Le test anal de dépistage du Covid-19 est-il plus fiable ?

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© Eugeneonline

C’est une information qui peut prêter à sourire, mais c’est pourtant bien une réalité. En Chine, depuis plusieurs semaines, les autorités ont expérimenté à grande échelle le test anal de dépistage du coronavirus.

Jugé plus fiable que le test PCR classique par certains scientifiques, ce mode de dépistage présente toutefois quelques inconvénients rapidement mis en exergue par les patients qui ont dû s’y soumettre. Des critiques qui n’ont pas empêché les autorités chinoises de généraliser ce test anal à tous les voyageurs arrivant de l’étranger.

Une efficacité prouvée ?

Interrogé par la chaîne de télévision publique CCTV, le médecin chinois Li Tongzeng affirme que le coronavirus reste présent plus longtemps dans l’anus que dans les voies respiratoires. Une donnée qui justifierait, selon lui, l’intérêt de ce type de dépistage.

Une stratégie qui s’appuie notamment sur une étude médicale publiée en août 2020 par Future Medicine (une revue à comité de lecture) et relayée par le site Futura Sciences. Cette étude préconisait de multiplier les recours au dépistage rectal du Covid-19 afin d’autoriser les malades guéris à sortir de l’hôpital.

Selon CCTV, le test anal a déjà été utilisé auprès de résidents de certains quartiers de Pékin où des cas ont été découverts. Certains voyageurs arrivant de l’étranger et placés en quarantaine dans des hôtels de la capitale chinoise ont également eu à s’y soumettre. Le magazine américain Newsweek va même plus loin en affirmant que ce sont plus d’un million de personnes qui ont déjà été soumis à un écouvillonnage rectal en Chine.

La mesure a d’ailleurs été généralisée à l’ensemble des voyageurs étrangers arrivant en Chine, selon une information relayée par France Info. Toutefois, les autorités n’envisagent pas d’étendre ce dispositif partout dans le pays, notamment pour des raisons pratiques, mais pas seulement…

Les critiques fusent en ligne

Sur le réseau social chinois Weibo, plusieurs internautes qui ont eu à se soumettre au dépistage anal n’ont pas hésité à faire part de leurs réserves concernant cette expérience décrite comme particulièrement désagréable.

Si ceux-ci n’évoquent en général pas de douleurs particulières, comme c’est le cas pour le test nasal, le caractère humiliant de ces dépistages est mis en avant.

Certains n’hésitent d’ailleurs pas à plaisanter autour de ce qu’ils ont pu vivre comme cet internaute, toujours sur Weibo : « J'ai fait deux dépistages anaux. Dans la foulée, on m'a aussi prélevé un échantillon dans la gorge. À chaque fois, j'avais peur que l'infirmière oublie de changer d'écouvillon entre les deux. »

Pendant ce temps chez nous...

En France, la Haute autorité de Santé a donné son feu vert concernant la diffusion de tests de dépistage du Covid-19 à partir de prélèvements salivaires. Une méthode jugée moins invasive et douloureuse que le test par voie nasale et qui pourrait permettre de mener des campagnes de dépistage plus massives dans l'Hexagone. L'agence française devrait étoffer son avis dans le courant du mois de février alors que les résultats de trois expérimentations sont toujours attendus sur le sujet.

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