Covid-19 : comment interpréter la hausse du nombre de patients en réanimation ?

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Soignant, service de réanimation
© Benoit Tessier - Reuters

Malgré la montée en puissance de la campagne de vaccination, le nombre de patients atteints du Covid-19 en réanimation continue de progresser depuis le début du mois de janvier. Entre les 22 et 28 février, les établissements de santé comptaient au total 1 871 nouvelles admissions en réanimation de ces malades, soit une hausse de 4 % par rapport à la semaine précédente, un phénomène explicable par les variants, notamment britannique, selon le point épidémiologique hebdomadaire publié le 4 mars par l’agence Santé publique France. 

Au 9 mars à 14 heures, l’organisme comptabilisait 2 103 admissions en réanimation sur les sept derniers jours.

Rajeunissement de la population des patients en réanimation ?

La campagne de vaccination, qui a débuté à la fin du mois de décembre 2020, induit-elle un rajeunissement de la population des patients en réanimation ? D’après Santé publique France, au 2 mars 2021, sur 3 566 patients en réanimation :

  • 12 avaient moins de 14 ans ;
  • 232 avaient entre 15 et 44 ans ;
  • 1 205 avaient entre 45 et 64 ans ;
  • 1 375 avaient entre 65 et 74 ans ;
  • 742 avaient 75 ans et plus.

D’après l’organisme, « les personnes de 15 à 44 ans présentaient les plus forts taux d’incidence depuis quatre semaines et les indicateurs hospitaliers continuent de progresser pour ce groupe d’âge ». Santé publique France affirmait vouloir examiner « les tendances chez les adultes jeunes […] avec attention dans les prochaines semaines ».

« Si les personnes de 75 ans et plus restaient fortement touchées par le SARS-CoV-2, l’amélioration des indicateurs épidémiologiques depuis la semaine 06 [du 8 au 14 février] dans cette classe d’âge se confirme, ce qui est cohérent avec l’augmentation progressive de la couverture vaccinale dans cette population », analyse l’agence. Santé publique ne fait pas un lien direct entre la vaccination et la hausse de proportion de malades de 15 à 74 ans en réanimation. Le Figaro évoque aussi l’hypothèse d’un relâchement de la « vigilance » des personnes les plus jeunes.

Au 25 février, la répartition par classes d’âge était différente. Sur un total de 3 435 patients en réanimation :

  • 8 avaient moins de 14 ans ;
  • 190 avaient entre 15 et 44 ans ;
  • 1 134 avaient entre 45 et 64 ans ;
  • 1 311 avaient entre 65 et 74 ans ;
  • 768 avaient 75 ans et plus.

Un risque de saturation des hôpitaux

L’exécutif suit le nombre de patients en réanimation. Il avait imposé le premier confinement, en vigueur à partir du 17 mars 2020, en se fondant notamment sur un risque de saturation des hôpitaux, susceptible d’empêcher la prise en charge en réanimation des malades non atteints du Covid-19, comme par exemple des personnes victimes d’un accident de la circulation.

Le nombre de patients en réanimation est cependant loin des sommets atteints lors de la première vague (autour de 7 000 début avril) et même au début de la seconde vague (quelque 4 900 à la mi-novembre), remontée de l’épidémie qui avait justifié la mise en œuvre d’un confinement allégé, rappelle l’AFP. Le ministre des Solidarités et de la santé, Olivier Véran, estime que la France reste touchée par la seconde vague.

« On est dans une situation de tension très forte » en Île-de-France

Le risque de saturation des services de réanimation est particulièrement important en Île-de-France. Lundi 8 mars, le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) de la région la plus peuplée, Aurélien Rousseau, a donné « l’ordre ferme » aux hôpitaux et cliniques franciliens de déprogrammer 40 % de leurs activités de leurs médicales et chirurgicales, en vue d’accroître le nombre de lits de réanimation pour les personnes atteintes du Covid-19.

« On est dans une situation de tension très forte », a estimé Aurélien Rousseau, cité par l’Agence France-Presse (AFP). Le haut fonctionnaire évoquait une proportion de 973 malades en réanimation pour « moins de 1 050 lits » disponibles.

Le lendemain, l’ARS a diffusé un bilan indiquant que les établissements de la région française la plus peuplée comptaient 1 018 patients en réanimation mardi à 11 heures.

L’exécutif réunit un nouveau conseil de défense sanitaire ce mercredi, susceptible d’aboutir à de nouvelles mesures de restriction.

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