – Reuters

La crainte est dans certains esprits : les mesures de restriction des déplacements, mises en œuvre depuis le 30 octobre, date du début du second confinement, vont-elles être maintenues à Noël pour limiter le nombre de réunions familiales et amicales ? Le Premier ministre, Jean Castex, et d’autres membres du gouvernement doivent donner jeudi 10 décembre à 18 heures une conférence de presse sur la suite du confinement, mis en œuvre contre l’épidémie de Covid-19.

L’exécutif travaille sur le sujet en se fondant sur les données sanitaires. « Nous sommes sur un plateau, a relevé auprès du Monde Jean Castex. Nous aviserons en fonction de l’évolution de ces données. Je garderai toujours la même ligne de conduite : priorité à la prévention et à la sécurité sanitaire de nos concitoyens. » 

Lors d’une réunion ce lundi matin à l’Assemblée nationale, accompagné par le ministre des Solidarités et de la santé, Olivier Véran, « le chef du gouvernement a ouvert la porte à une modification du prochain desserrement des contraintes inscrit à l’agenda », ont fait savoir des participants auMonde.

« On ne vole rien à personne »

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, n’a pas rassuré les personnes inquiètes d’une impossibilité de fêter Noël. « On ne vole rien à personne, ce qu’on veut éviter c’est que le virus vole la vie de beaucoup de Français », a-t-il dit dans un entretien à la matinale de CNEWS. 

Au cours de son allocution télévisée du 24 novembre, Emmanuel Macron avait annoncé la réouverture de nombreux commerces indépendants et la hausse de 1 à 20 kilomètres du périmètre d’exercice d’une activité physique individuelle par rapport au domicile à compter du 28 novembre. Le président de la République avait envisagé une « deuxième étape » dans l’allègement du confinement au 15 décembre, conditionnée à une baisse à environ « 5 000 contaminations » quotidiennes et à quelque « 2 500 à 3 000 personnes en réanimation ». Dans le cadre de cette étape, l’exécutif souhaitait imposer un couvre-feu, faire disparaître le système de l’attestation de déplacement dérogatoire en journée, rendre à nouveau possibles les réunions privées et permettre la réouverture des cinémas et les théâtres.

Mais les indicateurs sanitaires sont susceptibles de modifier ce plan. Le nombre de nouvelles contaminations stagne ainsi autour de 10 000 cas par jour, remarque l’exécutif. Dans son bulletin quotidien publié mardi à partir de données arrêtées à 14h, Santé publique France constate 13 713 nouveaux cas sur les dernières 24 heures.

« Depuis quelques jours, le niveau des contaminations quotidiennes ne baisse plus », a observé lundi le directeur général de la santé, Jérôme Salomon au cours d’une conférence de presse. « Malgré tous nos efforts, nous sommes toujours face à un risque élevé de rebond épidémique », a souligné le haut fonctionnaire, cité par l’Agence France-Presse (AFP). 

Ainsi les restrictions prévues pour le déconfinement pourraient être durcies. Le couvre-feu, imaginé à 21h pourrait, par exemple, commencer à 20h, selon nos confrères des Echos.

« Il est impératif de préserver le temps du rassemblement des fêtes de Noël »

« Le gouvernement n’a pas vraiment communiqué avec les députés sur le sujet de la suite du confinement », explique-t-on à Dossier Familial dans l’entourage d’un élu La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale.

« Les députés ont eu une réunion avec le ministère de la Santé mardi matin. On nous a bien fait comprendre qu’il ne dispose pas encore des informations suffisantes, 7 à 10 jours étant nécessaires pour connaître les effets des mesures mises en œuvre depuis le 1er décembre », poursuit-on de même source.

« Le gouvernement organise des réunions avec les présidents de groupe, mais les autres députés n’ont pas d’échanges en direct, regrette auprès de Dossier Familial Pascale Fontenel-Personne, élue apparentée au groupe Mouvement démocrate (MoDem) à l’Assemblée nationale. J’aimerais d’ailleurs être un peu mieux informée. Il y a un déficit de confiance du gouvernement vis-à-vis des députés.

« Mais on donne quand même notre avis. Je rapporte ce que les citoyens ressentent : il est impératif de préserver le temps du rassemblement des fêtes de Noël », dit Pascale Fontenel-Personne. L’Elysée organise ce mercredi un conseil de défense sur la crise sanitaire.

Le sort des remontées mécaniques va être tranché

Jean Castex doit avoir vendredi matin un « entretien avec les acteurs et les élus de la montagne », est-il prévu dans son agenda. La question de l’ouverture des remontées mécaniques va être tranchée, qui vont rester fermés « sauf coup de théâtre », selon LCI.

Pour Pascale Fontenel-Personne, spécialiste du thème du tourisme, « on peut envisager une ouverture des remontées mécaniques, en fermant les réservations de logements aux vacanciers. Mais cela n’offrirait qu’un taux de remplissage de 25 %, contre 70-80 % en période normale. »

« Si les remontées mécaniques sont ouvertes, on peut limiter le nombre de personnes présentes dans les télécabines et les télésièges et y imposer le port du masque », note la députée.

À l’en croire, les services de réanimation ne souffriront pas de la pratique du ski alpin. « Il y aura moins de monde sur les pistes et moins de risque d’accident. Les gens qui ont des accidents ne vont pas en réanimation mais en traumatologie », observe Pascale Fontenel-Personne.

« Les stations ont vu leur fin de saison 2019-2020 amputée par la crise sanitaire. Elles se sont un peu rattrapées durant l’été. Mais aujourd’hui, leur trésorerie est quasi à zéro », explique l’élue, s’inquiétant d’un risque de faillites massives dans le secteur.

« Ne vaut-il pas mieux faire une croix sur les vacances de Noël, qui ne représentent que deux semaines, et bien profiter des quatre semaines des vacances de février ? », s’interroge-t-elle.

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