Numéros d’urgence : comment fonctionnera la plateforme unique expérimentée en 2022 ?

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© grinvalds

Le 112 européen bientôt adopté en France comme numéro unique d’appel d’urgence ? Une plateforme unique rassemblant tous les appels aux numéros d’urgence (le 15, le 17 et le 18) sera expérimentée à partir de 2022 et pendant deux ans, a annoncé Emmanuel Macron, samedi 16 octobre, lors du Congrès national des sapeurs-pompiers à Marseille. Cette initiative est issue de la proposition de loi Matras visant à consolider le modèle de sécurité civile et valoriser le volontariat des sapeurs-pompiers qui devrait bientôt être adoptée au Parlement.

En quoi consiste l’expérimentation ?

Concrètement, trois plateformes seront testées : une où arriveront les appels au 15 (Samu), au 17 (police-secours) et au 18 (sapeurs-pompiers) ; une autre uniquement pour les appels au 15 et au 18 ; et enfin une troisième regroupant les appels au 15 et aux urgences médicales.

Où sera menée l’expérimentation ?

L’expérimentation sera menée à l’échelle d’« une zone de défense », soit dans « une grande région », a indiqué le chef de l’Etat, sans donner plus de précisions. 

Quel est son objectif ?

Le but est de trouver quelle est la méthode la plus efficace pour envoyer aux appelants les secours les plus adaptés le plus vite possible. La Fédération des sapeurs-pompiers s’attend à ce que cette expérimentation débouche dans deux ans sur la mise en place du 112, le numéro européen d’appel d’urgence, « comme numéro unique d’appel d’urgence, couplé au 116 117, le numéro d’assistance européen pour les appels non-urgents relevant du service d’accès aux soins ». Ce dernier est expérimenté depuis 2017 dans trois régions françaises : la Normandie, les Pays de la Loire et la Corse.

Pourquoi la création d’un numéro d’urgence unique divise ?

Mais l’idée d’un numéro unique d’appel d’urgence divise. Si les sapeurs-pompiers estiment que cela permettrait une diminution des appels inutiles, les urgentistes craignent au contraire une saturation de leurs services et « une perte de chance » pour les patients. La mise en place d’un numéro d’urgence unique « triplerait » le délai d’intervention, selon le patron du Samu de Paris. Plutôt qu’un numéro unique, les urgentistes préfèrent la mise en place de deux numéros : le 113 pour les urgences de santé et le 112 pour les appels police-secours. Un avis partagé par la Fédération hospitalière de France (FHF) qui déclare dans un communiqué que l’instauration d’un numéro unique pourrait « perturber l’organisation des urgences médicales » et « entrer en contradiction avec le grand projet de réorganisation des soins en cours de déploiement dans les territoires : le service d’accès aux soins (SAS) », associant médecins libéraux et hospitaliers.

En Europe, l’Espagne, le Portugal, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Danemark, la Finlande, la Suède et les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) ont déjà adopté le 112 comme seul et unique numéro d’urgence pour contacter la police, les urgences ou les sapeurs-pompiers.

Les numéros d’urgence actuels vont-ils disparaître ?

Non, « on ne va pas les couper, mais l’idée c’est de mieux communiquer sur le dispositif unique », a indiqué au Parisien Patrick Hertgen, médecin urgentiste Pompiers et vice-président des Pompiers de France.

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