Covid-19 : 46 millions de Français soumis au couvre-feu

Une semaine après l’instauration du couvre-feu de 21h à 6h du matin en Île-de-France et dans huit grandes métropoles, le Premier ministre Jean Castex a annoncé ce jeudi 22 octobre que cette mesure restrictive sera étendue à une quarantaine de territoires supplémentaires ce week-end. Avec 40 000 nouveaux cas de Covid-19 sur les dernières 24h, la France a battu un record européen. 

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© Dossier Familial

De nouveau en vigueur dans tout le pays depuis le 17 octobre, l'état d'urgence sanitaire devrait être prolongé par l'exécutif jusqu'au 16 février prochain afin de permettre la mise en place des restrictions supplémentaires liées à la lutte contre la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19

Plusieurs territoires métropolitains ont ouvert le bal en matière de couvre-feu de 21h à 6h du matin : la région Île-de-France ainsi que huit métropoles : Marseille, Lyon, Toulouse, Lille, Montpellier, Grenoble, Saint-Etienne et Rouen. Ce jeudi 22 octobre, le Premier ministre Jean Castex est intervenu à l’occasion d’une nouvelle conférence de presse organisée pour faire le point sur la situation sanitaire du pays. Il a annoncé l'élargissement des mesures de couvre-feu à une quarantaine de nouveaux départements, alors que la France a enregistré un record de 40 000 nouveaux cas Covid-19 ces dernières 24 heures. 

La moitié du pays en « confinement nocturne »

Ainsi, en plus de l’Île-de-France, les départements de chacune des métropoles déjà concernées par le couvre-feu de 21h à 6h du matin devront se soumettre à cette restriction, à savoir : les Bouches-du-Rhône, le Rhône, la Haute-Garonne, la Loire, l’Isère, le Nord, l’Hérault et la Seine-Maritime.

A cette liste s’ajoute désormais 38 autres départements plus la Polynésie française où la situation sanitaire se dégrade à un point tel que le couvre-feu y entrera également en vigueur tous les jours à partir de samedi. Ces nouvelles zones concernées sont les suivantes :

Ain, Alpes-Maritimes, Ardèche, Ardennes, Ariège, Aube, Aveyron, Bas-Rhin, Calvados, Corse-du-Sud, Côte-d'Or, Drôme, Gard, Hautes-Alpes, Haute-Corse, Haute-Loire, Hautes-Pyrénées, Haute-Savoie, Haute-Vienne, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Jura, Loiret, Lozère, Maine-et-Loire, Marne, Meurthe-et-Moselle, Oise, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales, Saône-et-Loire, Savoie, Tarn, Tarn-et-Garonne, Var, Vaucluse. 

« C'est une mesure préventive que j'assume. » (Jean Castex)

Le couvre-feu doit durer au moins six semaines comme l'a rappelé Jean Castex, qui a précisé que ces restrictions pourraient faire l'objet d'une réévaluation en fonction de l'évolution de la situation sanitaire dans une semaine. 

Des mesures nationales liées à l’état d’urgence

Samedi 17 octobre dernier, l’état d’urgence sanitaire est de nouveau entré en vigueur partout en France. Des mesures nationales en découlent, elles s’appliquent à tous, sans distinction de département.

Ainsi, le nouveau protocole sanitaire qui s’applique aux restaurateurs vaut partout sur le territoire français : maximum six clients par table, port du masque obligatoire sauf pour manger et boire, mise à disposition d’un registre de contact… etc.

Par ailleurs, les fêtes privées pouvant se dérouler dans des lieux accueillant du public (mariages, anniversaires, soirées étudiantes…) sont proscrites partout en France.

Des zones d’alerte toujours en vigueur

Même si elles semblent de moins en moins pertinentes au regard de l’élargissement des mesures mises en place grâce à l’état d’urgence sanitaire, comme le couvre-feu, les zones d’alerte restent en vigueur pour permettre l’établissement de certaines restrictions.

Ainsi, les gymnases, piscines et salles de sport doivent fermer dans les départements classés en zone d’alerte renforcée. Les universités ne peuvent fonctionner qu’avec une jauge de 50 % de capacité d’accueil des étudiants.

Pour les départements classés en zone d’alerte maximale, ce sont les bars qui doivent garder leur rideau baissé.

Ces mesures spécifiques sont décidées localement par les préfets.

Le télétravail très encouragé en zones soumises au couvre-feu

Si le télétravail ne peut être rendu obligatoire qu’en cas de mise en place d’un confinement, il reste fortement encouragé par le gouvernement particulièrement dans les zones où le couvre-feu est en vigueur.

C’est ce qui ressort du nouveau protocole sanitaire en entreprise qui invite les sociétés qui peuvent se le permettre à définir deux à trois jours de télétravail pour chaque employé, comme l’a préconisé Emmanuel Macron au cours de sa dernière intervention télévisée sur le sujet, le mercredi 14 octobre dernier.

Des aides aux entreprises et aux plus démunis

En plus des dispositifs déjà en place depuis le printemps dernier et le confinement, de nouvelles aides ont été annoncées le 15 octobre dernier par le ministre de l’Économie. Celles-ci visent à aider un peu plus les secteurs particulièrement concernés par l’instauration du couvre-feu : hôtellerie, restauration, monde culturel…

Le locataire de Bercy a notamment promis de nouveaux efforts du gouvernement concernant le fonds de solidarité et l'exonération de cotisations sociales. Par ailleurs, Bruno Le Maire a également annoncé que le dispositif des prêts garantis par l'État (PGE) sera prolongé de six mois, jusqu'en juin 2021.

Par ailleurs, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot a annoncé ce jeudi 22 octobre le déblocage d'une enveloppe exceptionnelle de 115 millions d'euros à destination du secteur de la Culture,  notamment pour venir en aide au spectacle vivant et au cinéma, durement touchés par ces nouvelles restrictions. 

Enfin, les bénéficiaires du RSA et des allocations logement qui vivent dans les zones concernées par le couvre-feu auront une « aide exceptionnelle » de 150 € plus 100 € par enfant. 

Une nouvelle application anti-Covid

Le secrétaire d'Etat à la Transition numérique Cédric O est également intervenu ce jeudi pour présenter aux Français l'application Tous Anti-Covid, une mise à jour de l'application StopCovid lancée avant l'été et qui est considérée comme un échec. 

« Tous Anti-Covid ne sera utile que si nous sommes plusieurs millions à la télécharger. » (Cédric O)

Cette application est d'ores et déjà disponible sur smartphone, à télécharger ou mettre à jour via l'Apple Store et la plateforme Google Play

Par ailleurs, le secrétaire d'Etat a présenté deux autres outils qu'il souhaite utiles aux Français : 

  • DépistageCovidporté par le site Sante.fr, cette plateforme en ligne affiche une carte des laboratoires proposant des tests PCR. Les Français peuvent également y consulter le temps d'attente moyen pour chaque lieu de dépistage. 
  • MesConseilsCovid : une plateforme qui propose un questionnaire ouvert à tous afin d'évaluer son risque face à la maladie. Il sera notamment demandé certaines informations de santé, liées à l'activité professionnelle ou à la condition physique des proches.

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