Pass sanitaire : dans quelles conditions les autotests sont-ils valables ?

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Alors que le pass sanitaire a été étendu lundi 9 août aux bars et restaurants, aux trains, avions et bus interrégionaux pour les longs trajets, aux établissements de santé et à certains grands centres commerciaux, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé un assouplissement des règles concernant les tests de dépistage pour faciliter l’obtention du précieux sésame et désengorger les centres de dépistage. Le premier changement est la durée de validité d’un test négatif au Covid-19, qui passe de 48 à 72 heures. L’autre nouveauté concerne les autotests.

En plus des tests antigéniques et PCR, ils sont désormais acceptés comme preuve dans le cadre du pass sanitaire, à condition d’être réalisés sous le contrôle d’un professionnel de santé. La Direction générale de la santé (DGS) a détaillé les modalités d’exécution des autotests dans un document publié lundi et adressé aux professionnels de santé.

Qu’est-ce qu’un autotest ?

Comme son nom l’indique, l’autotest est un test antigénique par prélèvement nasal à réaliser soi-même à l’aide d’un écouvillon à introduire verticalement de quelques centimètres dans la narine sans forcer. Il faut effectuer cinq rotations, puis le retirer et le placer dans un tube contenant un réactif chimique. Quelques gouttes de la solution doivent ensuite être placées sur la plaquette de test. Le résultat est obtenu au bout de 15 à 20 minutes : un trait, le test est négatif ; deux traits, le test est positif.

A qui s’adressent les autotests ?

Les autotests réalisés sous la supervision d’un professionnel de santé sont réservés aux personnes majeures, asymptomatiques et qui ne sont pas cas contact. Ils sont destinés aux personnes souhaitant accéder aux activités soumises au pass sanitaire ainsi qu’aux employés non vaccinés soumis à l’obligation vaccinale qui devront effectuer des tests itératifs jusqu’au 14 septembre au plus tard, et, par dérogation au 15 octobre au plus tard, s’ils ont reçu une première injection.

Mais attention, si les autotests négatifs seront valables pour se rendre au restaurant ou au cinéma, ils ne seront pas reconnus comme preuve pour le pass sanitaire dans le cadre des voyages vers l’étranger, entre la métropole et les Outremers et entre l’Hexagone et la Corse.

Où doit être effectué l’autotest ?

Pour être valables, les autotests doivent être réalisés sous la supervision de professionnels de santé :

  • dans des pharmacies d’officine ;
  • ou dans des centres spécifiquement mobilisés « dans le cadre d’opérations de dépistage à large échelle organisées par une collectivité territoriale ou un organisme de droit public ou privé ». Ils pourront être déployés dès cette semaine et cibleront en priorité « les territoires à forte fréquentation, notamment les zones touristiques et les gares desservant des destinations de longue distance ».

Les professionnels de santé autorisés à superviser ces autotests sont les médecins, les pharmaciens, les infirmiers, les chirurgiens-dentistes, les masseurs-kinésithérapeutes, les sages-femmes. D’autres personnes non professionnels de santé peuvent être mobilisées, à condition d’exercer sous la responsabilité d’un professionnel de santé qui supervise l’opération de dépistage.

Comment est délivré le résultat de l’autotest ?

Une fois le résultat de l’autotest obtenu, le professionnel de santé le rentrera sur le portail informatique sécurisé SI-DEP, où sont enregistrés tous les résultats des tests de dépistage. Si le résultat est négatif, la personne qui a effectué l’autotest recevra un SMS et un mail afin de récupérer son QR code utilisable pendant 72 heures comme pass sanitaire.

Mais si le test s’avère positif, elle recevra un SMS et un mail lui indiquant les démarches à suivre : isolement et réalisation d’un test RT-PCR de confirmation dans les plus brefs délais.

Les personnes qui en font la demande pourront obtenir une attestation de résultat sous format papier.

Pourquoi l’élargissement aux autotests inquiète les scientifiques ?

Même si le prélèvement est réalisé sous la supervision d’un professionnel de santé, les autotests restent moins fiables que les tests RT-PCR ou antigéniques et risquent de laisser passer de faux négatifs. « On frise le ridicule quand on sait que le taux de fiabilité est largement contestable », déplore sur RMC Jean-Paul Hamon, président d’honneur de la Fédération des médecins de France. Les autotests autorisés par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ont, en effet, un taux de fiabilité supérieure ou égale à 80 % pour les personnes symptomatiques. Mais ce taux descend entre 50 et 60 % pour les asymptomatiques.

Dans son avis sur l’entrée en vigueur du pass sanitaire dans la stratégie de lutte contre le Covid-19 publié dimanche 8 août, le Conseil scientifique reconnaît que la sensibilité des autotests est inférieure à celle des tests PCR et antigéniques. Mais il souligne que « leur utilisation répétée, chez une même personne atténue cette diminution de sensibilité ». Et même si le nouveau délai de validité des tests et l’élargissement aux autotests sont des mesures qui « reposent sur des connaissances scientifiques limitées, elles ont pour objet de répondre aux difficultés logistiques anticipées pour le déploiement des tests à large échelle afin de rendre opérationnel le pass sanitaire », précise le Conseil scientifique.

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