Covid-19 : les enfants de moins de 12 ans vont-ils être vaccinés ?

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Infirmière, jeune fille, vaccination
Un centre de vaccination à Dinan (Côtes-d’Armor), le 14 septembre. - © Martin Bertrand/Hans Lucas via Reuters Connect

Les autorités sanitaires vont-elles permettre la vaccination des enfants de moins de 12 ans contre le Covid-19 ? Pfizer-BioNTech a révélé lundi 20 septembre les premiers résultats de son essai clinique concernant la vaccination des enfants de 5 à 12 ans.

Le vaccin « est bien toléré, et les effets secondaires sont généralement comparables à ceux observés chez les participants âgés de 16 à 25 ans », a fait savoir Pfizer dans un communiqué diffusé en anglais, sans publier d’étude scientifique détaillant ces résultats. Dans le cadre de l’essai, 2 268 participants ont reçu deux injections. 

Après transmission des résultats de Pfizer à l’administration fédérale américaine des denrées alimentaires et du médicament (Food and drug administration) concernant les enfants âgés de 5 à 11 ans, l’éventuelle autorisation de mise sur le marché d’urgence pourra intervenir aux Etats-Unis « à la fin de l’automne » ou « au début de l’hiver », selon Le Figaro, s’appuyant sur des informations « de hauts responsables fédéraux ».

À la fin 2021, les données concernant la vaccination des enfants de 6 mois à 5 ans seront transmises à la Food and drug administration. Le laboratoire compte solliciter une autorisation de mise sur le marché en Europe, « si les résultats d’efficacité et de sécurité sont satisfaisants », d’après le quotidien. L’essai du vaccin KidCove, développé par Moderna, « suit un calendrier assez proche ».

Depuis le 15 juin, en France, la vaccination des enfants de 12 à 16 ans est autorisée. Des vaccins développés par Pfizer-BioNTech et Moderna peuvent leur être proposés.

Un nombre « faible » de participants

Les scientifiques examinent avec prudence les données de Pfizer, à l’image de l’infectiologue Odile Launay.

« On n’a pas lu ces résultats, et ils ont inclus dans ces essais 2 000 enfants, ce qui est faible pour être assuré qu’on n’aura pas d’effets indésirables », a observé lundi, au micro de France Info, cette professeure à l’université de Paris.

Pour elle, avant de permettre « à large échelle » la « vaccination chez l’enfant qui ne fait pas de forme grave ou de façon très limitée, on doit avoir plus de données sur un nombre plus important d’enfants ».

« Ce que l’on sait, c’est que le bénéfice pour l’enfant est relativement limité dans la mesure où le Covid n’est pas une maladie grave chez l’enfant. Donc, on doit avoir la possibilité d’évaluer de la façon la plus précise possible les risques, les effets indésirables fréquents et plus rares. Sur 2 000 enfants, on n’en a absolument pas la possibilité », a précisé Odile Launay, considérant l’impératif d’examiner les bénéfices et les risques de la vaccination.

« Fermetures des classes » et « conséquences psychologiques, voire psychiatriques »

Au-delà du risque de développer des formes graves de Covid-19, des scientifiques notent la nécessité de tenir compte d’autres répercussions de l’épidémie, individuelles et collectives, comme l’immunologue Alain Fischer. 

Le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale estimait ouvert à la mi-août le sujet de la vaccination des plus jeunes enfants. « La question de la vaccination des moins de 12 ans se pose parce qu’on sait qu’avec le variant Delta, ce virus circule davantage chez les enfants. Et même s’ils font moins de formes sévères que les adultes, il y a quelques formes graves chez l’enfant, comme le syndrome multi-inflammatoire (PIMS). Et il peut aussi y avoir les conséquences indirectes comme des fermetures des classes et la perturbation du rythme scolaire, ce qui peut avoir des conséquences psychologiques, voire psychiatriques dans quelques cas », a remarqué Alain Fischer dans un entretien publié le 13 août par le site du magazine Science et avenir.

Emmanuel Macron ouvert à la vaccination des enfants de moins de 12 ans

L’exécutif ne rejette pas la vaccination des enfants de moins de 12 ans. « Dès que les scientifiques nous dirons ‘‘On l’ouvre aux plus jeunes’’, on le fera », a expliqué Emmanuel Macron, au cours de la visite d’une école, à Marseille, le 2 septembre.

« Il y aussi des gens qui s’inquiètent, il faut écouter tout ça. Et puis, jusqu’à présent, les enfants ils attrapent le Covid, mais c’est rarement des formes graves quand même, et donc c’est ça aussi que regardent les scientifiques », a rappelé le président de la République.

Interrogée par Dossier Familial, la Haute autorité de santé (HAS) indique ne pas prévoir de rendre un avis sur la vaccination des enfants de moins de 12 ans.

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