La chloroquine testée par la France contre le coronavirus

La chloroquine, un antipaludique répandu et à prix bas, pourrait être efficace pour traiter des malades contaminés par le coronavirus. Alors que de nombreux internautes cherchent désormais l'achat en ligne, l'essai du professeur Didier Raoult va être reproduit à grande échelle par l'Inserm en intégrant l'essai européen Discovery ce mardi. Pas de précipitation. Mais un espoir. 

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© Capture YouTube

Le traitement à la chloroquine contre le coronavirus Covid-19, testé par le professeur Didier Raoult à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, est une piste contre le virus Covid-19 désormais prise très au sérieux.

Le médicament, commercialisé depuis 70 ans et utilisé couramment pour traiter le paludisme, devrait rejoindre l'essai européen Discovery dès ce mardi, annonce Les Echos citant une source gouvernementale, et c'est l'Inserm qui aura la charge d'effectuer les tests, selon un protocole très rigoureux, sur plusieurs centaines de patients hospitalisés.

Les résultats de ces essais devraient être publiés d'ici début mai. Alors que le gouvernement marocain a déjà acheté les stocks de Nivaquine (le médicament contenant la molécule) produit par Sanofi dans une usine de Casablanca, il est important de rappeler que rien ne sert de se ruer pour acheter en ligne de médicaments à base de chloroquine : son efficacité reste à démontrer et des malades du paludisme ont besoin de leur traitement. Ils pourraient être les victimes collatérales d'un emballement. 

Des premiers résultats encourageants mais controversés

Dans une longue vidéo enregistrée devant ses étudiants et publiée sur YouTube le 16 mars, le professeur Didier Raoult, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, avait annoncé que les premiers essais de la chloroquine donnaient des résultats spectaculaires, rapporte France Bleu Provence.

Ce spécialiste des maladies infectieuses a testé sur 24 patients atteints par le Covid-19 un traitement baptisé Plaquenil, l’un des noms commerciaux donné à la chloroquine. Six jours plus tard, seulement 25 % des malades étaient encore porteurs du virus alors que 90 % des patients d’un autre groupe qui n’avaient pas bénéficié du traitement étaient toujours positifs.

« C'est spectaculaire. La charge virale moyenne avec ce virus est normalement de 20 jours. Et tous les gens qui meurent à cause du corona ont encore le virus. Ne plus l'avoir, ça change le pronostic. »

Cet essai clinique a été pratiqué avec l’accord des autorités sanitaires à l’IHU de Marseille. En Chine, près d’une vingtaine d’essais cliniques sont également en cours pour vérifier l’efficacité de la chloroquine ou d’une molécule analogue, l’hydroxychloroquine, sur le coronavirus.

Des effets secondaires pointés du doigt par certains scientifiques

Certains scientifiques appellent tout de même à la prudence. La chloroquine entraînerait des effets secondaires en cas de surdosage et aurait des interactions avec d’autres traitements chez des patients en réanimation.

Des critiques balayées par le professeur Didier Raoult qui expliquait fin février à Libération « Certes il y a des effets secondaires graves si on ne respecte pas la posologie, mais c’est un médicament que l’on connaît, on sait comment faire. »

Des essais cliniques « prometteurs » qui vont être étendus

Mardi 17 mars, le gouvernement français semblait d'ailleurs déjà prendre au sérieux les résultats du professeur Didier Raoult. Les essais cliniques de chloroquine sont« prometteurs », avait déclaré la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, à l’issue du Conseil des ministres.

« Le ministère a souhaité étendre ces essais cliniques, qui seront dupliqués sur un plus grand nombre de patients. » 

Si l’efficacité de la chloroquine se confirme, c’est une excellente nouvelle puisque le médicament est répandu, bien connu des équipes médicales et peu cher.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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