Accès aux Ehpad : de grands écarts de prix et de disponibilité, selon les départements

3 min de lecture

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
© Inside Creative House

Quatre mois après les révélations du livre-enquête « Les Fossoyeurs » du journaliste Victor Castanet, les Etablissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont de nouveau pointés du doigt. Dans une étude rendue publique ce mardi 17 mai, l’UFC-Que Choisir dénonce de grandes disparités territoriales dans l’accès à ces établissements, aussi bien en termes de chambres disponibles que de prix.

Une répartition des places sur le territoire très hétérogène

En novembre 2021, la France métropolitaine comptait 7 353 Ehpad répartis sur 95 départements, pour 595 982 lits, selon une récente étude réalisée par Uni Santé. S’il existe en moyenne 102 places disponibles pour 1 000 personnes âgées de plus de 75 ans, leur nombre peut varier du simple au quadruple selon les départements.

« Alors qu’en Lozère il existe 169 places pour 1 000 habitants de plus de 75 ans, à Paris ce nombre tombe à 41 », relève l’association de consommateurs. Parmi les départements les plus faiblement équipés, figurent également la Seine-Saint-Denis (72 places) et le Val-de-Marne (68 places) en Ile-de-France ainsi que la Corse du Sud (44 places), le Doubs (70 place)s et les Pyrénées orientales (69 places).

© UFC-Que Choisir

Bien entendu, ces établissements n’ont pas vocation à accueillir toutes les personnes âgées dépendantes. Mais celles qui n’ont pas d’autre choix en raison de pathologies nécessitant un accompagnement médical constant peuvent se heurter, selon leur lieu de vie, à des difficultés pour trouver une place. Si les personnes très dépendantes en Mayenne bénéficient dans 90 % des cas d’un lit disponible, ce taux chute à 42 % dans le Gard et à 38 % en Corse.

Des restes à charge très variables selon les départements

Cette fracture territoriale est également financière. Si le coût moyen d’une chambre en Ehpad est de 2 214 € par mois, il varie du simple au double selon les départements. « Alors qu’en Meuse un résident paye en moyenne sa chambre en Ehpad 1 749 € par mois, les prix sont bien plus importants dans le Rhône (2 521 €), les Bouches-du-Rhône (2 525 €), la Corse-du-Sud (2 623 €), les Alpes-Maritimes (2 679 €), et à Paris (3 698 €) », note l’UFC-Que Choisir.

Or, les restes à charge sont souvent démesurés par rapport au niveau de vie des retraités. Si, en moyenne, les résidents doivent prélever 416 € par mois dans leur épargne pour payer leur chambre, ce chiffre s’envole en Ile-de-France (il est supérieur à 1 000 € à Paris, dans les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis) et sur la côte méditerranéenne (par exemple, il s’élève à 816 € dans les Alpes-Maritimes).

© UFC-Que Choisir

Ces différences tarifaires s’expliquent en grande partie par les types d’Ehpad – publics, associatifs ou privés à but commercial – implantés dans chaque département. En effet, les Ehpad privés pratiquent des tarifs près de 50 % plus élevés que dans le public. En conséquence, plus leur part est élevée dans un département, plus le prix moyen d’une place en établissement est tiré vers le haut.

Or, « les Ehpad privés sont parfois surreprésentés dans certains départements », explique l’association de consommateurs, qui souligne que les tarifs élevés ne s’expliquent pas par une meilleure qualité des prestations proposées.

Au vu de ces constats, l’UFC-Que Choisir demande :

  • que de nouvelles places en Ehpad soient créées « essentiellement dans les structures publiques » ;
  • que les tarifs des établissements privés soient plafonnés et que ces établissement soient obligés de proposer un nombre suffisant de places éligibles à l’Aide sociale à l’hébergement (ASH) ;
  • qu’un « taux d’encadrement minimal » soit mis en place dans toutes les structures et qu’il soit rendu public ;
  • que les associations agréées en santé soient représentées au sein des Conseils de vie sociale des Ehpad.
A lire aussi