Covid-19 : les tests de dépistage rapides antigéniques généralisés

Dans son interview à la télévision ce mercredi soir, Emmanuel Macron a annoncé le déploiement des tests antigènes rapides, qui permettent de vérifier si une personne est infectée par la Covid-19 en 15 à 20 minutes. 

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© Ralf Geithe

Les tests de dépistage rapides du coronavirus, dits « tests antigéniques », arrivés en France début septembre, vont se déployer largement dans les semaines à venir. Moins fiables que les tests PCR, ils sont plus efficaces pour tester à grande échèle en cas de doute et orienter les diagnostics en raison de leur facilité de traitement, alors que les laboratoires sont engorgés. 

C'est donc le déploiement d'une politique de dépistage de masse qui s'annonce. Voici ce qu'il faut savoir sur ces tests. 

Comment fonctionne un test antigénique rapide ?

Comme les tests virologiques par PCR (ou RT-PCR), les tests antigéniques sont réalisés à partir de prélèvements dans les narines à l’aide d’un écouvillon. Il est aussi possible de réaliser un prélèvement « des voies respiratoires basses », indiquait la Haute autorité de santé (HAS) dans une brochure sur les différents tests publiée le 18 mai dernier.

Mais contrairement aux tests PCR qui nécessitent une analyse lourde en laboratoire pour savoir si les cellules prélevées contiennent du matériel génétique du virus, les tests rapides repèrent des protéines du virus en quelques minutes. Les particules prélevées sont mélangées avec un réactif sur une bandelette ou dans un tube et une réaction colorée apparaît si le test est positif, comme pour un test de grossesse. Ici, pas besoin de passer par une machine en laboratoire.

En combien de temps a-t-on le résultat ?

Alors que les tests RT-PCR nécessitent trois à six heures d’analyse – sans tenir compte des délais d’acheminement jusqu’aux laboratoires, les tests antigéniques sont rapides. En 15 à 20 minutes, on a le résultat qui est communiqué dans la foulée, contre 24 heures au minimum pour les tests RT-PCR. « 80 % sont rendus en moins de 36 heures », selon le ministre de la Santé.

« On devra encore faire la queue dans les laboratoires, mais ce qui va changer c'est qu'on va gagner beaucoup de temps pour le rendu du résultat», a expliqué au Parisien l'infectiologue Benjamin Davido, de l'hôpital Raymond-Poincaré, à Garches (Hauts-de-Seine).

Les tests antigéniques sont-ils fiables ?

« Les tests antigènes rapides ne comportent pas de phase d’amplification et ne détectent le virus que lorsqu’il est présent à titre élevé », expliquait en avril dernier l'immunologiste Eric Muraille, rattaché à l'université libre de Bruxelles, dans un texte paru sur The Conversation.

Ils sont donc moins fiables que les tests RT-PCR. En cas de résultat négatif, l’immunologiste conseille de confirmer le test antigène rapide par un test RT-PCR.

Quel est l’intérêt de ces tests rapides ?

Ils sont, néanmoins, un outil intéressant pour trier rapidement les personnes probablement contaminées, dans les aéroports ou à l’accueil des hôpitaux par exemple, et leur permettre de s’isoler rapidement.

Où vont-ils être déployés ?

Comme l’a indiqué le ministre de la Santé, les tests rapides vont être déployés, dans un premier temps, en Ile-de-France. « On devrait démarrer à partir de mercredi à l’AP-HP », l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, a précisé Olivier Véran.

Selon Le Parisien, l’AP-HP a commandé 100 000 tests au groupe sud-coréen SD Biosensor Inc et un arrêté doit être pris pour en autoriser le déploiement. Si l’expérience est concluante, leur généralisation pourrait être envisagée.

df
Sarah Corbeel
Mis à jour le

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