La fin de l’épidémie de Covid-19 en France est-elle proche ?

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Homme, sourire, masque
© skynesher

La décrue est nette. Le nombre de contaminations au Covid-19, le nombre d’hospitalisations et le nombre de réanimations marquent une baisse. Le taux d’incidence des cas pour 100 000 habitants a diminué de 154 à 124 entre les semaines du 10 et du 17 mai, a fait savoir Santé publique France dans son point épidémiologique du 27. Le nombre de nouvelles hospitalisations est lui passé de 5 557 à 4 600. Le nombre de nouvelles admissions en soins critiques a reculé de 1 256 à 1 124.

Ces tendances présagent-elles une disparition de l’épidémie de Covid-19 en France ? La réouverture le 19 mai des cafés, de nombreux commerces ou des cinémas n’a pas entraîné une hausse du nombre de contaminations et une dégradation des indicateurs. Mais les scientifiques jugent possible un rebond dans les prochains mois. « Si l’on réussit à maintenir le rythme actuel de décrue des infections et hospitalisations jusqu’au 9 juin tout en maintenant ou augmentant le rythme de vaccination, on ne s’attend pas à observer cet été de reprise importante de l’épidémie liée au variant B.1.1.7 [le variant apparu en Angleterre] sous les conditions de contrôle qui avaient été mises en œuvre durant l’été 2020 », explique l’Institut Pasteur dans un texte mis à jour le 22 mai sur son site consacré à la modélisation de l’épidémie.

Le risque du changement de saison

Mais le changement de saison est susceptible de contribuer à un rebond du nombre de contaminations. « L’automne et l’hiver sont plus propices à la transmission de SARS-CoV-2 que l’été. Le fait que le virus circule peu durant l’été n’écarte donc pas le risque de reprise cet automne. Pour limiter ce risque, il est important de maintenir l’effort de vaccination cet été et s’assurer qu’on atteigne un niveau de couverture vaccinale élevé à la rentrée », explique l’Institut Pasteur.

La montée en puissance de la vaccination, évoquée à maintes reprises par l’exécutif, a pris forme. À partir de lundi 31 mai, l’ensemble des personnes de 18 ans, quels que soient leur état de santé et leur profession, ont le droit de se faire vacciner. 

Au 26 mai, 23 752 184 personnes avaient reçu au moins une dose de vaccin, tandis que 10 883 436 avaient reçu toutes les doses nécessaires, selon Santé publique France. Ces volumes représentent respectivement 35,4 % et 16,2 % de la population totale. Pour la seule population adulte (âgée de 18 ans ou plus), la couverture vaccinale atteint 45,1 % pour au moins une dose et 20,7 % pour la vaccination complète. 

Pour le moment, la demande de vaccins est supérieure à l’offre disponible, mais l’exécutif craint une inversion de ce rapport en été, d’après Le Monde.

« Initialement, on pensait que 70 % de la population vaccinée permettrait d’atteindre l’immunité collective, mais l’arrivée des variants et les mutations liées à la contagiosité du virus ont fait augmenter le seuil à plus de 80 % », a rappelé au quotidien l’épidémiologiste et infectiologue Didier Pittet.

Emmanuel Macron ne ferme plus « la porte » à l’obligation vaccinale

L’Académie de médecine estime qu’« il sera très difficile d’obtenir avant la fin de l’été un taux de couverture vaccinale qui assurerait une immunité collective suffisante pour contrôler l’épidémie, soit 90 % de la population adulte ou 80 % de la population totale (enfants inclus) ».

Dans un communiqué diffusé le 25 mai, l’Académie appelle à instaurer une obligation vaccinale, pour atteindre une immunité collective encore lointaine.

Emmanuel Macron ne rejette plus une telle mesure. « Aucune porte n’est fermée par essence. La conviction qui est la nôtre, depuis le début de la crise, c’est qu’il est plus efficace de miser, au moment où nous sommes, sur la confiance et la conviction », a répondu jeudi, en marge de son voyage en Rwanda, le président de la République, cité par l’Agence France-Presse (AFP).

À l’inverse, une obligation née au cours de la crise sanitaire dans de nombreux espaces extérieurs, celle du port du masque, va-t-elle disparaître ? Si certains préfets l’ont levée, l’exécutif ne compte pas encore la supprimer sur la totalité du territoire. Le chef de l’Etat a été sollicité le 20 mai sur le sujet par un passant lors d’un déplacement à Blois. « Et le masque, quand est-ce qu’on pourra l’enlever ? », a demandé un passant à Emmanuel Macron. « Là, il faut rester prudent parce qu’il y a encore du virus qui tourne, hein. Donc quand on aura passé un certain niveau de vaccination, on pourra regarder ça. J’espère comme vous, parce que j’en ai marre comme vous du masque. […] Jusqu’à la fin du mois de juin de toute façon, il faut garder le masque au moins », a souligné le président de la République.

Pour les personnes vaccinées ou non, les autorités sanitaires et l’exécutif continuent d’inviter au maintien des gestes barrières. Jusqu’à une date indéterminée.

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