Prime Covid-19 : des infirmières ne peuvent pas la percevoir

Les conditions strictes du dispositif écartent certains soignants de son bénéfice, comme une infirmière qui a publié sur Facebook un message abondamment relayé. 

Retrouvez ce contenu dans votre compte en cliquant sur ce lien

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
2mn de lecture
Covid-19
Une soignante lors d’une manifestation pour l’hôpital public, le 16 juin à Paris. © Charles Platiau – Reuters

Le message a été repris sur quelque 135 000 autres comptes du réseau social : une infirmière libérale mobilisée par un hôpital parisien pour lutter contre la pandémie de Covid-19 dénonce sa non-éligibilité à la prime exceptionnelle à laquelle peuvent prétendre les agents des hôpitaux.

Dans un texte publié le 17 juin sur Facebook et repéré par Libération, Brigitte affirme avoir suspendu son activité indépendante pour travailler « sur la base du volontariat en renfort à l’hôpital Tenon » du 11 avril au 10 mai, pour quatre semaines au total, à la demande de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Comme le rappelle l’infirmière, dans son discours prononcé à Mulhouse le 25 mars, le président de la République, Emmanuel Macron, avait annoncé une majoration des « heures supplémentaires effectuées, sous forme d’une prime exceptionnelle », afin d’« accompagner financièrement » la « reconnaissance » envers « les personnels soignants » et « l’ensemble des fonctionnaires mobilisés ».

Le gouvernement d’Edouard Philippe a créé cette rémunération dans un décret du 14 mai. La prime ne figure pas dans le calcul de l’impôt sur le revenu et fait l’objet d’une exonération de cotisations sociales. Selon la notice de ce texte, la rémunération atteint 1 500 € pour les agents des établissements publics de santé situés dans les départements les plus touchés par l’épidémie, ceux impliqués dans certains établissements situés dans le reste du pays et ceux relevant du ministère des Armées et de l’Institution nationale des Invalides. Pour les établissements des autres départements, le montant versé est de 500 €, sauf si le chef d’établissement décide un relèvement à 1 500 €.

Au moins 30 jours calendaires entre le 1er mars et le 30 avril

Le décret soumet en principe le bénéfice de la prime à l’exercice des « fonctions de manière effective, y compris en télétravail, entre le 1er mars et le 30 avril 2020 ».

Mais il précise que pour les agents publics contractuels, comme l’infirmière qui a témoigné sur Facebook, la durée d’activité doit représenter « au moins 30 jours calendaires équivalents à un temps plein ou complet ». Le texte ajoute que « les personnes absentes plus de 30 jours calendaires au cours de la période de référence » n’ont pas droit à la prime.

Ces conditions excluent l’infirmière, qui a travaillé dix-neuf jours à l’hôpital, selon Libération. Son activité suspendue d’infirmière libérale, donc indépendante, n’est en effet pas prise en compte dans le calcul des 30 jours.

Pas de prime pour les infirmières libérales

Pourtant, comme le déplorait le 25 mars auprès de Dossier Familial Michèle Droin, présidente du syndicat d’infirmiers libéraux Infin’idels, ces professionnels, confrontés comme les soignants des hôpitaux au manque de matériel de protection, prennent des risques pour leur santé et celle d’autrui lorsqu’ils se rendent chez des patients atteints par le Covid-19.

df
Timour Aggiouri
Publié le

Partager cet article :