Alimentation : les prix des fruits et légumes ont augmenté de 9 % en deux ans

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© Nodar Chernishev

A 2 % en deux ans selon l’Insee, la hausse des prix de l’alimentation a été relativement contenue en 2021, sauf pour les fruits et légumes dont les tarifs ont bondi de 9 % entre septembre 2019 et septembre 2021, d’après le quinzième Observatoire annuel des prix de grande consommation de l’association de défense des consommateurs, Familles rurales, publié ce vendredi 21 janvier.

L’association a procédé, sur quatre périodes entre février et octobre 2021, au relevé des prix de 97 produits de consommation courante (fruits et légumes, pâtes, pain, légumineuses, produits laitiers, viande, poisson, huiles, etc.) dans 148 magasins (hypermarchés, supermarchés, enseignes à dominante marques propres type hard-discounts, spécialisés bio) situés dans 37 départements.

Elle a ensuite calculé le prix moyen mensuel d’un panier contenant une centaine de produits variés respectant les préconisations du plan national nutrition santé (PNNS) pour une famille de quatre personnes (2 adultes, 1 adolescent et 1 enfant).

Pour rester en bonne santé, le PNNS recommande de manger (pour un adulte) :

  • au moins 5 fruits et légumes par jour
  • des légumes secs (lentilles, haricots, pois chiches) au moins 2 fois par semaine
  • des féculents complets au moins une fois par jour
  • du poisson au moins 2 fois par semaine dont un poisson gras (sardine, maquereau, hareng, saumon)
  • des produits laitiers (lait, yaourts, fromages et fromage blanc) 2 fois par jour
  • des matières grasses et en priorité des huiles de colza, de noix ou d’olive tous les jours, en petite quantité
  • de privilégier comme viande la volaille et de limiter le porc, le bœuf, le veau, le mouton, l’agneau et les abats à 500 grammes maximum par semaine ainsi que la charcuterie à 150 grammes maximum par semaine
  • de limiter la consommation de sucre, de sel, de boissons alcoolisées, etc.

De 696 à 1 148 euros par mois

D’après ses calculs, l’addition mensuelle moyenne d’un panier varié, respectant le cycle des saisons pour les fruits et légumes, revient à 696 euros avec des produits de premiers prix, à 765 euros avec des marques nationales et à 1 148 euros en choisissant du bio. « A ce prix-là, le tout bio est loin d’être à la portée de toutes les bourses », commente Familles rurales, qui rappelle, « pour rassurer les familles que, pour rester en bonne santé, l’essentiel demeure de consommer suffisamment de fruits et légumes peu importe qu’ils soient bio ou non »

En variant moins les aliments tout en respectant le PNNS et le cycle des saisons, la note tombe à 450 euros par mois, soit 36 % d’un Smic net. « Si ce budget demeure important, il reste quasiment dans la moyenne de ce que les familles consacraient à leur alimentation dans les années 1960 », précise l’association.

Des prix moins élevés dans les hard-discount

Sans surprise, c’est dans les magasins hard-discount que les prix sont les plus bas. Le panier y est 9 % moins cher qu’en hypermarché et 12 % de moins qu’en supermarché. Un caddie rempli de produits de premiers prix revient par exemple à 634 euros dans un magasin hard-discount, 696 euros en hypermarché et à 723 euros en supermarchés.

Par ailleurs, l’association note que « les prix s’envolent » en Outre-mer, où le même panier de produits y coûte près de 50 % plus cher qu’en métropole.

Des pistes pour mieux consommer selon votre profil

Vous êtes adepte des marques ? Pensez à comparer et à faire le plein à l’occasion d’opérations promotionnelles du type « 2 achetés – 1 gratuit ».

Vous privilégiez les premiers prix ? Si vous regardez surtout le prix, même si certains produits y sont plus chers qu’ailleurs, les magasins hard-discount proposent globalement les meilleurs tarifs.

Vous êtes adepte du bio ? Les fruits et légumes bio sont globalement moins chers en magasins spécialisés bio (environ -5 %). Pour le reste, il vaut mieux faire ses courses dans des enseignes non spécialisées, où les prix y sont en moyenne 22 % moins élevés.

Créer un chèque « fruits et légumes » pour les plus modestes

Alors que les précisions de l’Insee concernant le pouvoir d’achat des ménages sont « préoccupantes » pour 2022, Familles rurales appelle les pouvoirs publics à :

  • lancer une campagne d’information pour éclairer les consommateurs sur les dangers d’une alimentation inappropriée et favoriser la lutte contre le gaspillage alimentaire et les pratiques locavores ;
  • instaurer un chèque « fruits et légumes » d’un montant mensuel de 37,50 euros par personne pour les familles aux revenus modestes (le tiers du panier le moins cher), soit 150 euros pour une famille de quatre ;
  • mettre en œuvre « les garde-fous qui s’imposent pour permettre à nos concitoyens résidant en Outre-mer d’accéder à un panier d’aliments bons pour la santé à des tarifs équivalents à ceux pratiqués en métropole ».
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