Produits biocides et détergents : la DGCCRF constate trop d’anomalies

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Drazen Zigic

Les produits biocides (désinfectants, insecticides, répulsifs, rodenticides, produits de protection du bois, etc.) et les détergents (produits chimiques destinés au lavage et au nettoyage) font partie de notre quotidien. Or, ces substances ne sont pas sans danger pour la santé ou l’environnement. C’est pourquoi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) vérifie chaque année plusieurs milliers de références destinées au grand public. En raison du contexte sanitaire lié à l’épidémie de Covid-19, les principaux produits contrôlés en 2020 ont été les gels et solutions hydro-alcooliques pour la désinfection des mains, les désinfectants et les détergents.

En tout, 1 651 établissements ont été visités et près de 5 450 références ont fait l’objet d’un contrôle : 2 910 produits biocides (essentiellement des gels et solutions hydro-alcooliques), 879 détergents (notamment des nettoyants ménagers et des lessives), 762 nettoyants désinfectants et 905 autres produits chimiques (en particulier des bougies). Parmi eux, 339 ont fait l’objet d’analyses approfondies en laboratoire.

Des étiquetages trop souvent non conformes à la réglementation

Des anomalies ont été constatées dans 36 % des établissements contrôlés. Tous produits confondus, les manquements les plus fréquents concernent le non-respect des mesures d’étiquetage de dangers prévues par le règlement européen n°1272/2008 dit « CLP » relatif à la classification, l’étiquetage et l’emballage des substances chimiques et des mélanges dangereux. « Un étiquetage conforme est indispensable pour assurer une information des consommateurs sur les dangers présentés par le produit et les précautions d’emploi correspondantes », rappelle la DGCCRF.

Concernant les produits biocides, un grand nombre comportaient des dates de péremption dépassées et certains ne disposaient pas d’un étiquetage conforme ou n’avaient pas fait l’objet des déclarations obligatoires. Les détergents affichaient eux souvent des allégations environnementales incompatibles avec leur classement de danger.

Quant aux 339 produits analysés en laboratoire, 127 ont été déclarés non conformes et 88 non conformes et dangereux. Toutefois, ces taux élevés s’expliquent par le fait que « les prélèvements sont ciblés sur les produits pour lesquels les analyses sont le plus susceptibles de révéler des dangerosités », précise la Répression des fraudes.

74 % des gels et solutions hydro-alcooliques prélevés étaient non conformes

Par ailleurs, le taux d’anomalies relevé sur les gels et solutions hydro-alcooliques prélevés a été particulièrement élevé (74 %). Etant donné le contexte, la DGCCRF a mené une campagne de prélèvements ciblée spécifiquement sur ce type de produits entre juin et novembre 2020. Sur les 183 analysés, 69 ont été déclarés non conformes et dangereux et 66 non conformes. Parmi les manquements constatés, les enquêteurs ont relevé un taux d’alcool insuffisant ou encore un étiquetage minimisant les dangers présentés par ces produits, principalement le danger de leur inflammabilité. Les produits en question ont été retirés du marché, voire rappelés. Certains ont également fait l’objet d’alerte au niveau européen dans « Safety gate ».

Si le plus souvent, les manquements constatés sont dus à une méconnaissance des dispositions réglementaires complexes applicables aux produits chimiques, biocides et détergents, la DGCCRF compte poursuivre ses contrôles annuels.

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