Coronavirus : quelles mesures pour les prisonniers ?

Pour les prisonniers, désormais privés de parloir, les mesures de confinement liées au Covid-19 s'apparentent à une double peine. La ministre de la Justice tente de faire redescendre la pression et des associations préconisent de libérer les peines courtes et celles des détenus âgés. 

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© Grigorenko

En Italie, les prisons bouillonnent. Surveillants pris en otages, lits incendiés, infirmeries saccagées, grèves de la faim, évasions : les prisons italiennes sont en train de connaître une explosion de violence comme elles n’en avaient pas connu depuis les années de plomb. La suspension des visites est l'étincelle qui a mis le feu aux poudres.

En France, où la surpopulation carcérale bat fréquemment des records, atteignant parfois jusqu’à 200 % des capacités de l’établissement, la situation risque également déraper.

Pas de parloir, pas de masque

Suite au confinement, le parloir et les droits de visite ont été supprimés, ainsi que les activités nécessitant les intervenants extérieurs. S’ajoutent à cela des restrictions de travail ou de sport, ainsi que le manque de masque pour le personnel et les détenus.

Plusieurs incidents se sont déjà produits dans les prisons de Grasse, Argentan, Angers, Maubeuge ou Bois-d’Arcy. Le 17 mars, un premier détenu est mort des suites du coronavirus à la prison de Fresnes.

40 € de téléphone et la télé gratuite

Pour faire baisser la pression, la ministre de la justice Nicole Belloubet a annoncé dans un communiqué des mesures d’accompagnement :

  • Gratuité de la télévision
  • Un crédit téléphone de 40 euros par mois pour rester en contact les proches
  • Un crédit de 40 euros pour « cantiner » c’est-à-dire pour s’acheter des objets de première nécessité pour les détenus les plus pauvres et habituellement ravitaillés par leurs proches.

Nicole Belloubet promet aussi la distribution de 100 000 masques, dans un entretien à 20 Minutes

Libérer des prisonniers ?

C’est ce que proposent les associations pour le respect des droits des détenus : « Nous recommandons de réduire drastiquement le nombre de détenus dans les prisons en aménageant toutes les peines qui sont de courte durée et celle des détenus âgés », déclare à l'AFP Cécile Marcel, directrice de la section française de l'Observatoire international des prisons.

Martine Herzog-Evans, la présidente de la Confédération francophone de la probation, dans une interview pour AEF Info (lien abonné) tient le même discours et propose de libérer les détenus les « moins dangereux » afin d’endiguer la pandémie. « Nous ne sommes pas du tout dans cette optique-là ! », a rétorqué la ministre de la justice. 

df
Henri Presson
Publié le

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