Coronavirus : faut-il vacciner en masse contre la grippe saisonnière ?

Députés, médecins, pharmaciens… De plus en plus de voix préconisent d’encourager massivement  la vaccination contre la grippe saisonnière pour éviter d’engorger les hôpitaux et cabinets de médecin cet hiver dans le contexte de l’épidémie de Covid-19.

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
4mn de lecture
© Udom Pinyo

L’automne est de retour et, avec lui, une menace que l’on connaît bien : la grippe saisonnière. Alors que la campagne officielle de vaccination antigrippale débutera le 13 octobre, 75 députés de La République en marche ont appelé, dans une tribune publiée le 20 septembre dans Le Journal du Dimanche, à vacciner « massivement » contre la grippe pour éviter de voir cette maladie s’ajouter à l’épidémie de Covid-19.

« A l’approche de l’hiver, le risque est grand de voir s’entrechoquer le Covid-19 avec la grippe, elle-même responsable de 10 000 morts environ chaque année », écrivent-ils. « Cette cohabitation épidémique pourrait s'avérer délétère en entraînant des retards de diagnostics, en provoquant des complications chez les plus fragiles d'entre nous et en engendrant un afflux massif de malades dans les hôpitaux », ajoutent les signataires qui considèrent que se vacciner contre la grippe est « un acte citoyen en faveur de sa santé et de celle des autres ».

Une multiplication des appels à se faire vacciner contre la grippe

Avant même les 75 députés, des médecins et pharmaciens avaient déjà appelé à étendre la couverture vaccinale anti-grippe au-delà des personnes vulnérables traditionnellement ciblées et pour lesquelles le vaccin est remboursé, à savoir les personnes de 65 ans et plus, les personnes atteintes d’une maladie chronique (diabète, insuffisance cardiaque ou respiratoire, etc.) ou d’une obésité sévère et les femmes enceintes.

Dès le 13 mai, l’Académie de médecine recommandait, dans un communiqué, d’encourager la vaccination antigrippale cette année et de la « rendre obligatoire pour tous les soignants et les personnels sociaux en contact avec les personnes vulnérables, en particulier dans les Ehpad, les institutions, les hôpitaux et les crèches ».

Fin août, c’était au tour de sept sociétés savantes de pédiatrie de demander, dans une lettre ouverte, aux parents de vacciner leurs enfants contre la grippe et la gastro-entérite. « La vaccination contre le rotavirus (à l’origine des gastros) en période de pandémie de Covid-19 offrirait deux avantages supplémentaires : d’une part, ne pas alourdir la charge de soins et 'le fardeau' des structures sanitaires en diminuant de façon drastique les épisodes de gastro-entérites chez les petits nourrissons, d'autre part, réduire la fréquence chez l’enfant des opportunités de suspecter le Covid-19 et ses conséquences », indique la lettre ouverte.

Le 9 septembre, les pharmaciens de ville demandaient à pouvoir vacciner l’ensemble des adultes contre la grippe. « Nous voulons étendre la vaccination aux adultes, même à ceux qui ne sont pas dans la cible », avait indiqué Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) lors d’une conférence de presse.

Pourquoi appeler à vacciner ?

Le but de ces appels est avant tout d’éviter une cohabitation épidémique qui risquerait d’engorger les hôpitaux et les cabinets médicaux. Car chaque année, la grippe saisonnière touche entre 2 et 6 millions de Français, entraîne des dizaines de milliers de passages aux urgences et d’hospitalisations et provoque de nombreux décès. Au cours des trois dernières saisons, elle a causé la mort de 8 000 à 14 000 personnes par an, principalement des personnes à risque de complications et notamment les personnes de 65 ans et plus.

Or, « malgré les campagnes de vaccination annuelles, la couverture vaccinale [des populations à risque] reste très insuffisante, bien en-deçà de l'objectif de 75 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé », expliquait la Haute autorité de santé (HAS) en juin dernier. « Pour la saison 2019-2020, seules 45 % d'entre elles s'étaient fait vacciner, dont à peine plus de la moitié des plus de 65 ans (52 %), et moins d'un tiers des moins de 65 ans souffrant d'une affection longue durée (31 %) ».

De même, la couverture vaccinale du personnel soignant demeure insuffisante. « Lors de la saison 2018-2019, elle était estimée à 35 % dans les établissements de santé (67 %, pour les médecins, 48 % pour les sages-femmes, 36 % pour les infirmiers et 21 % pour les aides-soignants) et à 32 % dans les Ehpad (75 % pour les médecins, 43 % pour les infirmiers, 27 % pour les aides-soignants et 34 % pour les autres paramédicaux) », a rappelé l’Académie de médecine dans un communiqué.

Y aura-t-il suffisamment de doses de vaccin ?

Le ministre de la Santé a déclaré lundi 21 septembre que 30 % de doses supplémentaires de vaccin contre la grippe saisonnière avaient été commandées afin d’être en mesure de faire face à la demande.

df
Sarah Corbeel
Publié le

Partager cet article :