Santé : la vente aux mineurs de protoxyde d’azote bientôt interdite

Le Sénat a adopté en première lecture une proposition de loi visant à interdire la vente du protoxyde d’azote aux mineurs, qui l’inhalent pour ses propriétés euphorisantes. Un usage qui peut s’avérer très dangereux pour la santé.

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© stockcam

Le protoxyde d’azote, gaz hilarant, est devenu la nouvelle drogue tendance et récréative chez les jeunes. Pour lutter contre ce phénomène de grande ampleur, le Sénat a adopté à l’unanimité mercredi 11 décembre en première lecture une proposition de loi transpartisane visant à interdire sa vente aux mineurs.

Vendu en vente libre à un coût très modique, le protoxyde d’azote se présente sous forme de cartouches métalliques grises destinées notamment aux siphons de cuisine. Les jeunes le détournent de son usage pour ses effets euphorisants. Ils transfèrent le gaz dans des ballons de baudruche avant de l’inhaler. Quelques inhalations provoquent une euphorie comparable à une ivresse, accompagnée d’un fou rire irrépressible, de distorsions visuelles et auditives, de modification de la voix.

Nausées, maux de tête, hypertension

Mais cela ne dure que 2 à 3 minutes et des effets secondaires peuvent survenir : vertiges, maux de tête, vision floue, malaises, nausées, acouphènes, diarrhées. Ils disparaissent généralement 15 minutes après l’arrêt de l’inhalation mais peuvent persister quelques heures, voire quelques jours, en fonction de la dose consommée. A forte dose, la consommation de ce gaz peut également provoquer une désorientation, une confusion, des problèmes d’élocution, de coordination des mouvements, une irrégularité du rythme cardiaque, des troubles vasculaires et de l’hypertension. En Grande-Bretagne, le protoxyde d’azote a fait 17 morts entre 2006 et 2012 et deux en France.

Une amende de 3 €

Pour protéger les jeunes des usages dangereux du protoxyde d’azote, la proposition de loi prévoit d’interdire sa vente, y compris sur les sites de commerce en ligne, aux mineurs. Le non-respect de cette interdiction est assorti d’une peine d’amende de 3 750 €. Le texte prévoit également de pénaliser l’incitation d’un mineur à faire un usage détourné du produit pour en obtenir des effets psychoactifs, d’obliger les industriels à indiquer sur l’emballage la dangerosité du produit, et d’accompagner la politique de prévention menée à l’école. Enfin, les débits de boisson auront l’interdiction de vendre ce gaz aux personnes majeures.

« Nous assistons, depuis deux ans, à une banalisation de la consommation », a souligné la sénatrice centriste du Nord Valérie Létard, auteure de la proposition de loi cosignée par une centaine de ses collègues sur tous les bancs. « Le souhait commun est bien d’agir devant l’importance de cette problématique sanitaire pour laquelle les leviers d’action sont complexes, multiples », a pour sa part déclaré à l’AFP le secrétaire d’Etat Adrien Taquet. La proposition de loi doit encore être soumise à l’Assemblée nationale.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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