Covid-19 : faut-il avoir peur du variant Omicron ?

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© Xose Bouzas/Hans Lucas via Reuters Connect

Le variant Omicron arrive en France. Pour la première fois sur le territoire national, un cas positif à ce variant du Covid-19 a été reconnu sur le territoire national, à La Réunion. La personne touchée est un « homme de 53 ans », qui, de retour d’un voyage au Mozambique « a fait escale en Afrique du Sud » avant son arrivée sur l’île, a annoncé mardi 30 novembre le microbiologiste Patrick Mavingui au micro de la radio Réunion la 1ère radio, rapporte l’Agence France-Presse (AFP). Le patient « souffre de douleurs musculaires et de fatigue », a précisé le scientifique. Il a été placé à l’isolement ainsi que son entourage, selon l’AFP.

L’unité de mixte de recherche Processus infectieux en milieu insulaire tropical (Pimit), où travaille Patrick Mavingui, a été mobilisée « en urgence » dimanche soir, afin de réaliser « le séquençage de six tests », a indiqué le scientifique. « Les résultats sont arrivés il y a quelques heures [...], il y a un cas positif », tandis que les cinq autres prélèvements sont négatifs.

Le ministère des Solidarités et de la santé rapportait dimanche que « huit cas possibles » de contamination au variant Omicron avaient « été repérés sur le territoire national ».

« Le séquençage des prélèvements de ces patients est priorisé ou en cours d’organisation afin de disposer d’une confirmation diagnostique dans les meilleurs délais », précisait le communiqué ministériel.

Pour le ministère, la définition des « cas possibles » recouvre toutes « les personnes s’étant rendues en Afrique australe dans les 14 derniers jours et ayant un résultat positif avec un criblage négatif pour les mutations retrouvées dans les autres variants préoccupants (alpha, bêta, gamma, delta) ». Mais « une confirmation par séquençage », pouvant « prendre plusieurs jours », est nécessaire.

Pas d’entrée en France pour les voyageurs en provenance de sept pays

Le gouvernement n’envisage pour le moment pas de renforcer la fermeture des frontières décidée pour certains pays, a assuré mardi son porte-parole, Gabriel Attal, sur Europe 1

Mais depuis le 26 novembre, « les voyageurs en provenance d’Afrique du Sud, du Lesotho, du Botswana, du Zimbabwe, de Mozambique, de Namibie et d’Eswatini, quel que soit leur statut vaccinal », n’ont plus le droit d’entrer en France, est-il écrit sur le site gouvernement.fr.

« Les personnes ayant voyagé au cours des 14 derniers jours dans l’un de ces pays sont invitées à se signaler aux autorités et à réaliser dans les meilleurs délais un test de dépistage RT-PCR », selon le communiqué gouvernemental.

Un variant signalé « pour la première fois à l’OMS en Afrique du Sud »

« Le variant B. 1. 1.529 a été signalé pour la première fois à l’OMS en Afrique du Sud le 24 novembre », a fait savoir deux jours plus tard sur son site l’Organisation mondiale de la santé, précisant que « le premier cas confirmé connu d’infection » par ce variant « a été identifié sur un échantillon prélevé le 9 novembre ».

« La situation épidémiologique en Afrique du Sud s’est caractérisée par trois pics distincts de cas signalés, le dernier pic en date étant principalement dû au variant Delta. Au cours des dernières semaines, le nombre d’infections a fortement augmenté, à un moment coïncidant avec la détection du variant B. 1. 1.529 », remarque l’OMS dans une déclaration. « Le nombre de cas dus à ce variant paraît augmenter dans presque toutes les provinces d’Afrique du Sud », est-il encore écrit.

D’après l’Organisation mondiale de la santé, le nouveau variant « présente un grand nombre de mutations, dont certaines sont préoccupantes ». L’OMS fait un autre constat inquiétant. « Les premiers éléments semblent indiquer qu’il présente un risque accru de réinfection par rapport à d’autres variants préoccupants. » Ce qui signifie que les personnes déjà atteintes par le Covid-19 sont davantage susceptibles d’être à nouveau positives.

S’appuyant sur l’éclairage d’un groupe consultatif qui s’est réuni le 26 novembre au sujet du variant, l’organisation adresse plusieurs recommandations à ses 192 Etats membres, notamment la « surveillance » et le « séquençage, afin d’avoir une meilleure connaissance des variants ».

« Une certaine importance pour la santé publique mondiale »

Les « variants préoccupants » sont liés « à un ou plusieurs des changements suivants, qui ont une certaine importance pour la santé publique mondiale » :

  • une augmentation de la transmissibilité ou une évolution préjudiciable de l’épidémiologie du Covid-19 ;
  • une hausse de la virulence ou une modification du tableau clinique ; 
  • une diminution de l’efficacité des mesures de santé publique et sociales ou des outils de diagnostic, des vaccins et des traitements disponibles.

L’opinion partagée des patrons de Moderna et Pfizer

La découverte du variant Omicron a replacé les projecteurs du monde entier sur les laboratoires qui produisent les vaccins anti-Covid depuis un an. Particulièrement sollicités, les patrons de Moderna et Pfizer ne cachent pas leur manque de visibilité quant à l’efficacité de leurs dispositifs face à ce nouveau variant. Toutefois, Albert Bourla, président-directeur général du laboratoire américain Pfizer, s’est récemment dit persuadé que les trois doses de son vaccin permettront de protéger la population du variant Omicron. À l’inverse, le PDG de Moderna, Stéphane Bancel, dit craindre une « baisse significative » de l’efficacité des vaccins face à cette nouvelle forme de Covid-19. 

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