Urgences hospitalières : le gouvernement tente de répondre à la pénurie de personnel

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Au CHU de Nantes, mercredi 8 juin. - Mathieu Thomasset/Hans Lucas via Reuters Connect

Au lendemain d’une journée de mobilisation nationale des soignants, la ministre de la Santé et de la prévention, Brigitte Bourguignon, a annoncé mercredi 8 juin des premières mesures destinées à répondre à la grave crise qui frappe les urgences hospitalières, confrontées à une pénurie de personnel.

Des « heures supplémentaires » mieux payées

Le gouvernement va « réactiver le doublement de la rémunération des heures supplémentaires » accomplies par les personnels non médicaux, ainsi que « du temps de travail additionnel des médecins, pour l’ensemble de la période estivale », a fait savoir Brigitte Bourguignon dans un discours au Congrès Urgences 2022, organisé par une société savante, la Société française de médecine d’urgence (SFMU).

« Facilités de cumul » entre les rémunérations et les pensions pour les retraités

Pour les « professionnels de santé » à la retraite reprenant « une activité de soins », des « facilités de cumul de leur pension de retraite et de leurs revenus d’activités », vont être mises en place.

Possibilité de travailler pour les infirmiers et aides-soignants achevant leurs études

Les élèves infirmiers et aides-soignants qui terminent « leur formation initiale en juin » ou le mois prochain, vont avoir la possibilité d’« exercer immédiatement, sans attendre la remise officielle de leur diplôme ».

D’autres mesures à venir

À ces différentes mesures doivent s’en ajouter d’autres, issues des futures recommandations « de la mission Braun ».

Le président de la République, Emmanuel Macron, avait annoncé le 31 mai le lancement d’une mission flash concernant l’accès aux urgences. Le lendemain, Brigitte Bourguignon avait indiqué confier le pilotage de la mission à François Braun, qui préside le syndicat professionnel Samu-Urgences de France. Ce médecin, « entouré d’un groupe restreint de professionnels, libéraux et hospitaliers », bénéficie de la contribution de ses trois confrères Karim Tazarourte, Antoine Leveneur, Delphine Tortiguet, ainsi que du directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de Normandie, Thomas Deroche, avait fait savoir la ministre dans un communiqué.

« L’été sera difficile »

Dans son discours au congrès Urgences, Brigitte Bourguignon a admis que « l’été sera difficile » dans les hôpitaux publics, alors que de nombreux soignants alertent quant à un mal mis en exergue par la crise sanitaire : le manque de personnel et de moyens.

Les Français n’applaudissent plus les soignants à 20 heures, mais les agents des hôpitaux sont éreintés par plus de deux ans de pandémie de Covid-19. Malgré des revalorisations intervenues à l’issue du Ségur de la santé, ils jugent leurs rémunérations toujours insuffisantes et déplorent une dégradation continue de leurs conditions de travail. La pénurie s’aggrave en raison des départs de personnes rejoignant des cliniques privées ou décidant de se reconvertir.

Limitation de l’accueil des patients

Des hôpitaux ont dû limiter l’accueil des patients aux urgences. Selon les calculs de BFMTV, au 26 mai, « plus d’une centaine d’établissements français ont dû réduire ou adapter l’accueil de patients dans leurs urgences en raison du manque de personnel ».

Le centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux, l’une des villes françaises les plus peuplées, a annoncé l’application d’« un principe de régulation systématique à l’entrée des urgences » entre 20 heures et 8 heures. « Il est indispensable de contacter le 15 avant tout déplacement aux urgences », explique le groupe hospitalier CHU de Bordeaux sur son site. Pour les personnes « n’ayant pas les moyens de composer le 15, un dispositif d’appel relié au Samu sera mis en place au niveau des urgences », précise le groupe. En dehors de ces horaires, « les patients sont invités à contacter en priorité leur médecin traitant (sauf en cas d’urgence vitale), afin de ne pas saturer les services d’urgences ».

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