Covid-19 : le confinement le week-end est-il efficace ?

Ce jeudi, le gouvernement pourrait annoncer un confinement le week-end de l’Ile-de-France et des Hauts-de-France. Mais cette mesure est-elle suffisamment efficace pour freiner l’épidémie ? Difficile à dire.

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Paris et l'Ile-de-France pourraient être confinés le week-end.
© jacus

Alors que la France est confrontée à une troisième vague de l’épidémie de Covid-19 qui va « taper très dur » jusqu’à la mi-avril selon Emmanuel Macron, le Premier ministre, Jean Castex, annoncera en fin de journée de nouvelles restrictions en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France, deux régions particulièrement touchées par l’accélération de la circulation du virus. Les mesures entreront en vigueur dès ce week-end. Si les concertations avec les élus vont se poursuivre au cours de la journée, la piste d’un confinement le week-end est privilégiée. Mais est-ce efficace ?

La mesure est appliquée sur le littoral des Alpes-Maritimes et dans le Dunkerquois depuis le 27 février, et dans le Pas-de-Calais depuis le 6 mars mais ses effets sont encore difficilement mesurables sur la situation sanitaire.

Baisse du taux d’incidence et du taux de positivité

A première vue, lorsqu’on regarde le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants sur sept jours glissants, le confinement le week-end semble porter ses fruits. Dans la communauté urbaine de Dunkerque, il est passé en trois semaines de 1 039 à 515 cas, d’après les chiffres communiqués mardi par le directeur du Centre hospitalier de Dunkerque. Même constat dans les Alpes-Maritimes, où le taux d’incidence est passé en trois semaines de plus de 600 à près de 450.

Sauf que ces mesures ont été mises en place en période de vacances scolaires qui, comme on le sait, contribue à freiner un peu l’épidémie. « Les vacances ont pris fin le 8 mars à Nice et à Dunkerque donc il faut encore attendre un peu pour voir l'effet propre du confinement le week-end », estime dans Le Figaro Pascal Crépey, épidémiologiste à l'École des hautes études en santé publique. « Les vacances ont pris fin le 8 mars à Nice et à Dunkerque donc il faut encore attendre un peu pour voir l'effet propre du confinement le week-end ». De plus, dans les Alpes-Maritimes, la baisse avait déjà commencé avant que ne soit appliqué le confinement le week-end et elle est biaisée par le fait que le nombre de tests réalisés a nettement diminué, même s’il remonte depuis trois jours.

Par ailleurs, « le taux d’incidence tout seul est beaucoup trop fragile pour en tirer des conclusions sur l’évolution de l’épidémie », souligne Pascal Crépey dans Le Parisien. Si on regarde le taux de positivité, c’est-à-dire le nombre de personnes positives rapporté au nombre de personnes testées, « on observe une baisse une dizaine de jours après la mise en place de la mesure », note Guillaume Rozier, responsable de CovidTracker, sur Twitter. Mais il reste élevé.

 

La pression hospitalière est toujours élevée

Quant à la situation dans les hôpitaux, elle reste tendue. Dans les Alpes-Maritimes, les hospitalisations sont toujours en hausse régulière (732 patients le 16 mars, dont 126 en soins intensifs). Lundi 16 mars, le centre hospitalier de Dunkerque accueillait encore 96 patients Covid, dont 14 en réanimation. « Un chiffre très haut qui ne traduit pas une baisse de la pression sur l'hôpital », expliquait sur France 3 le Docteur Paupard, gastro-entérologue, responsable du service de gastro-entérologie et président de la Commission médicale d’établissement (CME). « Les mesures de confinement du week-end donnent un résultat sur le taux d’incidence », s'était félicité mercredi dernier Benoît Vallet, directeur de l'ARS Hauts-de-France, avant d’ajouter « pour qu’il se traduise au niveau hospitalier, il faut encore 10 à 15 jours ».

Même si une amélioration de la situation à l’hôpital se confirmait, il n’est pas possible d’avancer qu’un confinement deux jours par semaine aurait les mêmes effets en région parisienne. « Si on ne veut absolument pas confiner strictement la population sept jours sur sept, l’imposition du télétravail pourrait être plus justifiée scientifiquement qu’un confinement le week-end », estime Pascal Crépey, dans Le Parisien. En attendant, de nombreux soignants considèrent qu’il faudrait mieux instaurer un confinement toute la semaine et pas seulement le week-end.

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