Vaccin contre le Covid-19 : comment se porter volontaire ?

L’Inserm recherche 25 000 volontaires pour tester des projets de vaccin contre le Covid-19. Inscription, déroulement des essais cliniques, effets indésirables… Ce qu’il faut savoir.

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© herraez

Alors que 300 projets de vaccins contre le Covid-19 sont actuellement développés dans le monde, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) appelle les Français à se porter volontaires pour participer à des essais cliniques en vue de tester un des projets. 25 000 personnes sont recherchées.

Qui peut se porter volontaire ?

Toutes les personnes âgées de plus de 18 ans et ne présentant pas de contre-indication à la vaccination (personnes gravement malades ou prenant un traitement immunosuppresseurs par exemple) peuvent se porter volontaires. L’Inserm indique rechercher des volontaires jeunes et moins jeunes ainsi que « des personnes de 65 ans ou plus ou présentant des facteurs de risque du Covid-19 (tels que diabète, surpoids, hypertension artérielle, insuffisance rénale ». La raison ? « Ces personnes peuvent avoir un système immunitaire affaibli, alors même qu’elles devront être parmi les premières personnes vaccinées ». L’efficacité des vaccins devra donc être démontrée chez cette catégorie de population.

Comment se porter volontaire ?

Il suffit de s’inscrire sur la plateforme nationale Covireivac.fret de remplir un premier questionnaire de santé. Vous serez ensuite contacté en fonction des besoins des différents protocoles de recherche (âge, conditions préexistantes, localisation géographique). Vous aurez alors le choix entre confirmer votre accord pour participer à l’essai clinique ou y renoncer. Vous pouvez être contacté rapidement ou bien dans plusieurs mois. Il se peut également que vous ne soyez jamais appelé.

Comment se dérouleront les essais cliniques ?

Si vous souhaitez participer, vous aurez un premier rendez-vous avec un médecin afin de confirmer votre consentement pour l’essai et un test sérologique par prise de sang sera effectué pour une sérologie Covid-19. La vaccination sera ensuite réalisée soit à l’hôpital, soit en cabinet médical, avec une surveillance médicale d’une durée variable selon l’essai et au maximum d’une demi-journée. Notez que vous pourrez recevoir un vaccin ou un placebo mais ni vous, ni votre médecin n’en aurez connaissance.

Vous serez suivi entre 3 et 12 mois suivant l’essai clinique. Cette surveillance consistera en une prise de sang à intervalles réguliers ou un simple suivi des symptômes. Elle sera plus rapprochée (jusqu’à une fois par jour) pendant la première semaine puis hebdomadaire pendant le premier mois.

Une fois l’essai terminé, vous continuerez à être suivi pendant un à deux ans dans le cadre d’un programme de surveillance afin de suivre la sécurité des vaccins à long terme.

Quand vont démarrer les premiers essais ?

Les premiers essais cliniques devraient débuter entre octobre et la fin de l’année après le recrutement des premiers volontaires. Ils viendront en complément de ceux réalisés dans d’autres pays. Le projet consiste à mener jusqu’à cinq essais de phase 2 et jusqu’à trois de phase 3. Les essais de phase 2, d’une centaine de volontaires chacun, visent à étudier la capacité des vaccins à produire une réponse immunitaires sur des personnes âgées, dont le système immunitaires est généralement affaibli alors même qu’elles sont les plus à risque de développer des formes graves de la maladie. Les essais de phase 3, dernière étape avant la demande de mise sur le marché d’un vaccin, consistent à étudier l’efficacité et la sécurité à grande échelle des candidats-vaccins prometteurs.

Où se dérouleront-ils ?

Au total, 24 centres d’investigation cliniques répartis sur le territoire pourront accueillir les volontaires. On en compte quatre en région parisienne : à l'hôpital Bichat, l'hôpital Georges Pompidou, l'hôpital Cochin, l'hôpital Saint-Antoine et à l'hôpital Henri Mondor de Créteil.

En province, 19 centres sont répartis sur l'ensemble du territoire : Lille, Rouen, Caen, Rennes, Brest, Nantes, Tours, Nancy, Strasbourg, Dijon, Limoges, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne, Lyon et Grenoble.

© Inserm

Est-il possible d’attraper le Covid-19 avec l’un des vaccins testé ?

Non, il est impossible de développer la maladie. Ce n’est pas le SARS-CoV-2 actif qui est injecté dans les vaccins des essais.

Quels effets indésirables éventuels ?

Comme avec tous les vaccins, des effets indésirables peuvent survenir mais ils « sont bénins dans la grande majorité des cas et disparaissent spontanément en quelques jours », indique la plateforme. Il peut s’agir d’une rougeur, d’un gonflement, d’un durcissement ou d’une douleur à l’endroit où le vaccin a été injecté mais également de fièvre, de douleurs musculaires ou de maux de tête. En revanche, les effets indésirables graves sont beaucoup plus rares.

Cette participation est-elle rémunérée ?

La loi interdit la rémunération pour la participation à des essais cliniques. Toutefois, vous pourrez être indemnisé en fonction des contraintes imposées (déplacement à l’hôpital, injection du vaccin, prise de sang, etc.).

A noter : le responsable de l’étude doit souscrire une assurance qui permet d’indemniser les participants s’ils subissent des dommages du fait de l’essai.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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