Covid-19 : voici les lieux les plus à risque

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© Prostock-Studio

« Nous devons collectivement nous ressaisir » sur les gestes barrières, a martelé jeudi 25 novembre le ministre de la Santé, Olivier Véran, lors d’une conférence de presse sur la crise sanitaire, en citant notamment l’aération des pièces, le port du masque et la désinfection des mains. Alors que la situation sanitaire se dégrade en France, ce rappel à l’ordre apparaît plus important que jamais, comme le montre une nouvelle étude de l’Institut Pasteur sur les circonstances et les lieux de contamination par le Covid-19 parue jeudi 25 novembre dans la revue médicale The Lancet Regional Healthet repérée parLe Parisien.

Ce quatrième volet de l’étude ComCor a porté sur la période allant du 23 mai au 13 août, ce qui correspond à la réouverture progressive des lieux publics après le troisième confinement et l’apparition du variant Delta sur le territoire. Il traite les données de 12 634 personnes testées positives et 5 560 personnes-témoins non infectés qui ont répondu à un questionnaire détaillé pour déterminer le risque de contamination selon les lieux fréquentés.

Bars, boîtes de nuit et soirées privées, les lieux les plus à risque

Sans surprise, ce sont les bars, les soirées privées et les boîtes de nuit qui sont les lieux les plus à risque de contamination. Une personne de moins de 40 ans ayant fréquenté un bar avait 90 % de risque supplémentaire d’attraper le Covid-19 que quelqu’un qui n’y serait pas allé.  Un « sur-risque » qui grimpe à 350 % en cas de participation à une fête privée. Les cas de Covid-19 chez les jeunes adultes, en particulier les hommes, ont d’ailleurs bondi entre juin et début juillet, période qui coïncide à la tenue de l’Euro 2021 de football (11 juin-11 juillet). Les boîtes de nuit, qui ont rouvert le 9 juillet, « sont elles-mêmes devenues des lieux à haut risque de transmission, malgré le fait que l’entrée soit limitée aux personnes ayant un passe sanitaire », indique l’étude. Le sur-risque de contamination a été mesuré à +790 % chez les fêtards de moins de 40 ans, et à +270 % pour des adultes plus âgés.

Autres lieux clos favorisant la circulation du virus : les transports. Le sur-risque de contamination était de +20 % dans le métro, +30 % dans le train longue distance, +30 % en voiture et +70 % en avion.

Pas de risque d’infection accru au restaurant

En revanche, les chercheurs n’ont pas observé d’augmentation du risque de transmission sur les terrasses et dans les restaurants, qui ont rouvert le 19 mai en extérieur et le 9 juin en intérieur. C’est « probablement parce qu’on était en plein été et qu’on pouvait largement ouvrir les fenêtres et mettre les gens en terrasse », note le professeur Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, interrogé par l'AFP.

Même constat pour les lieux culturels comme les cinémas ou les théâtres, les salons de coiffure et les commerces, hormis ceux de proximité. « Cela reflète probablement le respect des mesures de prévention et de contrôle des infections (port du masque, hygiène des mains, ventilation améliorée) dans les endroits où la distance physique peut être plus facile à respecter », commentent les chercheurs.

Un risque d’infection accru en présence d’enfants

L’étude ComCor s’est également intéressée à la situation familiale des répondants. Il en ressort que la présence d’enfants dans un foyer augmente le risque de contamination des personnes qui y vivent. Chez les individus âgés de 40 ans et plus, le sur-risque d’infection s’élève à +20 % lorsque l’enfant est au lycée, +30 % lorsqu’il est au collège, +40 % lorsqu’il est à l’école primaire et +90 % s’il a moins de 3 ans. « Cela montre qu'il est important de garder toutes les mesures à l'école, aération et masques », selon le Professeur Fontanet.

Quels enseignements tirer de l’étude ?

« La conséquence pratique [de l’étude], c'est de rappeler l'importance de l'aération et du port du masque », précise Arnaud Fontanet.  « Rien qu'une porte ouverte en intérieur sur un couloir, dans une salle de classe par exemple, c'est déjà quelque chose, même si c'est mieux d'ouvrir une fenêtre », insiste-t-il.

A l’heure où les contaminations flambent, ce n’est donc pas le moment de se rassembler nombreux dans un lieu fermé sans masque. « Si on fait des dîners, ce n’est pas à 12, mais à 4 », ajoute-t-il. Quant à recommander un nombre limité d’invités pour les fêtes de fin d’année comme l’an dernier, le professeur estime que « c’est un peu tôt pour se prononcer. Mais vu la trajectoire que prend l’épidémie, on peut estimer qu’on sera encore dans une situation tendue fin décembre ».

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