Covid-19 : bientôt des capteurs de CO2 et purificateurs d’air dans les classes ?

3 min de lecture

Retrouvez ce contenu dans votre compte en cliquant sur ce lien

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
© Annie Beauregard

Alors que la rentrée scolaire, le 2 septembre prochain, se fera en présentiel pour les 12,4 millions d’élèves du primaire au lycée, la forte contagiosité du variant Delta fait craindre une multiplication des contaminations au Covid-19 dans les établissements scolaires. Pour limiter la propagation du virus, le protocole sanitaire retenu donne notamment pour consigne une aération renforcée des locaux. Les enseignants sont ainsi invités à ouvrir les fenêtres « au moins 15 minutes le matin avant l’arrivée des élèves, pendant chaque récréation, pendant les intercours, au moment du déjeuner et pendant le nettoyage des locaux. Une aération d’au moins 5 minutes doit également avoir lieu toutes les heures ». Un geste qui pourrait être simplifié avec l’installation de nouveaux dispositifs : les capteurs de CO2. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, s’est dit favorable àune généralisation de ces boîtiers dans les écoles, ainsi que des purificateurs d’air lorsque c’est nécessaire. Une première recommandation à ce sujet avait déjà été émise en avril dernier. Mais est-ce possible ?

A quoi servent les capteurs de CO2 et les purificateurs d’air ?

Les capteurs de CO2 sont des petits boîtiers qui mesurent la concentration en gaz carbonique dans l’air et permettent ainsi de savoir quand il est nécessaire d’aérer une pièce. Ils « agissent comme des thermomètres » du CO2, a expliqué le ministre. Si le voyant est vert, tout va bien. S’il est orange, il faut renouveler l’air et s’il passe au rouge, il est urgent d’aérer la pièce.

Quant aux purificateurs d’air, ils aspirent l’air ambiant et le filtrent en le débarrassant des particules en suspension.

Ces dispositifs sont-ils efficaces pour limiter la propagation du virus ?

A première vue, une ouverture régulière des fenêtres pour renouveler l’air peut sembler suffire. Pourtant, ce n’est pas le cas, selon le physicien François Pétrélis, membre du Projet CO2, un groupe ayant pour but « d’informersur l'intérêt de la mesure du CO2 pour améliorer l'aération des locaux et ainsi limiter la dissémination du Covid-19 par voie aérosol ». Dans une interview à Marianne, il explique que « les capteurs de CO2 ne sont pas des gadgets et sont importants pour assurer un confort dans une salle ».« Le problème, c'est que tout le monde pense aérer correctement, moi le premier, poursuit François Pétrélis. Mais en réalité, cela n'est jamais suffisant et ces appareils permettent de savoir précisément quand aérer et pendant combien de temps ». Dans un avis rendu en avril dernier, le Haut conseil de la santé publique recommande de ne pas dépasser 800 ppm dans un milieu clos.

Quant aux purificateurs d’air, le ministre de l’Education nationale les préconise dans les salles « impossibles à aérer suffisamment par les fenêtres ». Reste que pour l’épidémiologiste Catherine Hill, interviewée dans l’Obs, si ces engins ne peuvent pas « faire de mal aux écoles et aux élèves qui y sont », ils ne permettront pas d’endiguer l’épidémie. « Vacciner, tester très régulièrement : voilà les deux seules façons de le faire », explique-t-elle.

La généralisation de ces appareils dans toutes les classes est-elle possible ?

Pour l’instant, cela semble peu probable, leur installation étant à la charge des collectivités territoriales. Or, ces appareils ont un coût. Il faut compter entre 70 et 400 € pour un capteur de CO2 de qualité et entre 1 000 et 1 500 € pour un purificateur de qualité, d’après le Projet CO2. Si certains territoires ont commencé à équiper leurs établissements comme Lille, Cannes ou le département de l’Orne, d’autres n’en ont pas les moyens. Jean-Michel Blanquer a promis d’aider les collectivités « qui auraient des difficultés pour aller vite dans cet investissements nécessaire et raisonnable ».

A lire aussi