Etat d'urgence, couvre-feu, télétravail, aides... l'exécutif muscle son jeu face au Covid-19

Quelques minutes après l'annonce du rétablissement de l'état d'urgence sanitaire, le chef de l’État Emmanuel Macron est interviewé en direct à la télévision ce mercredi 14 octobre pour annoncer des nouvelles mesures plus restrictives pour tenter d’endiguer la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus. Le gouvernement a organisé une conférence de presse le lendemain, ce jeudi 15 octobre, pour préciser ces annonces présidentielles.

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Le président de la République Emmanuel Macron est interviewé ce mercredi soir par les journalistes de TF1 et France 2, Gilles Bouleau et Anne-Sophie Lapix. Un entretien de près de trois quarts d’heure qui est l’occasion pour le chef de l’État de reprendre la main sur le front de l’épidémie et d'annoncer de nouvelles mesures restrictives pour le pays, confronté à une forte deuxième vague des contaminations. 

Depuis plusieurs semaines, les chiffres de l’épidémie se dégradent partout en France et particulièrement dans les grandes villes. L’Hexagone a déjà passé le cap des 20 000 nouvelles contaminations détectées quotidiennement tandis que plus de 1600 malades du Covid-19 sont hospitalisés en réanimation, sur 5000 lits habituellement disponibles.

Le retour de l’état d’urgence sanitaire

Quelques minutes avant l'interview télévisée, un décret présenté en Conseil des ministres ce mercredi a été révélé. Il rétablira l'état d'urgence sanitaire sur l'ensemble du territoire français à partir de minuit dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 octobre et permettra au Premier ministre de prendre des mesures limitant la liberté de circulation des personnes on pense au retour des attestations dérogatoires de déplacement pour sortir de chez soi), la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion.

« Il serait déraisonnable de reconfiner. »

A l'échelle nationale, le Premier ministre Jean Castex a précisé ce jeudi 15 octobre que : « les fêtes privées, comme les mariages ou les soirées étudiantes qui se tiennent dans des salles de fêtes, dans des salles polyvalentes ou tout autre établissement recevant du public seront interdites. Tous les restaurants de France appliqueront la limite de six clients par table et l'enregistrement du nom des clients. »

Couvre-feu à 21 heures

Au premier rang des annonces du président de la République : l’instauration d’un couvre-feu tous les soirs de 21 heures à 6 heures du matin. Un confinement qui, sous ses atours nocturnes, ne dit pas tout à fait son nom. Première région concernée : l'île-de-France. Huit métropoles sont par ailleurs concernées : Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Etienne et Toulouse, pour 4 à 6 semaines.

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Cette mesure impacte particulièrement l’activité des bars, des restaurants mais aussi des cinémas et des salles de spectacle. L’objectif : endiguer au maximum les regroupements de personnes intervenant dans la sphère privée, qu’ils soient familiaux ou amicaux.

Ces mesures visent aussi particulièrement les jeunes générations, celles qui font « le plus gros sacrifice » à qui Emmanuel Macron demande des efforts supplémentaires face à la deuxième vague de l'épidémie. 

« C'est dur d'avoir 20 ans en 2020. »

Comme au printemps dernier, l'amende pour non-respect du couvre-feu s'élèvera à 135 € et 3750 € en cas de récidive par trois fois. 12 000 policiers et gendarmes seront mobilisés sur tout le territoire. Des dérogations de déplacement seront accordées pour des motifs de santé ou professionnels sur présentation d'une attestation similaire à celles délivrées durant le confinement. Les transports en commun continueront à fonctionner normalement en soirée. 

Bon à savoir

Lors d'une conférence de presse organisée ce jeudi 15 octobre, le Premier ministre a précisé les cinq exceptions pour sortir de chez-soi après 21 heures dans les zones concernées par le couvre-feu. 

  • Raison de santé (se rendre à la pharmacie de garde, se rendre chez un médecin...) ;
  • Motif professionnel (sur présentation d'un justificatif) ;
  • Prendre un train ou un avion partant ou arrivant à destination après 21h ou avant 6h (le billet aura valeur de dérogation) ;
  • S'occuper d'un proche en situation de dépendance ;
  • Promener un animal de compagnie à proximité de son domicile.

Vacances de la Toussaint

A la fin de la semaine débuteront les vacances de la Toussaint pour une durée de deux semaines. A ce sujet, le président de la République a précisé que les Français pourront partir en vacances tout en respectant les règles d'usage comme le port du masque ou la distanciation physique. Au moins un mètre, même avec les amis. 

Les déplacements entre les régions ne seront pas interdits.  

Le télétravail : « pas la panacée »

Depuis plusieurs semaines, les membres du gouvernement ont réitéré leurs appels aux responsables d’entreprises afin qu’ils pratiquent le plus possible le télétravail pour limiter au maximum les contacts dans les bureaux et les transports en commun. Le retour à l’état d’urgence sanitaire permet au Premier ministre de prendre des mesures plus coercitives.

Toutefois, s'il a parlé de « 2 ou 3 jours de télétravail par semaine », Emmanuel Macron a écarté l'hypothèse de rendre obligatoire le recours au télétravail pour les entreprises qui peuvent se le permettre : « il faut du bon sens mais ce n'est pas la panacée. » 

« Je vais être un peu direct quand on a une résidence secondaire tout à fait sympathique et qu'on télétravaille, c'est chouette. Quand on a un appartement, que les enfants sont à la maison, qu'on a de la promiscuité, ça devient vite très dur. »

Par ailleurs, le chef de l'Etat a également écarté l'idée de fermer les établissements scolaires ou certains commerces jugés non-essentiels comme lors de la mise en place du confinement en mars dernier. 

Lors d'une conférence de presse organisée ce jeudi 15 octobre, la ministre du Travail Elisabeth Borne a précisé que les entreprises situées dans les zones concernées par le couvre-feu devront définir un nombre minimum de jours de télétravail à effectuer dans la semaine pour les postes qui le permettent. Par ailleurs, il est également demandé aux entreprises d'étaler les horaires d'arrivée et de départ des salariés.

Des aides pour les entreprises et les plus précaires

Dans le sillage de l'annonce de ces nouvelles restrictions, le président de la République en a profité pour signaler que toutes les entreprises - bars, restaurants, salles de spectacle... etc. - impactées par ces mesures bénéficieront d'aides supplémentaires pour faire face à ces difficultés. 

Ce jeudi 15 octobre, le ministre de l'Economie a précisé ces nouvelles aides qui concernent particulièrement les secteurs concernés par l'instauration du couvre-feu : hôtellerie, restauration... etc. Le locataire de Bercy a notamment promis de nouveaux efforts du gouvernement concernant le fonds de solidarité et l'exonération de cotisations sociales. Par ailleurs, Bruno Le Maire a également annoncé que le dispositif des prêts garantis par l'Etat (PGE) sera prolongé de six mois, jusqu'en juin 2021.

De plus, les bénéficiaires du RSA et des allocations logement qui vivent dans les zones concernées par le couvre-feu auront une « aide exceptionnelle » de 150 € plus 100 € par enfant. 

De nouveaux tests

Lors de son intervention télévisée, Emmanuel Macron en a profité pour revenir sur la stratégie française en matière de test. Le président a répété l'importance de dépister au maximum tout en reconnaissant que la demande a souvent dépassé la capacité des laboratoires français. 

Par ailleurs, le chef de l'Etat a confirmé qu'un nouveau test dit antigénique sera bientôt mis à disposition pour compléter l'arsenal hexagonal de dépistage. Ces nouveaux tests, reconnus par l'Organisation mondiale de la santé et la Haute autorité de santé, permettront d'en connaître le résultat entre 15 et 30 minutes après le prélèvement.

Une nouvelle application mobile anti-Covid

Parmi les annonces du président de la République, ce mercredi soir, la confirmation qu'une nouvelle application de lutte contre la circulation du coronavirus au sein de la population devrait voir le jour le 22 octobre prochain. Celle-ci sera baptisée Tous anti-Covid et aura pour but de faire mieux que sa première version Stop Covid dont le président a reconnu en partie l'échec. 

« Nous n'avons pas réussi à faire de l'application Stop Covid un outil pour les gens »

Des engagements financiers supplémentaires pour les soignants

Tous les personnels soignants qui renonceront à leurs congés annuels durant les vacances de la Toussaint recevront « une indemnité compensatrice » allant de 110 à 200 euros brut par jour, a également annoncé le Premier ministre. Cette indemnité vise à « reconnaître par avance l’engagement des agents qui seront mobilisés par nécessité de service dans les jours et semaines à venir », a justifié Jean Castex.

Par ailleurs, le calendrier du Ségur de la Santé va également être accéléré. Après une première augmentation générale des salaires pour les personnels hospitaliers (sauf les médecins) de 90 euros net au 1er septembre dernier, la seconde hausse de 93 euros net prévue au 1er mars 2021 sera finalement versée « avant la fin de l’année », a indiqué le locataire de Matignon.

df
Maxime Trédan
Mis à jour le

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