Coronavirus : où en sont les recherches sur les vaccins ?

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© jarun011

Alors que le coronavirus Covid-19 a déjà contaminé près de 500 000 personnes et fait plus de 22 0000 morts à travers le monde, des laboratoires de plusieurs pays sont sur le pied de guerre pour trouver un vaccin efficace. Même si cela prendra 12 à 18 mois pour avoir un vaccin autorisé sur le marché, les initiatives se multiplient. Tour d’horizon.

Le vaccin américain mRNA-1273 : le premier essai mondial

C’est le projet le plus avancé à ce jour. Le vaccin expérimental « mRNA-12733 » a été créé en à peine 42 jours après que le génome du virus Covid-19 a été séquencé par des scientifiques des Instituts nationaux de santé américains (NIH) et de la société de biotechnologies américaine, Moderna Therapeutics, basée à Cambridge dans l'Etat du Massachusetts.

Un record rendu possible par l’utilisation d’une méthode génétique relativement nouvelle qui ne nécessite pas la croissance de grandes quantités de virus. « La méthode de Moderna Therapeutics repose sur l’ARN messager, schématiquement une sorte de version de travail de l’ADN », rapportait fin février BFM Bourse. « Le principe est de programmer l'ARN messager, au sein de l'organisme du patient, afin d'amener ses propres cellules à produire les protéines thérapeutiques nécessaires à le soigner. Une méthode qui permettrait de maximiser l'efficacité des traitements, tout en évitant les réactions immunitaires indésirables fréquentes lorsqu'on injecte une protéine étrangère ».

Un premier essai clinique a débuté le 16 mars sur une femme dans une clinique de Seattle, dans l’Etat de Washington. Elle doit encore passer par plusieurs phases afin de prouver que le vaccin fonctionne et est sécurisé. Au total, 45 volontaires, hommes et femmes âgés de 18 à 55 ans et en bonne santé, vont passer les tests cliniques. S’ils sont concluants, il faudra encore attendre de 12 à 18 mois avant que le vaccin ne doit disponible.

Le vaccin du laboratoire allemand, CureVac

L’entreprise biopharmaceutique allemande CureVac travaille depuis début janvier à l’élaboration d’un vaccin contre le coronavirus à base d’acides nucléiques à ARN messager (ARNm), une technologie qui peut être développée rapidement et aurait été testée avec succès dans un vaccin contre la rage. Elle espère commencer ses premiers essais cliniques au plus tard en juillet. La Commission européenne a offert 80 millions d’euros au laboratoire afin qu’il accélère ses recherches. « J'espère qu'avec ce soutien, nous pourrons avoir un vaccin sur le marché avant l'automne », a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. L’institut Robert Koch qui coordonne la lutte contre le virus en République Fédérale estime toutefois qu’il faudra attendre 2021 pour commencer les vaccinations.

Le laboratoire français Sanofi développe deux vaccins

Le laboratoire français Sanofi a noué deux collaborations en vue de développer un candidat-vaccin contre le coronavirus. Depuis février, il collabore avec la BARDA (Biomedical Advanced Research and Development Authority), qui dépend du ministère américain de la Santé, en vue de développer un vaccin en utilisant la technologie de recombinaison de l’ADN, qui est à la base du vaccin de Sanofi contre la grippe. Elle consiste à mélanger de l’ADN d’un autre virus moins offensif et de l’ADN du coronavirus pour obtenir une réponse immunitaire. Sanofi espère pouvoir disposer d’un candidat vaccin dans moins de six moins et entrer en essai clinique dans environ un an à un an et demi.

Le laboratoire Sanofi a, par ailleurs, annoncé vendredi 27 mars préparer un deuxième vaccin avec Translate Bio, une entreprise américaine spécialisée dans le développement de médicaments à ARN messager. « Notre collaboration prendra appui sur la plateforme ARNm innovante de Translate Bio et sur le savoir-faire de Sanofi en matière de vaccins, ainsi que sur les recherches en cours sur le Covid-19 en vue de faire rapidement entrer un candidat-vaccin à ARNm en phase clinique », a expliqué le directeur général de Translate Bio, Ronald Renaud, dans le communiqué.

L’Institut Pasteur prépare un vaccin dérivé de celui de la rougeole

A l’Institut Pasteur, les chercheurs travaillent sur l’élaboration d’un vaccin basé sur celui de la rougeole. Le Covid-19 appartient, en effet, à la même famille de virus. Une première version pourrait être disponible à l’automne prochain.

La Chine teste un premier vaccin sur 108 volontaires

La Chine a commencé vendredi 20 mars son premier essai clinique pour tester un vaccin contre le Covid-19. 108 volontaires âgés de 18 à 60 ans et originaires de la ville de Wuhan, répartis en trois groupes, seront suivis pendant six mois.

Les autres pistes à l’étude

Des chercheurs néerlandais analysent l’effet du vaccin BCG contre la tuberculose sur le coronavirus. Selon le Figaro, ce vaccin permettrait de booster le système immunitaire, grâce à des effets secondaires positifs, et peut-être protéger contre le coronavirus. Le vaccin BCG « ne protège pas directement du Covid-19 mais pourrait apporter un coup de pouce au système immunitaire », note le site d’actualités médicales belge Le Spécialiste.

La Russie a entamé des tests sur des animaux et espère des résultats d’ici juin. Au Japon, la société biopharmaceutique Anges va tester prochainement un vaccin ARN sur des animaux.

Le virus mute lentement

La bonne nouvelle dans la course à l’élaboration d’un vaccin est que le virus muterait lentement, rapporte Business Insider. Des experts qui ont suivi la propagation du Covid-19 ont conclu que la mutation de celui-ci était plus lente que celle d’autres virus respiratoires comme la grippe. Cette découverte signifie qu’il ne deviendrait pas plus dangereux qu’aujourd’hui et qu’un vaccin pourrait avoir un effet durable.

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