Coronavirus : 100 000 policiers et gendarmes exposés au risque de contamination

Les membres des forces de sécurité ont mené plus de 2 millions de contrôles, parfois au mépris des gestes barrières.

Retrouvez ce contenu dans votre compte en cliquant sur ce lien

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
2mn de lecture
Un contrôle à Nice, le 17 mars.
Un contrôle à Nice, le 17 mars. © Eric Gaillard – Reuters

C’est un paradoxe de la crise sanitaire. Quelque 100 000 policiers et gendarmes contrôlent les attestations présentées par les passants et conducteurs pour vérifier que leur présence dans l’espace public correspond bien à un motif de déplacement autorisé et, ainsi, limiter la propagation de la pandémie. Mais, tout comme les personnels soignants et certains autres travailleurs dont les salariés de la grande distribution, les membres des forces de l’ordre s’exposent eux-mêmes au risque d’être victimes du coronavirus et sont susceptibles de le répandre.

Policiers et gendarmes ont déjà mené plus de deux millions de contrôles des attestations et prononcé 123 578 verbalisations depuis le début du confinement, soit le 17 mars à midi, indiquait LCI lundi 23 mars.

Des cas de contamination

De plus en plus de policiers tombent malades. Selon le site d’informations Actu.fr, de nombreux cas de contamination ont été recensés à Paris. Les autorités ont compté 70 policiers contaminés et 5 277 confinés, d’après un article publié le 19 mars par 20 Minutes. Ces chiffres ont très probablement augmenté depuis lors.

Des services de police entiers sont ou ont été en confinement, à Paris ou en dehors. Actu.fr évoque notamment :

  • une brigade de police du XVIIIe arrondissement de Paris ;
  • une unité de sécurisation de lieux de pouvoir.

Le 19 mars, le ministre de l’Intérieur n’est pas parvenu à apaiser les inquiétudes des policiers et des gendarmes. « Je veux passer un message de confiance et rassurer les personnels : non, ils ne sont pas en risque », a dit Christophe Castaner au micro d’Europe 1.

L’Intérieur craint que des policiers fassent valoir leur droit de retrait, qui permet à un travailleur de se retirer d’une situation dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent, explique Le Monde.

Différents syndicats de gardiens de la paix ont transmis le 19 mars « des avertissements au ministère de l’Intérieur », explique le journal. Dans un tract publié sur sa page Facebook, le syndicat Alliance police nationale soutient « un droit de retrait des policiers s’ils n’ont pas masques, gants, gel, matériel sanitaire ». Des équipements dont certains professionnels ne disposent pas.

Un port du masque de protection non permanent

Initialement, le port du masque n’était possible que pour les policiers devant « une personne qui a les signes du Covid-19 ou qui indique » en être atteint, selon Christophe Castaner.

Une position finalement assouplie. Le directeur central de la sécurité publique, Jean-Marie Salanova, a autorisé « le port du masque lors des actions de police mais pas de manière permanente », dans une note consultée par Le Parisien/Aujourd’hui en France.

Les membres des forces de l’ordre doivent en outre respecter la distanciation sociale de 1 mètre par rapport aux personnes contrôlées et éviter de manipuler à la main les attestations et pièces d’identité. Des « gestes barrières » dont le ministre de l’Intérieur a rappelé l’importance. Mais, comme Dossier Familial l’a constaté, ces règles ne sont pas systématiquement respectées.

 

df
Timour Aggiouri
Publié le

Partager cet article :