Peut-on rêver d’un été (presque) sans Covid-19 ?

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© nito100

La vaccination et les dernières mesures sanitaires appliquées en France laissent, pour beaucoup de Français y compris le premier d’entre eux, poindre la lumière au bout du tunnel de l’épidémie.

Pourtant, un rapport publié mardi 27 avril par des épidémiologistes de l’Institut Pasteur se veut plus nuancé sur la sortie de crise. Ceux-ci se sont notamment penchés sur les conséquences possibles de la levée des « mesures de freinage » en mai sur les hospitalisations liées au coronavirus.

Un rapport qui tombe à pic alors que le président de la République Emmanuel Macron doit s’adresser aux Français vendredi soir afin de leur présenter sa stratégie de déconfinement.

Ne pas déconfiner trop vite ?

Les auteurs du rapport de l’Institut Pasteur préviennent d’emblée : leurs travaux ne doivent pas être apparentés à des prévisions mais à ce qu’ils sont : des scénarios basés sur plusieurs hypothèses comprenant notamment la contagiosité du variant britannique (qui serait 40 à 60 % plus contagieux que la souche « historique » du coronavirus), le rythme de la vaccination et l’impact du climat. De façon plus précise, ces différentes hypothèses prennent également en compte le taux de reproduction du coronavirus (le fameux R0) en fonction des mesures qui seront toujours en vigueur dans les prochaines semaines.

Quoi qu’il en soit le bilan est clair : une levée trop rapide des mesures de freinage en mai pourrait avoir pour conséquence de provoquer une quatrième vague de l’épidémie au mois de juillet au cours de laquelle on pourrait être confronté à 3 000 nouvelles hospitalisations quotidiennes, selon l’un des scénarios les plus pessimistes.

« Une levée plus progressive des mesures pourrait permettre de décaler la reprise de l’épidémie. […] Sinon, on risque de se retrouver dans une situation difficile » explique Simon Cauchemez, responsable de l’unité Modélisations mathématiques des maladies infectieuses de l’Institut Pasteur à nos confrères du Parisien.

La vaccination au front

Ce rapport d’épidémiologistes ne prévoit pas un fort impact climatique sur la circulation du virus en France : « l’effet du climat sur la transmission n’est a priori pas suffisant pour éviter un rebond de l’épidémie » ajoute Simon Cauchemez. En revanche, l’accélération de la campagne de vaccination avec une hypothèse de 500 000 doses administrées en moyenne chaque jour, pourrait jouer un rôle dans ces scénarios et éventuellement combler en partie la nouvelle hausse des contaminations attendue pour le début de l’été.

« Par rapport aux précédents déconfinements, on a du mieux avec la vaccination et du pire avec le variant britannique. Donc c’est compliqué de savoir de quel côté la balance va pencher » indique le mathématicien Jean-Stéphane Dhersin dans les colonnes du quotidien.

Quoi qu’il en soit, le rapport de l’Institut Pasteur exclut catégoriquement, et ce dans tous ses scénarios, que cet été sera similaire sur le plan sanitaire à celui vécu en 2020, où la courbe des nouvelles contaminations n’avait commencé à se réveiller qu’à la toute fin du mois d’août.

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