11 mai : la date de début du déconfinement va-t-elle être reportée  ?

Le gouvernement doit détailler jeudi les modalités de sortie du confinement, commencé le 17 mars pour limiter la propagation du Covid-19. Le ministre des Solidarités et de la santé, Olivier Véran, n’exclut pas un calendrier de sortie variant « selon les départements ».

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Olivier Véran, mercredi 29 avril à l’Assemblée nationale.
Olivier Véran, mercredi 29 avril à l’Assemblée nationale. © Ludovic Marin – Pool New – Reuters

La date progressive de levée du confinement, prévue par l’exécutif le 11 mai, va-t-elle être reportée ? Le gouvernement d’Edouard Philippe doit détailler jeudi 7 mai les différentes modalités de la fin progressive de cette période, imposé à compter du 17 mars pour limiter la propagation du coronavirus. ll est susceptible de prolonger le confinement dans certaines parties du pays, a rappelé Olivier Véran, dans un entretien donné samedi dernier au Parisien/Aujourd’hui en France.

« Si le confinement est bien respecté jusqu’au bout, le couvercle aura été mis sur la casserole de l’épidémie, et nous pourrons déconfiner progressivement dans les meilleures conditions », a indiqué le ministre des Solidarités et de la santé au quotidien. « Dans le cas contraire, et si le nombre de nouveaux malades devait être trop élevé, la date de levée du confinement pourrait être remise en question et sera appréciée selon les départements », a souligné Olivier Véran.

Le ministère des Solidarités et de la santé a publié différentes cartes classant les départements en vert, orange ou rouge, en fonction de deux critères : le niveau de circulation du virus et la tension hospitalière sur les capacités de réanimation.

Report déjà acté à Mayotte

Le gouvernement a déjà décidé de décaler le début du déconfinement à Mayotte. Le département le plus pauvre du pays est aussi le seul d’outre-mer à être classé rouge, tous les autres étant verts. Dans l’hémicycle du Sénat, Edouard Philippe a vu lundi dans « la prolongation », jusqu’à une date encore indéterminée, « l’unique manière d’éviter la saturation d’un système hospitalier déjà très sollicité et déjà très fragile ». Une épidémie de dengue, une maladie infectieuse transmise par piqûre d’un moustique, frappe Mayotte.

Dans son discours prononcé le 13 avril, Emmanuel Macron avait annoncé la levée du confinement à partir du 11 mai, une mesure qui avait permis de donner un horizon aux personnes souffrant psychiquement du confinement et au monde économique éprouvé par la crise sanitaire. Mais le président de la République avait ouvert la voie à un report, expliquant que cette mesure « ne sera possible que si nous continuons d’être civiques, responsables, de respecter les règles et que si la propagation du virus a effectivement continué à ralentir ». L’exécutif avait voulu éviter les déplacements touristiques durant les ponts du 1er et du 8 mai, susceptibles de favoriser une dissémination du virus.

Retour d’une certaine liberté d’aller et venir

Le début du confinement doit sceller le retour d’une certaine liberté d’aller et venir. Les sorties seront de nouveau possibles par principe, sans obligation de disposer d’une attestation de déplacement dérogatoire et d’une pièce d’identité à présenter aux forces de l’ordre en cas de contrôle. Seules seront encore interdits les trajets dans un rayon de 100 kilomètres par rapport au domicile, sauf « pour un motif impérieux, familial ou professionnel », a fait savoir Edouard Philippe dans son discours du 28 avril.

La levée du confinement va être lente, pour éviter un rebond de l’épidémie. Le retour à l’école à compter de la semaine du 11 mai va être progressif, les familles pourront continuer à maintenir leur enfant à domicile, à condition de leur faire suivre un enseignement à distance.

Le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun. Les entreprises qui le peuvent sont incitées à pratiquer encore le télétravail. Une deuxième phase du déconfinement doit commencer le 2 juin.

Poursuite de l’état d’urgence sanitaire

L’éventuelle prolongation du confinement ne recoupe pas celle de l’état d’urgence sanitaire, un ensemble de règles dérogatoires aux droit commun destinées à lutter contre le coronavirus. Entré en vigueur le 24 mars, ce dispositif doit arriver à échéance deux mois plus tard, mais un projet de loi présenté samedi dernier en Conseil des ministres prévoit sa reconduction jusqu’au 27 juillet. Le Parlement doit adopter le texte cette semaine.

Selon l’article L. 3131-15 du Code de la santé publique, la déclaration d’état d’urgence sanitaire permet au chef du gouvernement de prendre différentes mesures, notamment :

  • l’interdiction aux personnes de sortir de leur domicile, sauf exceptions ;
  • la mise en quarantaine ;
  • la limitation ou l’interdiction des rassemblements sur la voie publique ainsi que des réunions ;
  • des réquisitions de tous les biens et services nécessaires à la lutte contre la catastrophe sanitaire ;
  • des mesures temporaires de contrôle des prix rendues nécessaires pour prévenir ou corriger les tensions constatées sur le marché.

Les libertés vont continuer à être restreintes au-delà du 11 mai.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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