Pharmacies : faut-il s’inquiéter pour vos données de santé ?

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Devanture, pharmacie, Paris
© Mark Zhu

À votre insu, cette entreprise américaine a peut-être connaissance indirectement d’informations sur votre santé. Dans une pharmacie française sur deux, lorsqu’une personne présente sa carte Vitale, Iqvia, un groupe spécialisé dans l’analyse et la collecte de données médicales, recueille sans son accord des informations sur les médicaments récupérés, a révélé l’émission Cash investigation diffusée jeudi 20 mai sur France 2.

Ivqia dément tout danger pour la protection des données personnelles des patients. « Dès leur sortie du logiciel du pharmacien, les données sont anonymisées une première fois par un tiers de confiance puis une deuxième fois par un second tiers de confiance qui les agrège », avant d’être transmises « à l’entrepôt de données de santé hébergé par Iqvia. Le système d’anonymisation est extrêmement sécurisé et en 60 ans, aucun incident n’a jamais été déploré », assure la société dans un communiqué.

L’entreprise jure ne pas rechercher de « donnée nominative sur les patients, qui ne présente pas d’intérêt pour » ses « activités ». Selon elle, « dans une étude de marché, une étude épidémiologique, une analyse de parcours patient, etc., seul le comportement général de groupes de patients est pertinent, et en aucun cas les comportements individuels ».

Un « truc inapplicable »

Il reste que des règles n’ont pas été respectées, rappelle la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). « Les pharmaciens d’officine sont chargés, contractuellement, d’informer individuellement leurs clients du traitement des données les concernant, ainsi que de permettre l’exercice des droits d’accès, de rectification et d’opposition qui leur sont reconnus (notice d’information et mise en place d’une affiche dans la pharmacie) », explique l’autorité. « La Cnil avait par ailleurs demandé que les supports soient complétés pour être conformes au règlement général sur la protection des données (RGPD) », ajoute la Commission dans un communiqué.

Les pharmaciens peuvent ne pas trouver le temps suffisant pour informer les patients du transfert des données à Iqvia. « Dans les faits, ce truc est inapplicable, a souligné Antoine Prioux, qui exerce cette profession en Corrèze, dans Cash investigation. Un pharmacien ou un préparateur en pharmacie ne prendra jamais cinq ou dix minutes pour expliquer aux gens ce qui est fait de leurs données qui remontent des logiciels. Et encore faut-il qu'ils le sachent. »

Des contrôles de la Cnil

La Commission nationale de l’informatique et des libertés compte agir concernant « l’entrepôt de données de la société Ivqia, autorisé en 2018 ».

« La Cnil précise qu’à ce jour, elle n’a pas reçu de plainte relative au fonctionnement de cet entrepôt mais annonce, au regard des éléments portés à la connaissance du public, qu’elle diligentera des contrôles. »

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