Variant Omicron du Covid-19 : les projections de l’Institut Pasteur pour l’hôpital

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Hôpital, Cannes, infirmières, médecins, corridor
© Eric Dervaux/Hans Lucas via Reuters Connect

Ce n’est plus une « vague », mais un « raz-de-marée ». Le ministre des Solidarités et de la santé, Olivier Véran, a décrit ainsi mercredi 29 décembre, devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale, l’emballement de l’épidémie de Covid-19, en raison notamment de la circulation du variant Omicron, qui s’ajoute au variant Delta.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens a atteint ce jour un nouveau sommet record de 208 099, tandis que le taux d’incidence s’élevait le 25 décembre à 799,7 pour 100 000 habitants, a fait savoir Santé publique France. « Des chiffres qui donnent le vertige », a commenté Olivier Véran au sujet des données, rapporte Le Monde.

Ce n’est qu’un début. Plusieurs « centaines de milliers de Français pourraient être infectés quotidiennement en janvier, dans la grande majorité des cas avec des symptômes légers », indique une étude publiée le 28 décembre par l’Institut Pasteur et co-signée par différents chercheurs et organismes.

Les auteurs y établissent différents scénarios détaillant les conséquences possibles sur l’hôpital de la circulation du variant Omicron. Même si, compte tenu des « incertitudes importantes concernant la sévérité et l’avantage de transmission du variant Omicron par rapport au variant Delta, il n’est pas possible de quantifier précisément l’impact qu’aura la vague Omicron sur le système de santé ».

Les scénarios les plus optimistes

Pour les auteurs, dans l’hypothèse où « la sévérité du variant Omicron était d’environ 80 % par rapport à celle du variant Delta, et compte tenu de sa meilleure transmissibilité, le contrôle de la vague d’hospitalisations Omicron pourrait être obtenu avec des mesures d’intensité intermédiaire » pour diminuer les interactions sociales.

Les auteurs envisagent l’hypothèse d’une « sévérité » du variant Omicron « deux fois plus faible que celle du virus historique ». Alors, « avec un avantage de transmission intermédiaire, le pic d’hospitalisations pourrait atteindre 2 700 hospitalisations quotidiennes sans ajustement des comportements ».

« Ce pic passerait à 1 900 (- 28 %) et 1 400 (- 48 %) hospitalières si les Français réduisaient leurs contacts de 10 % et 20 %, respectivement », selon l’étude.

Si l’« avantage de transmission » est « haut », le sommet « se situerait à 2 700 hospitalisations journalières », dans l’hypothèse où « les contacts » reculaient « de 20 % (4 400 sans réduction des contacts) ». Pour un « avantage de transmission bas, le pic ne dépasserait pas 1 700 hospitalisations journalières ».

Les scénarios les plus sombres

D’autres projections plus sombres figurent dans l’étude. « Dans le scénario où la sévérité d’Omicron est similaire à celle du virus historique (- 54 % par rapport au variant Delta), l’épidémie pourrait rester gérable avec des mesures d’intensité intermédiaire ou bas », le « pic d’hospitalisations » ne devant pas excéder « 2 500 hospitalisations journalières » si « les Français réduis[ai]ent leurs contacts de 20 % ».

Mais si se réalise un « scénario avec un avantage de transmission haut, le pic des hospitalisations pourrait se situer aux environs de 5 000 hospitalisations journalières »

Les hôpitaux risquent la surcharge si aucune restriction importante n’est décidée. « Les scénarios combinant une sévérité similaire à celles du variant Delta ou du variant Alpha et un avantage de transmission moyen ou haut pourraient conduire à des pics d’hospitalisations dépassant largement les pics de 2020 en l’absence de mesures de contrôle fortes. »

Des « données incomplètes » et des « hypothèses incertaines »

« Ces scénarios sont faits sur la base de données incomplètes et d’hypothèses incertaines. La propagation du virus SARS-CoV-2 est difficile à anticiper ; et la dynamique de l’épidémie peut changer rapidement. Les trajectoires décrites dépendent des hypothèses faites ; si les hypothèses ne se réalisent pas, la dynamique observée pourra être différente des projections », avertit l’Institut Pasteur.

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