Guerre en Ukraine, menace nucléaire... Faut-il demander de l’iode à votre pharmacien ?

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La prise d’iode peut être recommandée à titre préventif. - Tassii

Des pharmacies reçoivent des demandes de comprimés d’iode stable, rapportent Le Parisien/Aujourd’hui en France et RTL. De nombreuses personnes souhaitent consommer ou stocker de l’iodure de potassium en prévention d’une éventuelle attaque nucléaire, après le déclenchement jeudi 24 février de la guerre en Ukraine par la Russie.

En vidéo : 2 min pour comprendre : comment faire un don à un pays en guerre

Une attaque nucléaire est-elle possible ?

Des propos du président russe, Vladimir Poutine, ont pu attiser les craintes. « J’ordonne au ministre de la Défense et au chef d’état-major de mettre les forces de dissuasion de l’armée russe en régime spécial d’alerte au combat », a indiqué dimanche, au cours d’un entretien avec ses chefs militaires retransmis à la télévision, le maître du Kremlin, cité par l’Agence France-Presse (AFP).

Mais cette annonce « relève surtout de la simple intimidation », estiment des « experts », selon Le Monde.

Jeudi, Jean-Yves Le Drian avait rappelé que plusieurs puissances de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), dont la France, disposent de l’arme nucléaire. 

« Je pense que Vladimir Poutine doit aussi comprendre que l’Alliance atlantique est une alliance nucléaire. Je n’en dirai pas plus », avait souligné sur TF1 le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, cité par l’agence de presse Reuters.

Qui peut obtenir gratuitement des comprimés d’iode en pharmacie ?

Les personnes résidant à moins de vingt kilomètres d’une installation nucléaire civile ont la possibilité d’obtenir une pastille d’iode gratuitement.

Des campagnes de distributions d’iode sont mises en œuvre depuis 1997, destinées aux personnes résidant « autour des installations présentant un risque d’émission d’iodes radioactifs (centrales nucléaires, réacteurs de recherche et certaines installations de la défense), dans un rayon » compris entre 500 mètres et 20 kilomètres, explique l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur son site.

Une sixième campagne a commencé en « septembre 2019 ». « La première phase de cette campagne consistait […] à mettre à disposition les comprimés d’iode dans les pharmacies partenaires pour les 2,2 millions de personnes et plus de 200 000 établissements, entreprises, écoles, administrations, etc., sur tout le territoire », faisait savoir en mars 2021 le ministère de l’Intérieur sur son site. Depuis février de l’année dernière, les comprimés ont été « adressés par voie postale à 600 000 foyers identifiés ne les ayant pas retirés en pharmacie », précisait le ministère.

Cependant, les établissements recevant du public (ERP) qui n’ont pas fait de retrait en officine, « ainsi que les nouveaux arrivants des communes concernées sont invités à les retirer dans les pharmacies partenaires ». Le retrait peut être fait « sur simple présentation d’un justificatif de domiciliation, de capacité d’accueil du public et/ou du nombre de salariés », explique le ministère de l’Intérieur.

Pourquoi la prise d’iode est-elle recommandée en cas d’accident nucléaire ?

En cas d’accident liée à une installation nucléaire civile, la prise d’iode est recommandée à titre préventif, tout comme « la mise à l’abri ». Ce geste constitue « un moyen de protéger efficacement la thyroïde contre les effets d’iode radioactif qui pourraient intervenir en cas d’accident nucléaire », indique l'Autorité de sûreté nucléaire sur son site.

« La thyroïde va absorber l’iode stable jusqu’à saturation, et ne pourra donc plus assimiler l’iode radioactif qui serait éventuellement respiré ou ingéré. Les comprimés d’iode doivent être administrés en situation accidentelle et uniquement sur instruction des autorités », précise le ministère de l’Intérieur.

Les pharmacies disposent-elles d’iode en quantité suffisante ?

D’après le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), Philippe Besset, l’ensemble des « pharmacies du pays peuvent être mobilisées par les préfets pour délivrer des pastilles d’iode en cas de risque, mais rien de tel n’est activé à l’heure actuelle ».

« Contrairement aux masques, on aurait les stocks nécessaires, si nécessaire », a souligné Philippe Besset auprès du Parisien/Aujourd’hui en France.

Selon l’Autorité de sûreté nucléaire, l’« Etat a constitué des stocks et des circuits de distribution pour être en mesure de protéger la population se trouvant en dehors des périmètres définis autour des installations nucléaires ». L’objectif est « de couvrir les besoins de la population française en cas de risque d’exposition à l’iode radioactif », rappelle l’ASN.

En vidéo : 3 min pour comprendre : les répercussion de la guerre en Ukraine sur votre pouvoir d'achat

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