Bien-être animal : ce que veut faire le gouvernement

Fin du broyage des poussins et de la castration à vif des porcelets, désignation d’un référent sur le bien-être animal dans les élevages de volailles et de porcs… Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a présenté une série de mesures pour améliorer le bien-être animal.

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© Barbara Cerovsek

Alors que 75 % des Français considèrent que le gouvernement ne prend pas suffisamment en compte la protection animale dans son action selon un sondage Ifop réalisé pour la Fondation 30 millions d’amis*, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a annoncé ce mardi 28 janvier une série de mesures pour la protection et l’amélioration du bien-être animal.

Lutter contre les pratiques douloureuses d’élevage

Le broyage des poussins et la castration à vif des porcelets, deux pratiques très controversées utilisées dans l'élevage, seront interdits d’ici fin 2021. Le Centre national de référence bien-être animal est également saisi pour objectiver les pratiques douloureuses et identifier les alternatives.

A partir de septembre 2020, la formation sur la sensibilisation et la formation au bien-être animal sera renforcée dans l’enseignement agricole. A compter du 1er janvier 2022, un référent ayant une formation spécifique sur le bien-être animal devra, par ailleurs, être désigné dans chaque élevage de volailles et de porcs.

Pour améliorer les conditions de transports des animaux, il est prévu d’augmenter dès le premier semestre 2020 les contrôles au chargement par les services officiels et en habilitant des vétérinaires privés. Les sanctions en cas de non-respect de la réglementation européenne seront également renforcées. Enfin, pour le transport maritime, la tenue d’un registre sera imposée d’ici fin 2020.

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Vers une meilleure information sur les modes d’élevage

Le gouvernement souhaite également « garantir une information claire et compréhensible pour le consommateur sur les modes d’élevage et le bien-être animal » comme cela existe déjà pour les œufs qui comportent sur leurs coquilles un code d’identification allant de 0 à 3 permettant d’identifier le mode d’élevage (bio, en plein air, au sol, en cage). Une expérimentation doit être lancée cette année.

> A LIRE : En 2022, fini les œufs de poules en batterie dans le commerce

Prévenir les achats impulsifs d’animaux de compagnie

Enfin, l’exécutif veut responsabiliser les propriétaires d’animaux de compagnie. Afin de prévenir les achats impulsifs, le ministère veut interdire, dès le premier semestre 2020, la vente dans les véhicules et rendre obligatoire la présence d’un vétérinaire lors des ventes dans les foires-expositions afin qu’il rappelle les obligations sanitaires aux futurs propriétaires. Pour lutter contre les abandons de chats, le non-respect de l’identification obligatoire deviendra passible d’une contravention de 4e classe de 135 €, la même déjà appliquée pour les propriétaires de chiens.

Des mesures pas assez ambitieuses pour les associations de défense des animaux

Les associations de défense des animaux restent mitigées sur les mesures annoncées. « Même si le ministre pouvait sembler avoir pris la mesure des attentes, rien de bien nouveau n’apparaît dans ces annonces, sa réponse est décevante. Il ne s'attaque pas aux problèmes de fond, notamment au modèle agricole intensif et aux conditions d'abattage. Une situation qui perdurera tant que les conditions d’élevage et d’abattage resteront dans le périmètre du ministère de l’Agriculture. », indique Brigitte Gothière, la cofondatrice de l’association de protection animale L214. De son côté, l’ONG pour un élevage durable, CIWF, dit qu’il faut relativiser l’annonce sur la castration à vif des porcelets. Sur son compte Twitter, elle explique qu’il faut aller plus loin et « fixer une échéance pour l’arrêt de la castration ».

* Etude menée pour la Fondation 30 Millions d’Amis par l’IFOP du 15 au 16 janvier auprès d’un échantillon de 1010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Représentativité de l’échantillon assurée par la méthode des quotas.

df
Sarah Corbeel
Publié le

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