Retraités du privé : le paiement de votre complémentaire est-il menacé  ?

Un risque de défaut est exclu pour les mois à venir, mais la situation financière du régime l’Agirc-Arrco va se détériorer sous le poids de la récession.

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Retraite complémentaire
La situation financière de l’Agirc-Arrco va se détériorer. © Jub Job

Les paiements des pensions par l’Agirc-Arrco, le régime de retraite complémentaire des salariés du privé, sont-ils menacés ? La lourde chute de l’activité économique causée par la crise sanitaire du Covid-19 va détériorer la situation financière du régime piloté par les organisations syndicales et patronales, mais aucun risque de défaut n’est à craindre dans les mois à venir.

Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT chargé des retraites, s’interroge sur la prise en charge du « coût de la crise sanitaire ». « Les conséquences de la crise pour l’Agirc-Arrco ne sont pas encore totalement connues, elles le seront à la fin de l’année, explique-t-il à Dossier Familial. Mais qui va assumer le coût de la crise, pour autant qu’on puisse l’isoler ? Comme il n’est pas lié au fonctionnement normal du système de retraite, mais plutôt à la décision de confinement, à laquelle nous sommes par ailleurs favorables, la CFDT plaide pour une prise en charge collective, par la nation tout entière. » Ce coût doit être réglé par l’Etat et intégré dans la dette publique, plaide le syndicat.

Des problèmes de trésorerie

L’Agirc-Arrco souffre de problèmes de trésorerie. Elle a obtenu ou est en passe d’obtenir un prêt bancaire d’environ 2 Md€, selon Frédéric Sève.

Les ministres Gérald Darmanin (Action et comptes publics), Olivier Véran (Solidarités et santé) et le secrétaire d’Etat Laurent Pietraszewski, chargé notamment des retraites, ont refusé la demande d’avance remboursable que leur avait transmise le président de l’Agirc-Arrco (CFDT), Jean-Claude Barboul, et son vice-président (Medef), Didier Weckner, indique un courrier en date du 29 mai, signé par ces trois membres du gouvernement, révélé par Le Monde.

10 mois de versements

Les syndicats et le patronat ne voulaient pas puiser dans ses abondantes réserves : elles considèrent que la revente des titres financiers sur le marché constituerait une mauvaise affaire en tant de crise. « Plutôt que de revendre des titres dans de mauvaises conditions, mieux vaut emprunter », souligne Frédéric Sève.

L’Agirc-Arrco peut voir venir. Selon un document publié le 20 mars sur son site, les réserves du régime, qui s’est « fixé comme règle de ne jamais s’endetter », s’élèvent en 2020 à 65 Md€. L’équivalent de 10 mois de versements de pensions.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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