Dôme de chaleur au Canada : quelle température maximale le corps peut-il supporter ?

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© JENNIFER GAUTHIER - Reuters Connect

Depuis vendredi 25 juin, le nord-ouest des Etats-Unis et l’ouest du Canada sont frappés par un dôme de chaleur sans précédent. Ce phénomène atmosphérique, consistant en de hautes pressions qui emprisonnent l’air chaud et le poussent vers le sol, a fait grimper les températures jusqu’à près de 50°C par endroits. Le 29 juin, le village canadien de Lytton, au nord-est de Vancouver, enregistrait un record national à 49,6°C.

Conséquence de cette vague de chaleur inédite, près de 500 morts soudaines au Canada et au moins 20 aux Etats-Unis ont été comptabilisées. Si tous les décès ne sont pas directement dus à cette météo extrême, leur nombre est environ trois fois plus important que la moyenne sur une telle période, selon les autorités canadiennes. Cette surmortalité en période de fortes chaleurs n’est pas une surprise et rappelle combien les canicules durables mettent l’organisme à rude épreuve. Une étude parue en 2019 dans le Lancet, revue scientifique de référence, avait estimé à 300 000 par an le nombre de décès mondiaux liés aux canicules. L’épisode caniculaire de l’été 2003 avait fait plus de 70 000 morts en Europe, dont 20 000 en France.

Comment réagit le corps humain en cas de forte chaleur ?

Pour fonctionner normalement, l’être humain a besoin de maintenir en permanence sa température corporelle entre 36 et 37,8°C. Généralement, la température de confort de l’air extérieur doit se situer entre 20 et 27°C, et l’humidité entre 35 et 60 %. Au-dessus de ces seuils, « le corps humain active des mécanismes de thermorégulation qui lui permettent de compenser l’augmentation de la température », explique le ministère de la Santé. La première réaction physiologique est la production de sueur. En s’évaporant, celle-ci permet de diminuer la température de la peau. Autre mécanisme : les vaisseaux sanguins situés à la surface de la peau augmentent de diamètre pour refroidir le sang en évacuant la chaleur par rayonnement. En cas de surchauffe, le corps augmente également « la fréquence de la respiration, rafraîchissant ainsi le sang qui part au cerveau et qui en revient, par des mécanismes de refroidissement de surface et d’échange de chaleur », expliquait en 2019 dans The Conversation Pieter Vancamp, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle.  

Notre organisme est donc capable de s’adapter temporairement aux variations de température, mais jusqu’à une certaine limite. « Notre organisme dépense beaucoup d’énergie et d’eau pour maintenir la température interne à 37°C, explique Rémy Slama, directeur de recherche en épidémiologie environnementale à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à nos confrères de LCI. D’où l’importance de bien s’hydrater et de bien manger en cas de canicule. Mais plus la vague de chaleur dure, plus le corps est obligé de fournir d’effort pour s’adapter et il s’épuise. Et les conséquences sur la santé peuvent être graves si les températures dépassent les 31°C sans refroidissement sensible la nuit (moins de 21°C) pendant plus de trois jours. Les principales pathologies liées à la chaleur sont « les maux de tête, les nausées, les crampes musculaires, la déshydratation. Le risque le plus grave est le coup de chaleur, qui peut entraîner le décès », rappelle le ministère de la Santé.

Jusqu’à quelle température le corps peut-il résister ?

Evidemment, plus la température va être élevée et humide, moins elle sera supportable. « Si l’air est sec, l’organisme peut résister, au moins pour un temps très bref, à des températures très élevées », assure Rémy Slama. Il est ainsi possible de supporter une température allant jusqu’à 100°C dans un sauna pendant quinze minutes. En revanche, si l’air est chargé d’humidité, la résistance est bien moindre, l’eau étant très conductrice de chaleur. « Des températures de 35 à 40°C sont très difficiles à supporter plus de quelques minutes en milieu très humide, indique le chercheur. Quant à l'immersion, dans un bain par exemple, l’hyperthermie, voire la cuisson, peuvent se produire si l'eau dépasse les 40°C ».

Le corps humain peut-il s’adapter aux fortes chaleurs avec le temps ?

« Nos gènes ont plutôt été sélectionnés par l’évolution pour résister au froid des dernières glaciations », selon l’Inserm. Cependant, l’Institut estime qu’une adaptation des humains vers une meilleure résistance à la chaleur est possible, mais que cela prendra beaucoup de temps.

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