Covid-19 : une quatrième dose de vaccination va-t-elle être recommandée ?

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Chili, infirmière, vaccination
© Ailen Diaz/Reuters

C’est un puissant outil pour améliorer l’immunité contre le Covid-19. Depuis le 27 novembre 2021, toutes les personnes de plus de 18 ans disposant d’un schéma vaccinal complet peuvent recevoir une dose de rappel, en général une troisième dose.

D’ores et déjà, « les personnes sévèrement immunodéprimées ayant déjà reçu trois doses sur avis médical pour leur schéma initial » peuvent « recevoir une dose supplémentaire toujours sur avis médical », explique le ministère. L’injection d’une quatrième dose va-t-elle être étendue en France ? « C’est une possibilité », a indiqué au cours d’une conférence de presse le 28 décembre 2021 le ministre des Solidarités et de la santé, Olivier Véran, auprès du chef du gouvernement, Jean Castex, qui a détaillé une série de restrictions pour faire face à la cinquième vague de l’épidémie, attisée par le variant Omicron.

Quatrième dose en Hongrie, au Chili, au Danemark et en Israël

Au-delà des frontières, la décision a déjà été prise par certains exécutifs. En Hongrie, le chef de cabinet du Premier ministre, Viktor Orban, a annoncé le 13 janvier l’ouverture du droit pour toutes les personnes qui le souhaitent de « pouvoir recevoir une quatrième injection après avis médical », selon l’Agence France-Presse (AFP). Au Chili, une quatrième dose est proposée depuis le 10 janvier aux « personnes immunodéprimées », indique Le Monde. Toutes les personnes âgées de plus de 55 ans pourront en bénéficier à compter du 1er février. Le ministre de la Santé danois, Magnus Heunicke, a annoncé le 12 janvier « la décision de proposer une quatrième dose aux citoyens les plus vulnérables », rapporte l’AFP. En Israël, « plus de 500 000 personnes ont reçu une quatrième dose de vaccin Pfizer, selon un chiffre communiqué le 13 janvier par le ministère de la Santé », écrit Libération.

Les résultats partiels d’une essai clinique mené en Israël

Mais les résultats partiels d’un essai clinique menés à l’hôpital Sheba, proche de Tel-Aviv, relativisent la protection induite par la quatrième dose face au variant Omicron. Dans le cadre de cet essai qui a débuté à la fin du mois de décembre, 154 soignants ont été vaccinées avec une quatrième dose du vaccin de Pfizer-BioNTech, 120 autres volontaires ont été vaccinées avec une quatrième dose du vaccin de Moderna, rapporte l’AFP. Une semaine après le début des recherches, qui doivent durer six mois, « les anticorps [des participants] ont été multipliés par cinq, ce qui indique que le vaccin fonctionne et offre une protection contre les complications graves », avait fait savoir l’hôpital. Le 17 janvier, la professeure Gili Regev-Yochay, spécialiste des maladies infectieuses qui dirige l’étude, a observé que si l’administration des quatrièmes doses permet « d’augmenter le niveau des anticorps », elle « n’offre qu’une défense partielle contre le virus », d’après l’AFP. « Les vaccins Pfizer et Moderna, qui étaient plus efficaces contre les autres variants, offrent moins de protection contre Omicron », a expliqué Gili Regev-Yochay.

Le PDG de Pfizer, Albert Bourla, a reconnu cette moindre protection dans un entretien accordé lundi à BFMTV. Le laboratoire cherche à déterminer les bénéfices de la quatrième dose. « Nous faisons des tests pour connaître les effets de la quatrième dose, mais nous n’avons pas encore les résultats de ces tests. Nous les aurons en mars, nous aurons aussi des données sur l’efficacité des trois doses de vaccin », a souligné Albert Bourla, cité par l’AFP. « Il est important d’avoir trois doses pour une vaccination complète, puis une dose par an », a estimé le PDG de Pfizer.

Le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale et la Haute autorité de santé doivent se prononcer

Le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV) et la Haute autorité de santé (HAS) doivent chacun rendre un avis sur la pertinence d’un tel rappel. Le président du COSV, Alain Fischer, a relevé auprès du Monde l’absence « d’argument décisif, il y a du pour et du contre ». Pour l’immunologue, une éventuelle quatrième dose ne pourrait viser que les personnes « à risque, pas la population générale, qui, de toute façon, ne serait éligible qu’après la vague Omicron ».

Le groupe consultatif technique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la composition des vaccins, a exprimé des réticences dans une déclaration publiée le 11 janvier. « Compte tenu de l’offre à court et à moyen terme des vaccins disponibles, de la nécessité d’assurer l’équité en matière d’accès aux vaccins dans tous les pays pour atteindre les objectifs mondiaux de santé publique et de considérations programmatiques telles que la demande de vaccins et l’évolution du virus, il est peu probable qu’une stratégie de vaccination fondée sur une multiplication des doses de rappel du vaccin sous sa forme d’origine soit adaptée ou durable », analyse le groupe dans ce document, mis en ligne sur le site de l’OMS.

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