Travail : le burn-out, un mal bientôt reconnu ?

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Les députés proposent de faciliter la reconnaissance du syndrome d’épuisement professionnel comme maladie professionnelle.

Le burn-out est une réalité grandissante en France. En 2016, l’Académie de médecine parlait de 100 000 personnes qui pourraient être touchées. Et en 2014, le cabinet Technologia, spécialisé dans la prévention des risques professionnels, estimait à 3,2 millions le nombre d’actifs en risque élevé. Pour mieux cerner cette pathologie, des députés ont présenté mercredi 15 février 27 propositions devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Dans leur rapport, Gérard Sebaoun, député PS du Val-d’Oise, et Yves Censi, député LR de l’Aveyron, proposent avant tout de faciliter la reconnaissance du syndrome d’épuisement professionnel comme maladie professionnelle. « Le burn-out n'est pas qu'un sentiment : il fait des victimes par dizaines, par centaines de milliers », a souligné Gérard Sebaoun, devant la commission.

Abaisser le taux d’incapacité

Actuellement, seuls des comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles peuvent statuer au cas par cas. Mais un seuil de 25 % de taux d’incapacité permanente est requis. Ce qui limite les dossiers reconnus. En 2015, seuls 418 actifs « auraient été indemnisés au titre des maladies professionnelles après un vrai parcours du combattant », dénonce dans un communiqué la CFE-CGC, le syndicat des cadres.

Or, la reconnaissance comme maladie professionnelle permettrait la prise en charge à 100 % des soins et le salarié pourrait bénéficier d’une rente dépendant de son taux d’incapacité. Le rapport suggère d’expérimenter une baisse à 10 % du taux, voire « sa suppression ». Et demande d’ « améliorer considérablement les moyens » des comités qui devraient, dans ce cas, voir les demandes se multiplier.

Créer une agence nationale de la santé psychique au travail

Les députés veulent également se pencher sur ladéfinition du burn-out, qui demeure flou. Il faudra être très précis et « ne pas tomber dans les confusions » avec d’autres pathologies : surmenage, anxiété, dépression, etc.

Pour approfondir les connaissances, ils souhaitent la création d’une agence nationale de la santé psychique au travail, placé sous l’autorité de Santé publique France, et l’évaluation du coût économique et social des pathologies psychiques liées au travail. En 2007, il avait été chiffré entre 2 et 3 milliards par an « rien que pour le stress au travail », selon le député Sebaoun.

Parmi les autres propositions, les députés parlent de créer un site web et une application à destination des professionnels afin de faciliter la compréhension et la prise en charge de cette pathologie. Ils évoquent également l’obligation pour les managers d’effectuerun stage parmi les salariés, sur le modèle des « stages ouvriers », pour se rendre compte des conditions de travail.

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