Covid 19 : vers une troisième dose du vaccin à la rentrée ?

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© Antonio_Diaz

À quatrième vague d'épidémie de Covid-19, troisième dose de vaccin ? La question se pose d'ores-et-déjà un peu partout dans le monde et la France n'y échappe pas. Le sujet fait actuellement débat dans l'Hexagone. 

Quelle est la situation en France sur la question ?

Le 6 juillet dernier, le Conseil scientifique,  chargé d'apporter des informations scientifiques précises et actualisées sur le Covid-19 et d'éclairer la décision publique pour lutter contre la pandémie en France, a plaidé en faveur d'un rappel de vaccination chez les personnes de plus de 80 ans résidant en Ehpad ou à domicile. Cet avis est consultable en ligne

Lors de son allocution du 12 juillet dernier, le président de la République, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une « campagne de rappel » début septembre pour les premiers vaccinés (ceux ayant été vaccinés en tout début d'année 2021 ou bien fin 2020), suivant ainsi l'avis du Conseil Scientifique.

La Haute autorité de santé (HAS) a ensuite donné son point de vue, quelques jours plus tard, le 16 juillet 2021, en balayant « pour le moment » l’option d’une troisième dose sauf pour les plus vulnérables et les plus âgées.

De son côté, le ministère de la Santé a annoncé ce mardi 3 août que le périmètre exact des personnes qui se verront proposer un rappel vaccinal contre le Covid-19 à la rentrée devrait faire l’objet d’un arbitrage « la semaine prochaine ». Rien n'est donc franchement déterminé quant au profil des personnes qui se verraient proposer l'injection d'une troisième dose. 

La troisième dose, une priorité pour tous ?

Alors que près de 65 % des Français ont reçu au moins une dose de vaccin, et près de 55 % ont reçu toutes les doses requises (selon le site Covidtracker.fr), le bien fondé et l'utilité d'une troisième dose divise parmi la communauté scientifique. 

Ainsi, du côté de la Haute autorité de santé, elle explique dans son avis du 16 juillet 2021 que « s’il paraît très probable qu’une injection de rappel procurera effectivement un effet boost (…), les données disponibles à ce jour ne permettent pas d’évaluer précisément l’impact ni la nécessité d’un tel rappel sur la prévention des échecs vaccinaux ». Si le bénéfice individuel est actuellement reconnu pour les personnes immunodéprimées et les personnes âgées, l’intérêt pour le reste de la population n’est pas encore déterminé scientifiquement, avec suffisamment d'informations scientifiques disponibles venant étayer ce postulat. 

Tout mettre en oeuvre pour un schéma vaccinal complet

En outre, pour la Haute Autorité de santé (HAS), avant même l'injection d'une éventuelle troisième dose, il s'agit de s'assurer qu'un maximum de citoyens français dispose d'un schéma vaccinal complet, c'est-à-dire ayant reçu les deux doses. En somme, ne pas mettre la charrue avant les boeufs et faire chaque chose en son temps.

La HAS regrettait ainsi mi-juillet le ralentissement des vaccinations et estimait que la priorité pour les prochaines semaines était de tout mettre en œuvre afin de vacciner davantage de Français. Elle s’inquiétait surtout d’une couverture vaccinale insuffisante chez les plus âgés (73,8 % pour les plus de 80 ans). La priorité selon les scientifiques se résume ainsi : vacciner les personnes les plus à risque et tout faire pour que la majorité de la population dispose d'un schéma vaccinal complet.

Suffisamment de 3ème doses pour tout le monde ?

De plus, au delà de l'intérêt et de l'efficacité de cette 3ème dose en population générale, se pose la question suivante : est-ce qu'il y aura assez de troisièmes doses disponibles pour tous ceux souhaitant s'en faire administrer ?

Pour Michaël Rochoy, médecin généraliste, chercheur en épidémiologie et membre du collectif « Du côté de la science », interrogé par nos confrères de 20 Minutes, cette question est primordiale et n'est pas à prendre à la légère, compte tenu du fait que, dans les derniers mois, en pleine campagne de vaccination, des retards dans l'acheminement des doses avaient été constatés dans nombre de centres de vaccination en France. 

 « La demande a toujours été calquée sur l’offre, car on a ouvert progressivement par tranches successives. Mais si tous les gens qui ont deux doses de vaccin en voulaient une troisième aujourd’hui, ça serait la guerre pour trouver un créneau sur Doctolib », expose-t-il. 

Quels sont les pays proposant déjà une troisième dose ?

Face à la propagation du variant Delta dans le monde, les pays occidentaux ont choisi de développer davantage la stratégie vaccinale et certains ont d'ores-et-déjà commencé à proposer cette troisième dose de vaccin. 

C'est le cas d'Israël, premier pays à vacciner largement sa population en décembre dernier. Encore une fois, le pays s'est montré fer de lance en la matière puisqu'il a initié vendredi 30 juillet dernier une campagne pour une troisième dose pour les plus de 60 ans. Le nouveau président Isaac Herzog a montré l'exemple en se faisant administrer en premier une troisième dose du vaccin Pfizer/BioNTech.

L'Allemagne a emboîté le pas à Israël : elle a annoncé lundi 2 août qu'elle va proposer dès le 1er septembre prochain l'administration d'une dose de rappel aux populations âgées et vulnérables. Cette décision est « dans l'intérêt des soins de santé préventifs », a souligné le ministère de la Santé allemand. À partir de septembre, ce rappel sera notamment proposé dans les maisons de retraite, les structures d'aide à l'insertion et autres hébergements accueillant des groupes vulnérables. 

Les pays qui pourraient emprunter la même voie

Aux États-Unis, la question n'est pas encore tranchée et l'Autorité américaine des médicaments (FDA) n'a pas donné son feu vert à l'injection d'une troisième dose pour les personnes âgées. 

En Europe, la Suède a fait savoir qu'elle prévoyait de proposer une dose de rappel de vaccin anti-Covid à « une grande partie de la population en 2022 », même si elle pourrait commencer par les populations les plus vulnérables dès cet automne : résidents de maisons de retraite, personnes âgées de plus de 80 ans et personnes immunodéprimées. La décision finale n'est toutefois pas encore prise, a annoncé l'Agence de santé publique suédoise.

Moratoire sur les doses de rappel des vaccins anti-Covid

Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il demeure impératif d'aider les pays les plus en difficulté à se procurer les deux doses initiales de vaccin. La priorité pour l'organisme onusien est donc qu'une majorité de la population mondiale puisse obtenir les deux doses.  

Allant pleinement dans ce sens, le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé ce mercredi 4 août, selon une dépêche publiée par l'Agence France Presse, à un moratoire sur les doses de rappel des vaccins anti-Covid pour pouvoir mettre ces doses à disposition des pays qui n'ont pu immuniser qu'une partie infime de leur population.

« Nous avons un besoin urgent de renverser les choses : d'une majorité de vaccins allant dans les pays riches à une majorité allant dans les pays pauvres » , a-t-il déclaré lors d'un point de presse de l'OMS à Genève, ajoutant que le moratoire devrait durer « au moins jusqu'à la fin septembre ». 

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