Congé indemnisé, droit à la retraite… : le plan du gouvernement pour les proches aidants

Le gouvernement a dévoilé sa stratégie en faveur des aidants pour les années 2020-2022. Congé de proche aidant indemnisé, numéro de téléphone national, diversification des solutions de répit… Voici les principales mesures.

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Aujourd’hui en France, entre 8 et 11 millions de personnes accompagnent au quotidien un proche en perte d’autonomie pour des raisons liées à l’âge, un handicap, une maladie chronique ou invalidante. 37 % des aidants sont âgés de 50 à 64 ans et 57 % sont des femmes, selon le Baromètre 2019 de la Fondation April et BVA. Leur nombre ira croissant dans les années à venir en raison du vieillissement de la population. En 2050, la France devrait, en effet, compter près de 5 millions de personnes de plus de 85 ans, contre 1,5 aujourd’hui. Pour les aider dans leurs tâches, le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé mercredi 23 octobre le lancement d’une stratégie de mobilisation et de soutien en faveur des aidants portant sur la période 2020-2023.

Un congé de proche aidant indemnisé

Déjà annoncée, l’indemnisation du congé de proche aidant pour les salariés, travailleurs indépendants, fonctionnaires et chômeurs indemnisés sera mise en place à partir d’octobre 2020. Le montant de l’allocation sera fixé à un niveau équivalent à celui de l’allocation journalière de présence parentale : 43 euros par jour pour les personnes vivant en couple et 52 euros par jour pour une personne seule. Elle sera versée par les caisses d’allocations familiales et les caisses de la mutualité sociale agricole, à la demande du proche aidant, au moyen d’une télé-procédure simple. La durée de l’indemnisation sera limitée à trois mois pendant toute la durée de la carrière et l’allocation ouvrira des droits à la retraite.

A compter de janvier 2020, le congé de proche aidant pourra être pris tout de suite dès l’arrivée en entreprise, sans attendre un an comme c’est le cas actuellement. Et à partir de novembre prochain, les périodes de congé proche aidant ne compteront plus dans le calcul des droits au chômage afin d’éviter une baisse des allocations.

Un numéro de téléphone et des lieux d’accueil pour accompagner les aidants

Une des priorités du plan est de rompre l’isolement des proches aidants. Pour cela, un numéro téléphonique national de soutien sera mis en place dès 2020. Un réseau de lieux d’accueil labellisés « Je réponds aux aidants » pour les orienter dans le paysage des aides devrait également être créé en 2020 ainsi qu’une plateforme numérique permettant d’identifier l’offre d’accompagnement près de chez soi d’ici à 2022.

Mieux concilier le rôle d’aidant avec la vie professionnelle

Une autre priorité du plan est de faciliter la vie des aidants qui travaillent. Il est ainsi prévu d’assouplir, dès janvier 2020, le congé de présence parentale et l’allocation journalière de présence parentale qui pourront être pris de façon fractionnée, par demi-journées.

Les parcours professionnels de ceux qui ont dû arrêter de travailler pendant longtemps pour accompagner un proche seront facilités dès 2021 avec notamment un nouveau système de reconnaissance de l’expérience acquise en tant que proche aidant.

Le soutien aux proches aidants sera inscrit, dès 2020, parmi les thèmes de la négociation obligatoire dans les entreprises et parmi les critères de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

Diversification des solutions de répit

Le rôle d’aidant est source de stress, de fatigue voire d’épuisement. Aussi, le gouvernement va lancer en 2020 un plan national de renforcement et de diversification des solutions de répit. « D’ici 2022, quelque 200 000 solutions de répit supplémentaires, soit le double de ce qui existe actuellement » seront créées, selon la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, avançant le chiffre de 105 millions d’euros pour y parvenir.

L’Etat s’engage, par ailleurs, à simplifier les démarches administratives pour l’accès à des solutions d’accueil temporaire de personnes en situation de handicap : le passage complémentaire devant la maison départementale des personnes handicapées pour bénéficier d’une orientation vers une structure de répit sera supprimé par décret début 2020.

Puisque le répit ne se conçoit pas seulement à travers l’intervention de structures spécialisées, une expérimentation sera conduite en 2020 pour favoriser l’accueil dans les centres de vacances de « droit commun » des familles avec enfants en situation de handicap.

Epauler les jeunes aidants

40 % des jeunes aidants ont moins de 20 ans et 13 % entre 13 et 16 ans, selon une enquête Novartis/Ipsos de juin 2017. Le gouvernement souhaite mieux les épauler. Le plan prévoit de sensibiliser les personnels de l’Education nationale à repérer et orienter les jeunes aidants. Une expérimentation sera menée en 2020 en Ile-de-France et en Occitanie. L’aménagement des rythmes d’étude (condition d’assiduité et examen) pour les étudiants aidants est également annoncé pour fin 2019.

La stratégie nationale sera financée à hauteur de 400 millions d’euros sur trois ans. Un comité de suivi, présidé par la ministre de la Santé Agnès Buzyn et la secrétaire d’Etat Sophie Cluzel, se réunira deux fois par an pour suivre la mise en œuvre et l’impact des mesures.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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