Numéros d’urgence : l’Assemblée nationale vote l’expérimentation de leur fusion

3 min de lecture

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
Camion de pompiers, port, badauds
© PierreOlivierClementMantion

Est-ce la fin proche des numéros d’urgence 15 (service d’aide médicale urgente, Samu), 17 (police secours) et 18 (pompiers) ? L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 27 mai en séance publique, soit dans l’hémicycle du Palais Bourbon, la proposition de loi (à télécharger ici) portée par le député La République en marche (LREM) Fabien Matras prévoyant l’expérimentation d’une fusion de ces trois numéros en un seul.

Le test doit durer pendant « trois ans ». Il « a pour objectif de faciliter et d’accélérer l’accès aux services d’incendie et de secours, aux services de police et de gendarmerie nationales, aux services d’aide médicale urgente, en lien avec la garde ambulancière et la permanence des soins », précise l’article 31 de la proposition de loi, « visant à consolider notre modèle de sécurité civile et valoriser le volontariat des sapeurs-pompiers et les sapeurs-pompiers professionnels », suivant son intitulé officiel. 

L’expérimentation est également destinée à « améliorer la prise en charge » des personnes qui contactent ces services, « à travers le renforcement de la coordination entre » ces derniers. 

Trois « configurations » testées

Dans le cadre du dispositif, trois « configurations » sont susceptibles d’être testées :

  • une fusion de tous les services cités ;
  • un regroupement de tous les services, hors police-secours ;
  • un regroupement du 15 et de la permanence des soins et leur interconnexion avec les autres services d’urgence.

Selon la proposition de loi, le 112 devra être utilisé comme numéro unique. D’après le site officiel Service public, à l’heure actuelle, le 112 peut être composé :

  • à l’occasion de déplacements dans un pays européen, pour des urgences exigeant une ambulance, les services d’incendie ou la police ;
  • par les voyageurs étrangers ne connaissant pas les numéros d’urgence en France.

Si elle est menée, l’expérimentation aura lieu seulement sur une partie du territoire, « une zone de défense et de sécurité, sous la responsabilité conjointe du représentant de l’Etat dans la zone et du directeur général de l’Agence régionale de santé du département du chef-lieu de zone qui en définissent le champ et les conditions de mise en œuvre ».

D’après un décret du 10 décembre 2015, la France métropolitaine compte sept zones de défense et de sécurité. Il s’agit des zones :

  • de Paris ;
  • du Nord ;
  • de l’Ouest ;
  • du Sud-Ouest ;
  • du Sud ;
  • du Sud-Est ;
  • de l’Est.

« On va tout mélanger dans un grand panier »

Pour des professionnels des urgences hospitalières, le dispositif envisagé risque de pénaliser les usagers.

« On va tout mélanger dans un grand panier : un trouble à l’ordre public, un poids lourd en panne sur l’autoroute, un incendie, mais aussi la douleur thoracique de l’infarctus du myocarde, pour laquelle une intervention rapide est nécessaire, ou des problèmes de santé moins urgents… », a déploré mercredi lors d’une conférence de presse Pierre Carli, président du Conseil national de l’urgence hospitalière et chef de service au Samu de Paris, rapporte L’Humanité

« Tu as besoin de cette expertise médicale rapide avec un accès direct à ces professionnels de santé pour que les premiers mots spontanés prononcés par les patients soient analysés directement par les professionnels de la santé », souligne Agnès Ricard-Hibon, cheffe de service au Samu du Val d’Oise et ancienne présidente de la Société française de médecine d’urgence (SFMU), citée par LCI.

Les pompiers, eux, défendent la création d’un numéro unique.

La proposition de loi doit être examinée au Sénat, à une date encore inconnue. En cas d’adoption définitive, un décret détaillant les règles de l’article 31 devra être publié pour permettre l’expérimentation.

A lire aussi