Bactérie E.coli : quelles précautions prendre avec les aliments ?

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Les autorités sanitaires françaises appellent à la prudence. Un deuxième enfant est décédé des suites d’un syndrome hémolytique et urémique (SHU) lié à la bactérie Escherichia coli (E.coli), a annoncé samedi12 mars l’agence Santé publique France dans un communiqué.

Depuis le début du mois de février, le nombre de contaminations graves d’enfants à la bactérie E.coli augmente en France. Au 11 mars 2022, 26 cas de SHU ou d’infection grave ont été identifiés chez des enfants âgés de 1 à 15 ans dans 9 régions : 6 en Nouvelle-Aquitaine, 5 dans les Hauts-de-France, 4 en Ile-de-France, 4 en Pays de la Loire, 3 en Bretagne, 1 en Bourgogne-Franche-Comté, 1 dans le Grand Est, 1 en Provence-Alpes-Côte-D’azur et 1 en Auvergne-Rhône-Alpes. Par ailleurs, « 22 cas supplémentaires sont en cours d’investigation », précise le communiqué.

Qu’est-ce que le syndrome hémolytique et urémique (SHU) ?

« Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) est une maladie infectieuse le plus souvent d’origine alimentaire, rare en France, mais grave », puisqu’elle « est la principale cause d’insuffisance rénale aiguë chez les enfants de moins de trois ans », indique le ministère de la Santé. Le plus souvent, elle est causée par une infection avec une bactérie appartenant à la famille des E.coli. Chez l’enfant, la contamination est souvent liée à la consommation de produits à base de lait cru ou de viande hachée.

L’infection se manifeste par de la diarrhée souvent accompagnée de sang, de douleurs abdominales et parfois de vomissements qui peuvent évoluer, après une semaine environ vers une forme sévère (le SHU) chez environ 10 % des enfants.

« Le risque de développer un SHU est plus élevé aux âges extrêmes de la vie, notamment chez le jeune enfant qui présentent alors des signes de grande fatigue, de pâleur, une diminution du volume des urines, qui deviennent plus foncées, et parfois des convulsions », précise le communiqué. En cas de symptômes évocateurs, il faut immédiatement consulter un médecin.

Chaque année, environ 160 enfants atteints de ce syndrome sont notifiés à Santé publique France qui a mis en place un dispositif de surveillance (services de néphro-pédiatrie) de cette maladie depuis 1996.

Quelle est la source de contamination du SHU ?

« Les bactéries responsables sont présentes dans les intestins de nombreux animaux ruminants (vaches, veaux, chèvres, moutons, daims, etc.) et sont éliminées par les excréments qui peuvent alors contaminer l’environnement (eaux, fumiers, sols) et les aliments. Ces bactéries supportent bien le froid (survie dans un réfrigérateur ou congélateur), mais sont détruites par la cuisson », rappelle Santé publique France.

Pour l’instant, l’investigation épidémiologique menée sur l’ensemble des cas de SHU pédiatrique signalés depuis le début de l’année par Santé publique France, le Centre national de référence (CNR), la Direction générale de l’alimentation, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), en coordination avec la Direction générale de la Santé, n’a pas permis d’ « identifier une éventuelle source de contamination commune ». C’est pourquoi à ce stade de l’enquête, les autorités sanitaires « renouvellent les recommandations générales de prévention des risques alimentaires, notamment chez les enfants mais aussi les personnes âgées ».

Quelles précautions prendre pour prévenir la transmission de la bactérie ?

La transmission de la bactérie peut, en effet, être évitée par des gestes simples :

  • se laver systématiquement les mains avant la préparation des repas ;
  • laver soigneusement les ustensiles de cuisine (surtout lorsqu’ils ont été en contact préalablement avec des aliments crus), ainsi que les plans de travail ;
  • bien cuire à cœur les viandes, et surtout la viande hachée de bœuf et les préparations à base de viande hachée ;
  • ne pas donner aux enfants de moins de 5 ans du lait cru, des fromages à base de lait cru et des produits laitiers fabriqués à partir de lait cru mais préférer les fromages à pâte pressée cuite (type Emmental, Comté, gruyère, Beaufort), les fromages fondus à tartiner et les fromages au lait pasteurisé ;
  • ne pas consommer les préparations à base de farine (pizza/pâte à cookies/gâteau/à tarte…) si elles sont crues ou peu cuites ;
  • laver soigneusement les légumes, les fruits et les herbes aromatiques, particulièrement lorsqu’ils sont consommés crus ;
  • conserver les aliments crus séparément des aliments cuits ou prêts à être consommés ;
  • mettre rapidement au réfrigérateur les plats cuisinés et les restes alimentaires et les consommer rapidement suffisamment réchauffés ; 
  • ne pas donner aux enfants de l’eau non traitée à boire (torrents, eau de puits, etc.) ;
  • éviter le contact des très jeunes enfants (moins de 5 ans) avec les vaches, veaux, moutons, chèvres, daims, etc., et leur environnement. En cas de contact, le lavage des mains doit être systématique.

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