Coronavirus : le sport en intérieur proscrit dans 12 métropoles

Le sport en intérieur est dans le viseur du ministre de la Santé Olivier Véran dans le cadre de sa stratégie de lutte contre le Covid-19. Dans plusieurs grandes villes, dont Paris, Lyon et Marseille, les clubs de sport vont fermer au public tout comme les gymnases et les salles polyvalentes. Une décision qui suscite la colère des professionnels du secteur. 

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© Nando Martinez

C’est une composante des annonces faites mercredi 23 septembre au soir par le ministre de la Santé Olivier Véran au cours de sa conférence de presse consacrée à la lutte contre la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 en France. Dans les zones d’alerte dites « renforcée » et « maximale », les salles de sport et gymnases seront fermés au public à partir de ce lundi 28 septembre.

Une décision radicale à mettre sur le même plan que la fermeture des bars et des restaurants en métropole marseillaise ainsi qu’en Guadeloupe, deux territoires parmi les plus touchés par le coronavirus actuellement.

Quels sont les territoires concernés ?

A partir du début de la semaine prochaine, donc, il ne sera plus possible de se rendre avec son sac de sport dans sa salle préférée pour y lever des haltères ou y faire quelques enjambées sur un tapis de course. Même régime pour les gymnases et autres salles polyvalentes.

Attention ! Ces fermetures ne concernent pour l’instant que quelques territoires, dont douze métropoles : Paris et sa petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis), la métropole d’Aix-Marseille (constituée de 92 communes), La Guadeloupe, Lille, Rouen, Rennes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Nice, Grenoble, Lyon et Saint-Etienne. 

Moins de spectateurs, même en plein air

En plus de la fermeture de divers lieux de pratique du sport, Olivier Véran a également annoncé de nouvelles restrictions relatives aux rassemblements en marge d’évènements sportifs. Ainsi, en Guadeloupe et en métropole marseillaise - les deux territoires en « alerte maximale » - ceux-ci devront se dérouler à huis clos.

Concernant les autres zones en « alerte renforcée », le ministre de la Santé a précisé que la jauge d’accueil des spectateurs allait être abaissé à 1 000 personnes au maximum. Une décision qui pose question notamment à Paris alors que les Internationaux de France de Tennis de Roland-Garros doivent débuter ce dimanche 27 septembre dans la capitale.

Quid des piscines ?

Invité jeudi soir de l'émission Vous avez la Parole sur France 2, le Premier ministre Jean Castex a précisé les annonces d'Olivier Véran. Le locataire de Matignon a annoncé que les piscines publiques couvertes devraient également fermer leurs portes au même titre que les salles de sport et les gymnases dès le lundi 28 septembre. En revanche, les piscines extérieures pourront, elles, maintenir leur activité. 

La colère des élus et professionnels du secteur

L’annonce de la fermeture des salles de sport étaient inattendue et a eu l’effet d’une petite bombe dans le milieu du fitness, déjà durement impacté par le confinement au printemps dernier. Les professionnels du secteur accusent le coup alors que le gouvernement assure depuis ces annonces que l’État se tiendra aux côtés de tous ceux impactés par ces restrictions.

« C’est un véritable cauchemar, un massacre économique en règle (…) je ne sais pas comment nous allons tous nous en sortir. Il y a 5 000 clubs en France, 35 000 salariés, des millions d’adhérents… C’est infernal. Nous avons mis en place des mesures de distanciation, nous avons été extrêmement vertueux. Et pourtant, nous sommes les mauvais élèves » a réagit très amèrement Patrick Joly, le co-fondateur des clubs de sport L’Usine, mercredi soir sur l’antenne de BFM TV.

Dans la foulée, ce jeudi 24 septembre, Anne Hidalgo a également vivement critiqué les nouvelles mesures prises par le gouvernement. La maire de Paris a notamment exprimé son désaccord au travers d’une question lancée à la volée : « En quoi le fait de ne plus pouvoir pratiquer de sport va nous aider alors que le sport fait partie justement de ce qui nous permet d’avoir aussi une meilleure santé, des défenses immunitaires plus importantes ? » 

Quelles aides pour les clubs de sport ?

Créé fin mars par l’Etat et les régions pour venir en aide aux très petites entreprises (TPE), micro-entrepreneurs, indépendants et professions libérales, particulièrement touchées par les conséquences économiques du Covid-19, le premier volet du fonds de solidarité – à savoir une aide mensuelle de 1 500 € maximum – a été prolongé jusqu’à la fin de l’année pour les entreprises de l'hôtellerie, restauration, cafés, tourisme, événementiel, culture et du sport subissant une très forte baisse d’activité. Dans certains cas, une aide complémentaire d’un montant compris entre 2 000 et 10 000 € peut également leur être attribuée par les régions.

Par ailleurs, le dispositif du chômage partiel reste en vigueur tout comme le prêt garanti par l'Etat (PGE) qui permet aux entreprises de toute taille et quelle que soit leur forme juridique de demander à leur banque habituelle un prêt pour soutenir leur trésorerie touchée par la crise liée au Covid-19. Le prêt pourra représenter jusqu’à 3 mois de chiffre d’affaires 2019 ou deux années de masse salariale pour les entreprises créées depuis le 1er janvier 2019. La garantie de l’Etat peut couvrir 90 % du prêt pour les plus petites entreprises.

df
Maxime Trédan
Mis à jour le

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