Variole du singe : faut-il s’inquiéter ?

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Une section agrandie de peau de singe infecté par la variole du singe, en 1968.
© Reuters Connect

Après le Covid-19, un nouveau virus inquiète les autorités sanitaires. En moins de deux semaines, des cas confirmés de variole du singe, maladie qui sévit généralement en Afrique centrale et australe, ont été signalés dans plusieurs pays européens, ainsi qu’aux Etats-Unis, au Canada et en Israël, a alerté vendredi 20 mai l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En Europe, 9 pays sont actuellement touchés : le Royaume-Uni, le Portugal, l’Espagne, la Suède, la Belgique, l’Italie, l’Allemagne, la Grèce et la France, où un premier cas d’infection a été confirmé le 19 mai dernier. Des cas suspects sont actuellement en cours d’évaluation dans de nombreux pays.

« Bien que le nombre de cas soit encore relativement peu élevé en Europe, la situation est cependant inquiétante car certains des cas acquis ne semblent pas être en lien avec un voyage dans des pays où l’on sait que la variole du singe est endémique. En outre, de nombreux cas ont été détectés dans des cliniques spécialisées dans les infections sexuellement transmissibles », précise l’OMS.

Qu’est-ce que la variole du singe ?

La variole du singe, aussi appelée "orthopoxvirose simienne" ou Monkeypox en anglais, est une zoonose virale rare, c’est-à-dire un virus transmis à l’être humain par les animaux. Cette maladie zoonotique a été identifiée pour la première fois chez l’homme en 1970 en République démocratique du Congo. Depuis lors, la majorité des cas ont été signalés dans des régions rurales et des zones de forêts tropicales humides dans le Bassin du Congo et en Afrique de l’Ouest, où le virus est endémique, indique l’Organisation mondiale de la Santé sur son site Internet.

Le virus se transmet principalement à l’être humain par des rongeurs sauvages (rats géants de Gambie, écureuils) ou des primates. « La consommation de viande d’animaux infectés pas suffisamment cuite est un facteur de risque possible », précise l’OMS.

Une transmission inter-humaine est également possible, en particulier au sein du foyer familial ou en milieu de soin, mais elle reste limitée. « Elle peut s’effectuer par contact direct avec les lésions cutanées ou les muqueuses d’une personne malade, ainsi que par les gouttelettes (salives, éternuements, postillons, etc.) ou par contact indirect avec l’environnement du malade (literie, vêtements, vaisselle, linge de bain, etc.) », détaille le ministère de la Santé.

Quels sont les symptômes ?

Après une période d’incubation pouvant aller de 5 à 21 jours, l’infection débute par une fièvre, souvent forte et accompagnée de maux de tête, de courbatures, d’une grande fatigue et de ganglions enflés. Dans les 1 à 3 jours qui suivent, le malade développe une éruption cutanée en une seule poussée sous forme de vésicules remplies de liquide qui évoluent vers le dessèchement, la formation de croutes puis la cicatrisation. « Les bulles se concentrent plutôt sur le visage, les paumes des mains et plantes de pieds. Les muqueuses sont également concernées, dans la bouche et la région génitale », précise le ministère de la Santé. Les démangeaisons sont fréquentes. Une fois les croûtes tombées, le patient n’est plus contagieux.

La maladie est-elle grave ?

Non, la maladie est généralement bénigne et guérit le plus souvent spontanément, au bout de 2 à 3 semaines. Toutefois, elle peut être plus grave chez les enfants et les personnes immunodéprimées. « A ce stade, les cas rapportés en Europe sont majoritairement bénins, et il n’y a pas de décès signalé », indique Santé publique France.

Existe-t-il un traitement ?

Non, à l’heure actuelle, « il n’existe pas de traitement spécifique ni de vaccin », précise l’OMS. Le vaccin contre la variole serait, toutefois, efficace à 85 %, selon l’institut Pasteur.

La maladie est-elle contagieuse ?

Si la transmission inter-humaine se produit principalement par des gouttelettes respiratoires, cela « nécessiteen général un contact face à face prolongé », souligne l’OMS. La maladie est donc peu contagieuse entre les hommes. Pour réduire les risques de transmission interhumaine, l’OMS recommande aux malades de s’isoler pendant toute la durée de la maladie.

Que faire en cas de symptômes ?

En cas de fièvre et d’éruption cutanée avec des vésicules, vous devez contacter le SAMU en composant le 15. Il est recommandé de s’isoler et d’éviter le contact avec d’autres personnes en attendant un avis médical.

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