Retraites : l’exécutif n’exclut pas une réforme avant 2022

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Emmanuel Macron, Elysée
© Eric Gaillard – Reuters

Et si l’exécutif trouvait du temps et de l’énergie pour faire adopter une réforme des retraites avant les élections présidentielle et législatives du printemps 2022 ? Le président de la République, Emmanuel Macron, « voudrait » la fin des régimes spéciaux de retraite et l’instauration d’une pension minimale de 1 000 €, a fait savoir dimanche 5 septembre au soir, le site des Echos, sur la foi d’indications de « ses proches ».

Après presque deux ans à tenter de circonscrire la pandémie de Covid-19 et de limiter ses répercussions économiques et sociales par un déversement d’argent public, le chef de l’Etat souhaite renouer avec ses habits de président réformateur. « Il y aura probablement encore des décisions difficiles », a annoncé Emmanuel Macron en Conseil des ministres fin août, rapporte Les Echos. L’hypothèse d’une réforme des retraites est bien étudiée à l’Elysée, confirme Le Monde, se fondant sur des propos de son « entourage ».

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« Une lutte d’influence au sein de l’exécutif », selon un dirigeant syndical

À en croire un dirigeant syndical, l’exécutif ne va pas se lancer dans ce chantier. « Aucune de mes informations ne va dans le sens d’une réforme des retraites », estime auprès de Dossier Familial cette source sous le couvert de l’anonymat. « De mes contacts avec Matignon et avec le pôle social de l’Elysée, il ressort que l’exécutif n’est pas pressé de mettre le dossier des retraites sur la table. Je dirais même qu’il n’a pas d’appétit pour une telle réforme. Pour moi, les fuites des Echos et du Monde traduisent une lutte d’influence au sein de l’exécutif », poursuit le responsable.

« J’ai eu un entretien d’une heure avec Jean Castex la semaine dernière à Matignon. Il m’a dit qu’il avait deux priorités : la pandémie et la reprise économique. On n’a évoqué les retraites que dans les cinq dernières minutes. Le Premier ministre m’a demandé pour plaisanter de répéter ce que je disais dans les médias. J’en ai conclu que ce n’est pas un sujet pour lui », explique encore le dirigeant syndical.

Le Monde rappelle de récents propos présidentiels publics faisant référence à une éventuelle réforme des retraites. « J’ai entendu les débats sur le moment : faut-il faire cette réforme dès ce mois de juillet, à la rentrée, ou bien plus tard ? Alors, si je demande au gouvernement de Jean Castex de travailler avec les partenaires sociaux sur ce sujet dès la rentrée, je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée », a souligné Emmanuel Macron dans son discours télévisé du 12 juillet, annonçant l’extension de l’obligation de présentation du pass sanitaire. 

« Les deux conditions posées donnent une grande latitude d’action. N’importe quel variant peut rebattre les cartes à tout moment. L’exécutif a une totale liberté pour décider s’il faut oui ou non une réforme », commente notre source syndicale.

Dans son allocution, Emmanuel Macron avait décrit un « système » de retraite « injuste, avec 42 régimes différents », qui « entretient des inégalités majeures ». Selon lui, « il faudra aller vers plus de simplicité pour plus de justice, et donc les régimes spéciaux devront être supprimés pour les nouveaux employés dans ces secteurs ».

Le président de la République avait également jugé nécessaire de « travailler plus longtemps et [de] partir à la retraite plus tard ». Il avait appelé de ses vœux la fixation d’une retraite minimale : « Oui, une vie de travail doit offrir une pension digne. Et donc toute retraite pour une carrière complète doit être supérieure à 1 000 € par mois. »

L’optimisme de l’exécutif

La progression de la campagne de vaccination rend l’exécutif optimiste. « On veut retrouver une vie normale. On n’est pas loin, j’espère », a indiqué Jean Castex lors d’un déplacement à Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin), dans un centre de vaccination mobile. La « quatrième vague – et je parle avec prudence – est maîtrisée à ce stade », a estimé le chef du gouvernement, cité par l’Agence France-Presse (AFP). Bruno Le Maire répète aux médias son analyse de la vigueur de la croissance économique. Pilier du gouvernement, le ministre de l’Economie, des finances et de la relance milite pour une réforme des retraites sur laquelle il n’a aucun pouvoir décisionnaire.

Si réforme il devait y avoir, le gouvernement ne reprendrait pas celle dont Edouard Philippe, prédécesseur de Jean Castex à Matignon, avait dû suspendre l’examen au Parlement en mars 2020, pour se concentrer sur la gestion de la crise sanitaire. Cette réforme reposait sur deux axes : la création d’un régime universel de retraite, fusionnant l’ensemble des régimes, y compris les régimes spéciaux (une promesse de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron de 2017), et la fixation d’un âge d’équilibre, en deçà duquel un départ à la retraite devait induire une baisse de la pension.

Les deux mesures envisagées

Les deux mesures envisagées à l’Elysée, d’après Les Echos, ont des objectifs distincts.

La suppression des régimes spéciaux est susceptible de pénaliser les personnes concernées tout étant destinée à diminuer l’endettement public. 

Les régimes spéciaux comportent des règles considérées comme plus favorables aux salariés que celles issues du régime général. Une réforme adoptée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy (2007-2012) a visé à l’alignement progressif des régimes spéciaux de la RATP et de la SNCF sur les règles applicables aux fonctionnaires. 

La mise en place d’une pension minimale de 1 000 € net par mois doit bénéficier aux assurés percevant de faibles retraites. Encore faut-il que ses conditions ne soient pas trop restrictives. La réforme abandonnée par le gouvernement d’Edouard Philippe prévoyait la fixation d’une pension minimale pour toute personne ayant accompli une carrière complète et atteint l’âge d’équilibre. Le montant versé devait être de :

  • 1 000 € net en 2022 ;
  • 83 % du Smic net en 2023 ;
  • 84 % du Smic en 2024 ;
  • 85 % en 2025.

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