Covid-19 : le risque d’une quatrième vague plane sur la France

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Terrasse, café, clients, serveur, Bordeaux
© Valentino Belloni/Hans Lucas/Reuters

La population profite du relâchement des mesures de restrictions sanitaire, intervenu le 17 mai, accru les 9 et 30 juin. Le 9 juillet, les équipes des discothèques qui le souhaitent vont pouvoir rouvrir leurs portes. Mais « l’impression d’un jour sans fin », évoquée par le président de la République, Emmanuel Macron, dans son discours du 28 octobre 2020, est susceptible de resurgir dans l’esprit de nombreux Français à l’automne. Jean-François Delfraissy, qui préside le conseil scientifique, chargé d’éclairer l’exécutif dans la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19, anticipe la survenue d’une quatrième vague.

« Je crois qu’on aura une quatrième vague mais qu’elle va être beaucoup plus nuancée que les trois premières, car il y a un niveau de vaccination qui n’est pas du tout le même », a expliqué mercredi 30 juin sur France Inter l’infectiologue, cité par l’Agence France-Presse (AFP).

Jean-François Delfraissy a rappelé le rebond de l’épidémie à l’automne 2020. « On doit se souvenir de ce qui s’est passé durant l’été de l’an dernier. On était à des chiffres à peu près comparables fin juin 2020 et on a vu arriver la deuxième vague en septembre. Et là-dessus arrive ce variant Delta qui a un niveau de transmission qui est nettement plus élevé », a observé le président du conseil scientifique.

La moitié de la population a reçu au moins une dose de vaccin

Dans une étude parue mardi 29 juin, l’Institut Pasteur a mesuré le poids que représentent les personnes non vaccinées sur la dynamique de l’épidémie. 

« Les personnes non vaccinées contribuent douze fois plus que les personnes vaccinées à la transmission du virus », écrivent les auteurs en anglais. L’étude en est encore au stade de la prépublication : elle n’a pas été approuvée par un comité de lecture d’une revue scientifique.

La population a franchi le seuil de 50 % de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin. D’après des données du ministère des Solidarités et de la santé arrêtées au 29 juin et mises en ligne le lendemain, 33,74 millions de personnes ont reçu au moins une dose, 22,3 millions de personnes étant entièrement vaccinées.

Le gouvernement souhaite qu’à la fin du mois août, 40 millions de personnes aient reçu au moins une injection, 35 millions soient complètement vaccinées.

Une extension possible de la vaccination pour les soignants

L’exécutif envisage de rendre la vaccination obligatoire, au moins pour les soignants. Interrogé mercredi lors de la séance des questions au gouvernement par Claude Malhuret, sénateur du groupe Les Indépendants - République et territoires, Jean Castex s’est élevé contre les soignants réticents. « Je suis comme tous les Français, choqué [...] quand on voit l’épidémie se réintroduire [...] par l’entremise de celles et ceux dont c’est la vocation de protéger et de soigner. Ce n’est pas admissible », a lancé le Premier ministre, cité par l’Agence France-Presse (AFP). Les autorités ont identifié un cluster dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) situé dans les Landes.

Les ministres Olivier Véran (Solidarités et santé) et Brigitte Bourguignon (déléguée chargée de l’Autonomie) avaient adressé une lettre aux directeurs des hôpitaux et des maisons de retraite. Ce courrier, daté du 28 juin, affiche l’« objectif [...] que, d’ici au mois de septembre, au moins 80 % des professionnels des Ehpad et des établissements de santé aient reçu au moins une dose », rapporte l’AFP.

Faute d’atteinte de cet objectif, le gouvernement ouvrira « la voie d’une obligation vaccinale pour les professionnels de santé ».

Mais ne sera-t-il pas trop tard à la fin de l’été pour éviter la quatrième vague ? Comme l’a souligné mercredi sur Twitter l’ingénieur Guillaume Rozier, « l’impact de la vaccination sur la rentrée de septembre devrait se jouer dans les prochains jours », suivant les délais d’immunité après les injections.

« Il faut vacciner autour de 60 % de la population mondiale pour stopper l’épidémie »

L’éventuelle fin de l’épidémie de Covid-19 n’est pas pour 2021. « Il faut vacciner autour de 60 % de la population mondiale pour stopper l’épidémie, a indiqué au Monde Bruce Aylward, conseiller du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est beaucoup de vaccins, mais nous en avons déjà fabriqué 3,5 milliards, donc les doses seront disponibles. » L’OMS souhaite « une couverture vaccinale de 10 % d’ici à fin septembre et de 30 % à 40 % d’ici à la fin de l’année », rappelle Bruce Alyward. « Les 70 % pourraient être atteints mi-2022 », selon l’expert.

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