Covid-19 : il y aura-t-il une quatrième dose de vaccin ?

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Centre de vaccination, seringue, remplissage d'une aiguille, Champigny-sur-Marne
Dans un centre de vaccination, à Champigny-sur-Marne (Val de Marne), le 22 janvier. - © Aline Morcillo/Hans Lucas via Reuters Connect

Le gouvernement va-t-il étendre la possibilité de se faire administrer une quatrième dose de vaccination contre le Covid-19 ? Dans un avis publié mercredi 26 janvier, le Conseil d’orientation vaccinale (COSV), préconise de ne pas élargir « la mise en place d’un second rappel vaccinal », actuellement réservé aux personnes immunodéprimées.

Chargé notamment de conseiller le gouvernement sur la politique vaccinale contre le Covid-19, le groupe d’experts rappelle, dans ce document daté du 19 janvier, avoir « été saisi par le ministère de la Santé au sujet de l’opportunité d’une seconde dose de rappel vaccinal (ou quatrième dose de vaccination), dans le cas d’un schéma de vaccination classique chez une personne non-immunodéprimée ».

« Pas de bénéfice individuel significatif »

Alors que la France est touchée par la cinquième vague de l’épidémie de Covid-19, la pertinence d’une quatrième dose est faible. Certes, un nouveau rappel « augmente le niveau d’anticorps. Mais avec quelle intensité réelle, quel effet sur les formes graves et pour quelle durée, on n’en sait rien. Quant à la protection vis-à-vis de l’infection par Omicron, le rappel l’améliore, mais de façon limitée », a analysé le président du COSV, Alain Fischer, auprès du Monde.

« À court terme, la mise en place d’une seconde dose de rappel vaccinal concernerait uniquement les personnes ayant reçu leur premier rappel aux mois de septembre et octobre, ce qui restreint de fait la cible aux personnes âgées, aux personnes vulnérables et aux personnels de santé », explique le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale dans son avis.

Hormis à l’égard « des personnes sévèrement immunodéprimées, pour qui le COSV a d’ores et déjà recommandé l’injection systématique d’une seconde dose de rappel vaccinal, une seconde dose de rappel vaccinal n’apporterait [...] pas de bénéfice individuel significatif », estime le groupe d’experts.

Au-delà, « l’intérêt collectif d’une telle mesure, qui pour l’instant s’adresserait à une cible restreinte à environ 3 millions de personnes, apparaît tout autant limité à court terme ».

L’élargissement de la quatrième dose de vaccination est susceptible d’aller à l’encontre des buts recherches. Elle « pourrait être interprétée comme un signal d’inefficacité de la vaccination par l’opinion et ainsi induire un risque de désengagement à l’égard d’une vaccination perçue comme trop fréquente », craint le groupe d’experts.

Le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale prévient : il « pourra faire évoluer sa position en fonction de la parution de nouvelles données scientifiques ». Il considère à ce titre « utile », pour « optimiser la prise de décision », de disposer de « davantage de données en vie réelle en ce qui concerne la protection contre les formes sévères et les décès ».

La Haute autorité de santé n’a pas rendu d’avis

La Haute autorité de santé (HAS) n’a pas rendu d’avis au sujet de la quatrième dose. « La commission technique vaccination de la HAS ne s’est pas encore prononcée », indique jeudi la HAS à Dossier Familial. Mais la présidente de cette commission, Elisabeth Bouvet, a déjà jugé le 15 janvier qu’il n’est pas « du tout sûr qu’on aura besoin d’une quatrième dose ». « Nous n’avons pas de données, actuellement, qui nous permettent de justifier cette mesure », a-t-elle relevé auprès de France Info.

Comme le rappelle le COSV, dans différents pays, soit Israël, le Chili, la Hongrie, le Danemark et l’Espagne, les autorités permettent l’administration d’une quatrième dose ou ont décidé de la proposer.

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