Réforme des APL : 39 % des jeunes ont connu une baisse de leurs aides au logement

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© fizkes

Depuis le 1er janvier, le mode de calcul des aides au logement versées par la CAF et la MSA a changé. Les aides personnalisées au logement (APL), allocations de logement familiales (ALF) et allocations de logement sociales (ALS) ne sont plus calculées sur la base des revenus d’il y a deux ans mais sur les ressources des douze derniers mois glissants, avec une actualisation de leur montant tous les 3 mois et non plus une fois par an.

L’objectif de cette réforme dite des « APL en temps réel » était de mieux prendre en compte la variabilité des ressources des allocataires afin d’adapter le montant des aides aux ruptures de parcours. Mais depuis son entrée en vigueur, elle aurait pénalisé un certain nombre d’allocataires, et particulièrement les jeunes, d’après une étude de l’Union nationale pour l’habitat des jeunes (Unhaj) publiée jeudi 3 juin et repérée par Capital.

A défaut d’étude d’impact de la réforme produite par le gouvernement, l’Unhaj a décidé de mener sa propre enquête et a observé la situation d’environ 4 000 jeunes âgés de 15 à 30 ans, aux activités variées et logés au sein de son réseau Habitat Jeunes. L’étude a consisté à comparer les montants des APL perçus par les jeunes entre le 1er décembre 2019 et le 31 mars 2020 et entre le 1er décembre 2020 et le 31 mars 2021. Les résultats montrent que la baisse moyenne des montants d’APL est plus importante en 2021 qu’en 2020.

39 % des jeunes ont vu leurs APL diminuer

En 2021, 39 % des jeunes ont connu une baisse de leurs aides au logement, soit 11 % de plus qu’en 2020. Et le montant de la baisse est également plus important : 118 € en moyenne, contre 90 € en 2020. En revanche, ceux qui ont connu une hausse sont moins nombreux (17 % des jeunes) et elle n’est que de 4 € supérieure à celle constatée l’an dernier (49 € en moyenne). Pour l’ensemble des jeunes, la baisse moyenne est de 38,50 € par mois. Ils touchaient en moyenne 295 € d’APL en décembre 2020, contre 256,50 € en mars 2021. Mais cette baisse est « peu représentative puisqu’une part importante de jeunes connaît une baisse » et celle-ci est « plus marquée que les hausses constatées », juge l’Unhaj.

Les jeunes actifs sont les plus touchés

« En raison d’un effet de rattrapage brutal, tous les jeunes sont perdants et ce, quel que soit leur niveau de ressources », avance l’Unhaj. Mais les jeunes actifs, dont les revenus sont proches du Smic (entre 800 et 1 300 €), sont les plus touchés, avec une baisse moyenne de 95 € par mois. Les jeunes demandeurs d’emploi, indemnisés ou non, subissent également une baisse d’APL plus importante en 2021. Seuls les apprentis et étudiants (boursiers ou non, salariés ou non) sont « préservés des effets néfastes de la réforme ».

© Unhaj

Protéger tous les jeunes aux bas revenus

« Sur le long terme, cela implique beaucoup de choses : des projets remis à plus tard du fait de l’incertitude, de l’incapacité à financer, mais aussi une formation abandonnée, une offre d’emploi refusée, des opportunités non saisies… On se souvient de l’émoi légitime qu’avait soulevé la baisse générale d’APL de 5 euros. Aujourd’hui, et alors que le contexte social est bien plus préoccupant, cette baisse est presque 8 fois supérieure, voire 20 fois pour certains ! », s’alarme Claude Garcera, le président de l’Unhaj.

Au regard des résultats, l’association « demande a minima la mise en place d’un mécanisme compensatoire pérenne pour protéger les jeunes actifs les plus précaires » et propose l’instauration d’un système forfaitaire de prise en compte des revenus de tous les moins de 25 ans, ou d’un système d’abattement fiscal, à l’image des solutions déjà appliquées aux étudiants ou aux apprentis, et bientôt aux contrats de professionnalisation.

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