80 km/heure : des experts évaluent l’impact de la réforme à 349 vies épargnées

La Sécurité routière a fait réaliser un bilan de cette mesure controversée, portée par l’ancien Premier ministre, Edouard Philippe.

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80 km/heure
La réforme est entrée en vigueur le 1er juillet 2018. © Olivier Le Moal

L’abaissement de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/heure sur les routes secondaires le 1er juillet 2017 a permis d’épargner 349 vies en vingt mois, évaluent des experts dans une étude dont la Sécurité routière a publié une synthèse lundi 20 juillet.

La Sécurité routière a « sollicité » un établissement public, le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), qui a mené l’évaluation « avec l’appui de l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR) ».

Un recul de la mortalité imputable à la limitation à 80 km/h

Sur les 20 mois qui ont suivi la mise en œuvre de la mesure, soit du 1er juillet 2018, date d’entrée en vigueur de la réforme, au 28 février dernier, « le nombre de vies épargnées s’élève à 349 par rapport à la moyenne des cinq années précédentes 2013-2017 prises en référence ».

Un tel recul « n’est observé que sur le réseau concerné par l’abaissement de la vitesse autorisée. Sur le reste du réseau, la mortalité routière a augmenté par rapport à la période de référence (+ 48 décès) ».

Le Cerema devait procéder à une évaluation sur 24 mois, mais il a choisi de limiter le périmètre de son étude en raison du confinement, qui a provoqué une chute de « la circulation ».

Des temps de trajet (peu) allongés

« L’allongement des temps de trajet est en moyenne de 1 seconde par kilomètre, souligne la Sécurité routière à partir des calculs du Cerema, qui a même constaté « non pas une perte de temps, mais un gain » dans 19 % des cas.

« Cette réalité est donc très éloignée de la perception subjective qu’en ont les automobilistes, qui déclarent estimer à 2 minutes la perte de temps sur un trajet de 50 kilomètres, alors qu’elle est de 50 secondes », poursuit la Sécurité routière, rejetant un argument des opposants à la mesure.

Malgré la fin de l’écart de vitesse maximale entre les poids-lourds et les véhicules légers, le « nombre d’accidents causés par un dépassement dangereux » n’a pas marqué de « variation ». Le Cerema a cependant « mis en lumière une baisse significative des accidents par collision arrière impliquant un poids-lourd ».

Une réforme pourtant contestée

Ce bilan concorde avec l’objectif du gouvernement qui, lors de l’entrée en vigueur de la mesure, estimait qu’elle « pourrait permettre de sauver chaque année plus de 300 vies », s’appuyant les analyses des « plus grands expertises en accidentologie ».

Premier ministre jusqu’au 3 juillet dernier, Edouard Philippe a porté cette mesure qui s’applique aux routes bidirectionnelles à chaussée unique dépourvues de séparateur central.

La réforme a suscité la colère d’une partie de la population rurale et de certains élus locaux, qui y ont vu une preuve de l’éloignement du pouvoir des réalités de la population. Elle a fait partie des griefs adressés à l’exécutif par le mouvement des « gilets jaunes ».

Dans 17 départements, sur tout ou partie des départementales, la vitesse maximale a été relevée à 90 km/heure en 2020, selon le magazine Auto Plus. La loi du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités permet à certaines autorités, dont le président du conseil départemental, de relever de 10 km/heure la vitesse maximale.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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